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Le président émirati à Assad : il est temps que la Syrie rentre dans le giron arabe

Damas est isolé sur le plan diplomatique depuis 2011 avec le déclenchement de la guerre civile. Depuis le séisme, des pays arabes ont intensifié leurs contacts et envoyé de l'aide

Le président syrien Bashar el-Assad, à gauche, s'entretenant avec Mansour ben Zayed Al Nahyan, vice-Premier ministre et ministre des Affaires présidentielles des Émirats arabes unis, à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le 18 mars 2022. (Crédit : La présidence syrienne via AP)
Le président syrien Bashar el-Assad, à gauche, s'entretenant avec Mansour ben Zayed Al Nahyan, vice-Premier ministre et ministre des Affaires présidentielles des Émirats arabes unis, à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le 18 mars 2022. (Crédit : La présidence syrienne via AP)

Le président des Emirats arabes unis a déclaré dimanche à son homologue syrien qu’il était temps que Damas, longtemps isolée sur le plan diplomatique, rentre dans le giron arabe, lors d’une rencontre à Abou Dhabi, ont rapporté les médias d’Etat.

Le président syrien, Bachar al-Assad, est en visite officielle aux Emirats, sa deuxième dans le Golfe depuis le séisme début février en Syrie, au moment où plusieurs pays arabes reprennent contact avec Damas.

Assad est « accompagné de son épouse, Asma », a rapporté l’agence de presse officielle émiratie WAM, premier déplacement officiel de Mme Assad à l’étranger depuis le déclenchement du conflit en Syrie 2011.

« La Syrie n’a pas été avec ses frères depuis trop longtemps et le temps est venu pour elle de revenir auprès d’eux et dans son environnement arabe », a dit le président émirati, Mohammed ben Zayed Al-Nahyane, cité par WAM.

Assad est isolé sur le plan diplomatique depuis la répression en 2011 d’un soulèvement populaire qui a dégénéré en guerre civile. Depuis le séisme en Syrie, des pays arabes ont intensifié leurs contacts et envoyé de l’aide à Damas.

Plus tôt, le président émirati avait mentionné avoir tenu avec Assad des « pourparlers visant à développer les relations » bilatérales, permettant notamment d’ « explorer les moyens de renforcer la coopération pour accélérer la stabilité et les progrès en Syrie et dans la région. »

Relations « fraternelles » 

« La position des Emirats est claire quant à la nécessité pour la Syrie de retourner dans » le giron arabe, a déclaré Anwar Gargash, premier conseiller du président émirati. « Cela a été confirmé par Son Altesse Cheikh Mohammed ben Zayed lors de la rencontre d’aujourd’hui », a-t-il ajouté sur Twitter.

Le ministre d’État des Affaires étrangères des Émirats Arabes Unis, Anwar Gargash, s’adresse aux journalistes à Dubaï, aux Émirats Arabes Unis, le lundi 18 juin 2018. (AP/Jon Gambrell)

Lors de la réunion de dimanche, Assad a salué le rôle des Emirats dans le renforcement des relations entre pays arabes, estimant que celles-ci devraient être « fraternelles », selon un communiqué de la présidence syrienne.

Le président syrien, dont le pays a été exclu de la Ligue arabe fin 2011, s’est rendu le 20 février au sultanat d’Oman, une première en douze ans de guerre en Syrie. Médiateur discret mais important sur la scène diplomatique, Oman est l’un des rares pays arabes, et le seul dans le Golfe à avoir toujours maintenu des relations diplomatiques officielles avec Damas depuis le début de la guerre.

Fin 2018, les Emirats avaient rouvert leur ambassade à Damas. Et en mars 2022, Bachar al-Assad avait effectué à Abou Dhabi sa première visite dans un pays arabe.

Les efforts d’aide à la Syrie après le séisme ont été menés par Abou Dhabi, qui a participé à rompre son isolement. Les Emirats ont aussi promis plus de 100 millions de dollars d’aide, dépêché une équipe de sauvetage et fourni des milliers de tonnes de matériel de secours.

Le ministre émirati des Affaires étrangères, Abdallah ben Zayed Al-Nahyane, s’est également rendu en Syrie en février, premier haut responsable du Golfe à le faire après le tremblement de terre. C’était son deuxième voyage en Syrie cette année.

« Fer de lance »

« Les Emirats sont convaincus, avec de nombreux Etats arabes, que le moment est venu de se réconcilier avec Assad (…) et voir la Syrie revenir dans la Ligue arabe et dans le giron arabe », a déclaré le politologue émirati Abdelkhaleq Abdallah.

« Les Emirats sont le fer de lance des efforts destinés à se réconcilier avec les ennemis du passé et les transformer en amis de demain », a-t-il déclaré.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Fayçal ben Farhane, avait estimé en février qu’une nouvelle approche vis-à-vis de la Syrie impliquant des négociations avec Damas pour faire face aux crises humanitaires était nécessaire.

Le ministre des Affaires étrangères d’Arabie saoudite, le prince Fayçal bin Farhane, assiste à une réunion à Athènes, le 24 janvier 2020. (Crédit : Petros Giannakouris / AP)

Assad était en déplacement à Moscou cette semaine, où il été reçu par son homologue russe, Vladimir Poutine, qui tente depuis plusieurs années de rapprocher Damas des pays arabes.

Sa visite aux Emirats intervient quelques jours après celle effectuée jeudi par le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranien, Ali Shamkhani, dans un contexte régional marqué par le rapprochement entre l’Iran et l’Arabie saoudite.

« La Syrie n’est plus un terrain pour la confrontation entre l’Iran et l’Arabie saoudite », s’est félicité Assad interrogé par le média d’Etat russe RT, estimant que l’accord entre les puissances régionales était une « merveilleuse surprise ».

« La politique saoudienne a changé de direction, en ce qui concerne la Syrie », a-t-il affirmé.

Plusieurs capitales appellent à ce que justice soit faite au 12e anniversaire du soulèvement

Les Etats-Unis, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni ont appelé jeudi dans un communiqué commun à ce que justice soit faite en Syrie, au lendemain de la rencontre à Moscou entre Poutine et Assad.

« La communauté internationale se doit d’oeuvrer ensemble afin que le régime d’Assad et tous les auteurs d’abus, de violations et d’atrocités rendent des comptes », écrivent les quatre pays signataires dans ce texte diffusé à l’occasion du 12e anniversaire des premières manifestations contre le régime syrien en 2011.

La répression brutale de ce soulèvement dans le sillage du « Printemps arabe » avait déclenché une guerre civile meurtrière, qui s’est complexifiée avec l’intervention de plusieurs acteurs au fil des années.

Le conflit est entré mercredi dans sa 13e année avec plus de 500 000 morts, plusieurs millions de déplacés et une profonde crise économique et humanitaire.

« Nous ne normalisons pas nos relations avec le régime d’Assad ni ne finançons la reconstruction après les dommages causés par le régime pendant le conflit ni ne levons les sanctions » imposées contre Damas, souligne le communiqué.

« Pour le bien du peuple syrien, nous ne le ferons pas tant qu’il n’y aura pas un processus authentique envers une solution politique » au conflit, ajoute le texte.

Les quatre pays occidentaux appellent encore « toutes les parties en Syrie » à permettre un accès sans entrave et la livraison d’aide humanitaire aux sinistrés du séisme du 6 février.

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