Le premier vice-président d’Iran est une personnalité sanctionnée par Washington
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Le premier vice-président d’Iran est une personnalité sanctionnée par Washington

Mohammad Mokhber a dirigé depuis 2007 la Fondation de l'ordre de l'Imam (Setad), après avoir occupé plusieurs postes officiels dans le province du Khouzestan

Président de la fondation iranienne Setad Mohammad Mokhber prend la parole lors d'une conférence de presse pour annoncer le lancement des deuxième et troisième phases des essais humains d'un vaccin Covid fabriqué localement, à Téhéran, le 15 mars 2021. (Crédit : ATTA KENARE/AFP)
Président de la fondation iranienne Setad Mohammad Mokhber prend la parole lors d'une conférence de presse pour annoncer le lancement des deuxième et troisième phases des essais humains d'un vaccin Covid fabriqué localement, à Téhéran, le 15 mars 2021. (Crédit : ATTA KENARE/AFP)

Le président iranien, Ebrahim Raïssi, qui a pris ses fonctions cette semaine, a nommé dimanche comme premier vice-président le directeur d’une puissante fondation parapublique sanctionnée par les Etats-Unis, selon le site internet de la présidence.

Mohammad Mokhber a dirigé depuis 2007 la Fondation de l’ordre de l’Imam (Setad), après avoir occupé plusieurs postes officiels dans le province du Khouzestan (sud-ouest).

Setad a été fondée à la fin des années 1980 afin de gérer les propriétés confisquées à la suite de la Révolution islamique de 1979 et est devenue au fil des années un important conglomérat économique d’Etat avec des parts dans les différents secteurs y compris la santé.

Setad, dont le président est nommé par le guide suprême iranien, est notamment responsable, via sa Fondation Barekat, du développement du premier vaccin iranien anticovid, qui a reçu en juin une autorisation d’urgence par les autorités dans ce pays, le plus touché du Moyen et Proche-Orient par la pandémie.

La fondation Setad comme M. Mokhber figurent depuis janvier sur la liste noire du Trésor américain, Washington affirmant que Setad « avait des parts dans presque tous les secteurs de l’économie iranienne, notamment l’énergie, les télécommunications et les services financiers ».

Vainqueur le 18 juin d’une présidentielle marquée par une abstention record, M. Raïssi, un ultraconservateur, succède au modéré Hassan Rouhani.

Cet ancien chef de l’Autorité judiciaire a été critiqué par l’Occident pour son cruel bilan en matière de droits humains, et sanctionné par les Etats-Unis depuis 2019.

Le président Raïssi a également choisi Gholamhossein Esmaili, jusque-là porte-parole de l’Autorité judiciaire, comme son chef de cabinet.

Ancien procureur, M. Esmaili est visé par des sanctions de l’Union européenne et était depuis 2011 sur sa liste noire, alors qu’il était le chef de l’organisation des prisons, pour « graves violations des droits humains ».

La présidence de Raïssi va consolider le pouvoir des conservateurs, qui avaient déjà remporté les législatives de 2020, marquées par la disqualification de plusieurs milliers de candidats réformistes et modérés.

Un membre ultraconservateur du Parlement (2004-2016, 2020), Alireza Zakani, a été élu maire de Téhéran dimanche, a rapporté l’agence de presse officielle Irna.

M. Zakani, qui devra démissionner de son poste de député pour prendre ses fonctions, succède à Pirouz Hanachi, un vétéran de la fonction publique avec une expérience dans le développement urbain et perçu comme proche du camp réformateur.

Candidat à la présidentielle de 2021, ce docteur en médecine nucléaire âgé de 55 ans, s’était retiré de la course en faveur de M. Raïssi.

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