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Le programme de bons alimentaires du Shas critiqué

Les aides approuvées par le ministère de la Justice semblent donner la priorité aux familles haredim, alors que les survivants et les familles monoparentales sont largement exclus

Un jeune garçon mangeant au centre Yad Ezra VeShulamit, qui sert chaque jour un déjeuner chaud à plus de 1 200 enfants sous le seuil de pauvreté, à Jérusalem le 27 septembre 2011. (Crédit : Uri Lenz/FLASH90)
Un jeune garçon mangeant au centre Yad Ezra VeShulamit, qui sert chaque jour un déjeuner chaud à plus de 1 200 enfants sous le seuil de pauvreté, à Jérusalem le 27 septembre 2011. (Crédit : Uri Lenz/FLASH90)

Le programme de bons alimentaires du parti ultra-orthodoxe, le Shas, a été approuvé par le ministère de la Justice en début de semaine, mais il a été critiqué parce qu’il semble donner la priorité aux familles ultra-orthodoxes au détriment d’autres personnes qui luttent aussi contre l’insécurité alimentaire.

Les familles ayant un grand nombre d’enfants pourront recevoir des bons d’un montant de 2 400 shekels par mois, tandis que quelque 12 000 survivants de la Shoah et parents célibataires seront laissés pour compte.

Avant l’approbation de cette semaine, le ministère des Finances a tenté de faire pression sur le ministère de l’Intérieur pour qu’il modifie les critères d’éligibilité au programme de bons alimentaires, mais n’y est parvenu qu’en partie.

Les critères initiaux définis par le président du Shas, Aryeh Deri – qui a été démis de ses fonctions de ministre de l’Intérieur en janvier en raison d’une récente condamnation pour fraude fiscale – étaient basés sur l’éligibilité des familles à une réduction de leur taxe foncière, un avantage largement accordé aux familles ayant beaucoup d’enfants. Il s’agit bien souvent de familles ultra-orthodoxes.

Les critères initiaux n’accordaient aux mères célibataires que 600 shekels par mois en bons alimentaires, mais à la suite des critiques formulées à l’encontre du programme, les conditions ont été modifiées pour leur permettre de recevoir également des bons pour chacun de leurs enfants, bien que le montant soit inférieur de moitié à celui que reçoit la mère et que l’aide soit plafonnée à deux enfants.

Sur les 15 000 survivants de la Shoah définis par l’État comme étant dans le besoin, seuls 3 000 pourront bénéficier de bons d’alimentation – ceux qui sont considérés comme souffrant d’un handicap important.

Le chef du Shas, Aryeh Deri, dirigeant une réunion de sa faction à la Knesset, à Jérusalem, le 13 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’avancement du programme marque une victoire importante pour le Shas, car il intervient moins de deux mois avant les élections municipales. Il doit encore recevoir l’approbation finale de la commission des Finances de la Knesset, qui devrait l’accorder au début du mois de septembre.

L’initiative de bons alimentaires est depuis longtemps associée à Deri, qui en a fait un élément central de la campagne de son parti en vue des élections législatives à la Knesset de novembre 2022.

Le Shas prévoit de distribuer 400 millions de shekels en bons alimentaires avant les fêtes du Nouvel an juif et 300 millions de shekels supplémentaires avant les deux périodes de vacances de 2024.

Répondant aux critiques formulées à l’encontre du programme, le ministre des Affaires sociales Yaakov Margi (Shas) a déclaré à la chaîne publique israélienne Kan : « Le projet de bons alimentaires lancé par le président du parti le Shas, Aryeh Deri, aidera des populations importantes qui se situent sous le seuil de pauvreté, en leur fournissant un revenu pour leurs besoins essentiels. »

« Le Shas a travaillé pour obtenir un milliard de shekels des fonds de sa coalition au profit du projet et, au lieu de le féliciter, certaines personnes ayant des objectifs politiques clairs mènent une campagne et investissent beaucoup de temps et de ressources dans les médias pour le dénigrer. »

Pour sa part, la Fondation pour le bien-être des victimes de la Shoah a déclaré dans un communiqué qu’elle « regrette que tous les survivants de la Shoah qui sont dans le besoin ne reçoivent pas de bons alimentaires. « Il est évident que dans leurs dernières années, il est important de permettre aux survivants de vivre confortablement et avec dignité. Il est regrettable que [le gouvernement] n’ait pas choisi de les placer également en tête des priorités nationales. »

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