Le programme de Kakhol lavan pour la Cisjordanie
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Le programme de Kakhol lavan pour la Cisjordanie

Se faisant l'écho de son rival Netanyahu, le chef de Kakhol lavan a dit ne pas soutenir un retrait unilatéral et refusé d'exclure totalement l'annexion des blocs d'implantations

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le chef de Kakhol lavan Benny Gantz lors de la conférence de Srugim à Jérusalem, le 2 septembre 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef de Kakhol lavan Benny Gantz lors de la conférence de Srugim à Jérusalem, le 2 septembre 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le dirigeant de l’alliance Kakhol lavan, Benny Gantz, a déclaré lundi qu’il ne soutiendrait pas un retrait unilatéral des implantations juives en Cisjordanie, jurant qu’il n’y aura pas de « second désengagement » et clamant que tout accord diplomatique conclu avec les Palestiniens fera l’objet d’un référendum auprès de la population.

« Je suis favorable à ce que nous prônions un accord basé sur les principes du maintien du contrôle sur la vallée du Jourdain, sur la conservation des blocs d’implantations, sur une non-division de Jérusalem, sans revenir aux lignes de 1967 – Je ne prône aucune initiative qui serait unilatérale », a dit Gantz lors d’une conférence organisée par le site d’information sioniste-religieux Srugim à Jérusalem, deux semaines avant les élections nationales du 17 septembre.

« Il n’y aura pas d’autre désengagement », a-t-il promis, se référant à l’évacuation, en 2005, d’environ 10 000 habitants d’une implantation israélienne dans la bande de Gaza, connue sous le nom de Gush Katif, et dans le nord de la Cisjordanie.

« Dans le désengagement, il y a eu des erreurs que nous ne souhaitons pas répéter », a-t-il ajouté.

Ses propos ont fait écho à ceux du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a déclaré dimanche qu’il « n’y aura pas d’autre Gush Katif, il n’y aura plus de déplacements ».

Prenant la parole devant les élèves d’une école élémentaire au sein de l’implantation d’Elkana, en Cisjordanie, le jour de la rentrée, Netanyahu a également déclaré qu’avec « l’aide de Dieu, nous appliquerons la souveraineté juive sur toutes les communautés dans le cadre de la terre d’Israël et dans le cadre de l’Etat d’Israël ».

Un porte-parole du Likud a ultérieurement clairement établi que le Premier ministre avait fait référence aux communautés juives de Cisjordanie, une initiative qui s’apparente à l’annexion.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, salue les élèves qui brandissent des drapeaux israéliens lors d’une cérémonie organisée lors de la rentrée scolaire dans l’implantation d’Elkana, en Cisjordanie, le 1er septembre (Crédit : Amir Cohen/Pool Photo via AP)

Interrogé sur son éventuel soutien à l’élargissement de la souveraineté israélienne aux communautés de Cisjordanie, comme celles présentes dans les blocs d’implantations qui, a-t-il dit, resteraient sous contrôle israélien, Gantz a refusé lundi de défendre ou d’exclure l’idée.

« Quand ce sera pertinent, et si c’est pertinent, nous saurons en juger », a-t-il affirmé, ajoutant que tout accord diplomatique sera soumis à l’approbation du public.

« Quand le moment viendra, le peuple décidera. Un accord doit être basé sur nos valeurs, mais c’est le peuple qui décidera… Toute décision ayant des implications stratégiques sera soumise au peuple pour qu’il prenne la décision ultime », a poursuivi Gantz.

Des champs agricoles et un petit village vus depuis le parc Eco Sharhabil bin Hassneh, dans le nord de la vallée du Jourdain, près de la frontière entre la Jordanie et Israël (Crédit :AP Photo/Lindsey Leger)

Le programme diplomatique établi par le manifeste de Kakhol lavan comprend le soutien à une ville de Jérusalem « unifiée » et capitale d’Israël, au maintien du contrôle israélien sur la vallée du Jourdain et à la conservation des blocs d’implantation en Cisjordanie – ainsi que la volonté d’entamer des négociations avec les Palestiniens.

Même s’il promet de ne procéder à aucun « second désengagement » – comme l’a mentionné Gantz lundi – le programme de l’alliance annonce également qu’elle « initiera une conférence régionale avec les pays arabes en quête de stabilité et approfondira le processus de séparation avec les Palestiniens, tout en maintenant les intérêts sécuritaires, sans compromis possible, de l’Etat d’Israël et la liberté d’action de l’armée israélienne, partout. »

Suite aux propos tenus par Netanyahu dimanche, le numéro deux de Kakhol lavan, Yair Lapid, a critiqué l’appel à l’annexion du Premier ministre.

« Netanyahu a inauguré l’année scolaire en annonçant que l’annexion de 2,9 millions de Palestiniens l’intéressait, leur faisant bénéficier de l’assurance nationale et en payant, dès l’année prochaine, l’éducation de leurs enfants », a déclaré Lapid.

« Dans l’ensemble, c’est logique », a-t-il ajouté Lapid, sarcastique.

Au cours de sa campagne, avant les élections du mois d’avril, Netanyahu avait promis de faire appliquer graduellement la loi israélienne dans les implantations de Cisjordanie, une initiative soutenue par presque tous les députés de son alliance de partis de droite et religieux. Il avait souligné qu’il espérait pouvoir le faire avec l’appui des Etats-Unis.

Le mois dernier, Netanyahu a juré, encore une fois, de faire avancer la souveraineté israélienne « partout » en Cisjordanie en réponse au meurtre de Dvir Sorek, 18 ans, lors d’une attaque terroriste commise aux abords de l’implantation de Migdal Oz.

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