Le premier nano-satellite de recherche israélien prêt à partir
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Le premier nano-satellite de recherche israélien prêt à partir

L’orbite de 30 cm de long de l’université de Ben Gurion permettra d’étudier, entre autres phénomènes, la météo, la désertification, et la lumière du ciel nocturne

Illustration du nano-satellite BGUSAT (Crédit : IAI)
Illustration du nano-satellite BGUSAT (Crédit : IAI)

Un nouveau nano-satellite (appelé BGUSAT), une grande première pour l’université israélienne, va être envoyé dans l’espace mercredi pour mener des missions scientifiques pour l’Université de Ben Gurion dans le Neguev.

Le BGUSAT est le résultat de cinq années de travail conjoint entre l’université de Ben Gurion, l’Israel Aerospace Industries Ltd. (IAI) et le ministère de la Science, de Technologie et de l’Espace.

Ce satellite, qui mesure 10 x 10 x 30 centimètre – à peine plus grand qu’une brique de lait – et qui pèse juste 5 kilos, et équipé de caméras qui peuvent capturer une grande variété de phénomènes météorologiques, ainsi que d’un système de guidage qui permettra aux opérateurs de choisir les régions à étudier, grâce à une station au sol à l’Université de Ben Gurion. Les chercheurs pourront positionner le satellite de façon à prendre des clichés sous différents angles.

C’est la première fois qu’une université israélienne va avoir accès à des données depuis un nano-satellite israélien pour la recherche, ont déclaré l’université, l’IAI et le ministère dans un communiqué conjoint lundi. Son itinéraire orbital unique près de l’atmosphère permettra à l’université de Ben Gurion et aux chercheurs de l’université de Tel Aviv d’étudier des phénomènes scientifiques, comme la lumière du ciel nocturne.

Le logo du BGUSATqui représente David Ben-Gurion, le Negev, la terre, et Israël (Crédit : Tal Inbar and Igal Gabay)
Le logo du BGUSATqui représente David Ben-Gurion, le Negev, la terre, et Israël (Crédit : Tal Inbar and Igal Gabay)

La construction de ce satellite a démarré il y a deux ans au département spatial de l’IAI.

« C’est un pas de plus vers la coopération entre le gouvernement, l’industrie et les universités, afin de promouvoir l’industrie spatiale israélienne », a déclaré le ministre de la Science, Ofir Akunis, dans le communiqué.

« Seule une collaboration avec le soutien du gouvernement maintiendra le statut international de l’industrie spatiale israélienne et promouvra la recherche et la création d’emploi, tout en préservant les intérêts essentiels d’Israël. »

Les nano-satellites sont un nouvel outil pour la recherche scientifique académique. Ils contribuent à l’ingénierie et à la recherche spatiale, à un coût adapté aux ressources d’une université, a expliqué le professeur Dan Blumberg, vice-président et doyen de la recherche et du développement.

« La baisse des coûts permet à l’université de jouer un rôle plus actif dans le domaine, de profiter de l’innovation et des iniatives des chercheurs et des étudiants », a-t-il déclaré dans le communiqué.

Les grands satellites sont très onéreux. Le satellite est donc à la fois conservateur et novateur. Les nano-satellites étant bien plus abordables, ils laissent le champ libre à l’innovation spatiale, selon le communiqué.

Ce nouveau projet « ouvre au monde des nano-satellites des missions scientifiques nouvelles et variées », a déclaré le Colonel réserviste Ofer Doron, chef du département de l’espace de l’IAI. « Pour la première fois, nous avons installé un ordinateur, doté des fonctionnalités proches de celles des grands satellites, mais développé pour les nano-satellites par le département de l’Espace. »

Ce nano-satellite s’inscrit dans un programme d’activités éducatives et universitaires, considéré par l’IAI comme partie intégrale de l’industrie spatiale d’Israël, dit-il.

Les étudiants de l’université de Ben Gurion et les chercheurs qui ont travaillé sur ce satellite, ont appliqué des connaissances en ingénierie informatique, ingénierie électrique, planétologie, ingénierie industrielle, management, etc.

Il s’agit du premier projet qui mettra en valeur la capacité d’ingénierie spatiale améliorée, créée à la BGU. L’objectif est de pouvoir construire un nano-satellite à partir de zéro « in-house ».

Après le lancement du satellite, l’Agence spatiale israélienne a alloué 1 million de shekels supplémentaires pour financer des recherches futures sur les données obtenues par le satellite et a lancé un appel à projets. Les universités de Ben Gurion et de Tel Aviv ont déjà soumis une proposition conjointe pour étudier la lumière du ciel nocturne.

« Nous attendons des idées stimulantes de la part de la communauté de recherche israélienne », a déclaré Avi Belsberger, directeur de l’Agence spatiale israélienne. « C’est la première fois que les chercheurs auront la possibilité de recevoir des informations provenant directement d’un satellite israélien, sans avoir à passer par d’autres pays ni agences de recherche », a-t-il dit.

Grâce aux caméras du BGUSAT, les chercheurs pourront suivre les gaz atmosphériques comme le CO2 pour comprendre le changement climatique, examiner les changements dans l’humidité du sol qui pourraient être un indicateur de la désertification et affecter le développement agricole. Ils pourront également surveiller le développement de la végétation dans différentes régions.

Le BGUSAT sera lancé mercredi sur le lanceur PSLV (Véhicule de lancement de satellites polaires) du pad de lancement Satish Dhawan en Inde avec 103 autres nano-satellites.

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