Le premier problème régional, c’est l’occupation israélienne, pas l’Iran – Odeh
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Le premier problème régional, c’est l’occupation israélienne, pas l’Iran – Odeh

Expliquant le vote de sa faction contre les accords du Golfe, le chef de la Liste arabe unie déclare que "nous ne pouvons pas accepter cela, moralement ou au niveau national"

Le chef de la Liste arabe unie Ayman Odeh s'exprime aux journalistes devant sa maison à Haïfa le 3 mars 2020. (Flash90)
Le chef de la Liste arabe unie Ayman Odeh s'exprime aux journalistes devant sa maison à Haïfa le 3 mars 2020. (Flash90)

Le député Ayman Odeh, chef de la faction de la Liste arabe unie, a déclaré que les accords de normalisation souscrits par Israël avec les Emirats arabes unis et Bahreïn étaient basés sur une « logique tordue » et il a insisté sur le fait que c’était la question palestinienne, et non l’Iran, qui devait se trouver au coeur des préoccupations régionales.

Jeudi, la Liste arabe unie a été la seule faction de la Knesset à ne pas voter en faveur de la ratification des accords de paix à la Knesset.

Alors qu’il accordait un entretien à la chaîne de télévision libanaise al-Mayadeen, affiliée au groupe terroriste du Hezbollah, évoquant la raison pour laquelle les quinze législateurs de la Liste arabe unie s’étaient opposés aux accords lors du vote, Odeh a indiqué que les Accords d’Abraham se fondaient sur une hypothèse retorse : celle que le problème fondamental dans la région serait la question iranienne et non la question palestinienne, et qu’il fallait une alliance pour vaincre la république islamique.

Mais, a-t-il ajouté, « en pratique, c’est l’occupation israélienne qui est le problème fondamental. Tous ces débats sur ‘la lutte contre l’Iran’… nous ne pouvons pas accepter cette logique tordue, que ce soit moralement ou au niveau national ».

La Knesset a approuvé les accords à une majorité écrasante, avec les voix de 80 députés sur 120. Les textes retourneront maintenant sur les bureaux des ministres qui se prononceront à leur sujet une fois encore. Et lorsqu’ils seront ratifiés, alors ils entreront en vigueur en Israël – mais les relations diplomatiques pleines et entières entre les deux pays ne seront établies que lorsque les Emirats arabes unis auront, eux aussi, ratifié le pacte.

Odeh lui-même n’était pas présent lors du vote. Il se trouvait à l’isolement après avoir contracté le coronavirus.

La Knesset avant un vote, le 15 octobre (Crédit : Gideon Sharon/Knesset)

Le débat, à la Knesset, a pu être orageux par moments, avec un certain nombre de responsables de l’opposition qui ont salué les accords eux-mêmes mais qui ont utilisé cette opportunité pour critiquer le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son gouvernement à d’autres sujets.

Netanyahu a, de son côté, salué un changement de paradigme dans l’approche internationale à l’égard d’Israël, se vantant d’avoir rapproché un grand nombre de nations sunnites de l’Etat juif en raison de son opposition publique féroce à l’Iran.

Il a également déclaré qu’il était « incroyable qu’il y ait, ici, au sein de la Knesset israélienne, des gens qui votent contre la paix », s’adressant apparemment aux membres de la Liste arabe unie.

« Ceux qui se placent ostensiblement dans le camp de la paix s’opposent à la paix. Vous ne voulez pas une paix réelle, vous voulez quelque chose qui ressemble à la paix mais dans lequel Israël, petit à petit, disparaîtra ».

Aaron Boxerman et Raphael Ahren ont contribué à cet article.

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