Le président polonais et les leaders juifs fêtent Hanoukka au palais
Rechercher

Le président polonais et les leaders juifs fêtent Hanoukka au palais

Andrzej Duda a expliqué être heureux de se trouver en compagnie "d'une communauté de personnes ayant contribué à construire la société polonaise"

Le président polonais Andrzej Duda allume la dernière bougie pour Hanoukka au palais présidentiel de Varsovie, en Pologne, le 9 décembre 2018 (Crédit :  lAP Photo/Alik Keplicz)
Le président polonais Andrzej Duda allume la dernière bougie pour Hanoukka au palais présidentiel de Varsovie, en Pologne, le 9 décembre 2018 (Crédit : lAP Photo/Alik Keplicz)

Le président polonais Andrzej Duda et les membres de la communauté juive ont allumé, dimanche, une ménorah au palais présidentiel pour marquer la dernière nuit de la fête juive de Hanoukka.

Les bougies de Hanoukkah sont allumées chaque année au palais de Varsovie.

Duda, aux côtés de l’ancien ambassadeur israélien en Pologne Shevah Weiss et des leaders et jeunes membres de la communauté juive de Varsovie, ont allumé la ménorah, faite de marbre et de cristal.

Accompagné par la première dame, Agata Kornhauser-Duda, le président a dit aux personnes réunies – elles étaient quelques douzaines – qu’il était heureux de se trouver au coeur d’une assistance composée « d’une communauté de personnes ayant aidé à construire la société polonaise, désireux de vivre ensemble ».

La semaine dernière, le rabbin David Lau, grand rabbin ashkénaze et fils d’un survivant de la Shoah, a allumé des bougies de Hanoukka au Parlement polonais, décrivant son geste comme un moyen de « boucler la boucle ».

Le Rabbi David Lau, grand rabbin ashkénaze d’Israël, allume des bougies de Hanoukka au Sejm, chambre basse du parlement polonais, le 5 décembre 2018 (Crédit : Eli Mandelbaum via JTA)

Lau a déclaré que c’était la première fois qu’un grand rabbin d’Israël allumait des bougies de Hanoukka à l’occasion d’un événement public en Pologne.

Au début de l’année, la Pologne avait adopté une loi controversée – amendée depuis – qui prévoyait des poursuites judiciaires pour ceux qui accuseraient le peuple polonais de complicité dans les crimes des nazis commis pendant la Shoah.

Fin juin, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son homologue polonais, Mateusz Morawiecki, avaient signé un accord qui avait mis officiellement un terme à la querelle entraînée par ce texte polémique.

Varsovie avait ainsi accepté d’annuler les sanctions pénales en direction des individus qui accuseraient « la nation polonaise ou la république de Pologne » de complicité ou de co-complicité pendant la Shoah, même s’ils restent dorénavant susceptibles de devoir payer une amende.

Jérusalem avait également accepté d’émettre une déclaration conjointe avec la Pologne qui, selon les critiques, avait adopté le narratif biaisé de Varsovie sur la Shoah.

De manière controversée, le communiqué condamnait « tous les cas de cruauté envers les Juifs perpétrés par les Polonais pendant… la Seconde Guerre mondiale », sans spécifier que ces cas avaient été très nombreux, mais il saluait « les actions héroïques d’un grand nombre de Polonais, en particulier les Justes parmi les nations, ayant risqué leur vie pour sauver des Juifs » et qui ont été, selon l’histoire, relativement peu nombreux. Il semblait également établir une correspondance entre l’antisémitisme et « l’anti-Polognisme », selon ses détracteurs.

Le mémorial de Yad Vashem avait âprement critiqué cette déclaration conjointe, disant qu’elle empêcherait toute recherche libre sur le sujet. De plus, « le texte contient une formulation hautement problématique qui contredit les connaissances existantes et historiques dans ce domaine », avait déploré l’institution.

Raphael Ahren a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...