Le projet de renommer un mémorial de guerre au nom d’un ministre assassiné abandonné
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Le projet de renommer un mémorial de guerre au nom d’un ministre assassiné abandonné

Les soldats de la Guerre d'Indépendance disent que Rehavam Ze'evi, le général controversé devenu ministre n’a pas participé à la bataille de 1948 pour Jérusalem

L'ancien ministre du Tourisme Rehavam Zeevi, assassiné par le FPLP en 2001. (Crédit : Flash90)
L'ancien ministre du Tourisme Rehavam Zeevi, assassiné par le FPLP en 2001. (Crédit : Flash90)

Un groupe de vétérans octogénaires qui s’est battu pour ouvrir la route de Jérusalem durant la Guerre d’Indépendance a fait annuler avec succès une décision du Cabinet de renommer un mémorial placé le long de la route au nom d’un ex-général et politicien controversé de l’extrême droite qui, selon eux, n’avait rien à voir avec l’offensive de 1948.

Le bureau du Premier ministre a déclaré mardi qu’une auberge de l’ère ottomane située le long de l’autoroute 1 à l’interchange de Sha’ar Hagai ne serait pas renommée pour commémorer Rehavam Ze’evi, a annoncé mardi la radio israélienne.

La station de radio a déclaré qu’un mémorial pour Ze’evi, qui était un commandant dans la milice pré-étatique du Palmach pendant la guerre de 1948, serait érigé ailleurs, probablement dans le Gush Etzion, en Cisjordanie.

L’annonce a été félicitée par l’Association des anciens combattants du Palmach, qui a déclaré que la décision était « une étape importante dans la réparation de l’injustice historique entourant les actions des combattants qui ont relié Jérusalem à l’État d’Israël pendant la guerre d’indépendance ».

Dans leur déclaration, les anciens combattants ont souligné que leur démarche n’étaient « pas contre Ze’evi, mais il ne s’est tout simplement pas battu ici ».

En septembre dernier, le cabinet avait voté pour remplacer le nom du site Sha’ar Hagai, actuellement appelé « Bab el-Wad » en arabe, par Ze’evi. Les deux noms se traduisant par « la porte de la vallée ».

Connu sous le surnom de « Gandhi », Ze’evi était un général de l’armée israélienne devenu un politicien du parti d’extrême droite Moledet et avait préconisé le transfert de millions de Palestiniens hors de Cisjordanie et de Gaza vers les États arabes voisins.

En 2001, il a été abattu par des palestiniens armés, membres du groupe terroriste du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP) à l’Hôtel Hyatt de Jérusalem.

La campagne des anciens combattants contre le remplacement du nom de la résidence de Sha’ar Hagai par Ze’evi a commencé au début de l’année 2016, après qu’un rapport d’enquête a publié des allégations de viol et d’intimidation à l’encontre de l’ancien général.

D’aprés les accusations publiées dans l’émission d’investigation de la Deuxième chaîne « Uvda » (« fait »), en avril dernier, Ze’evi aurait violé une ancienne soldate et aurait conspiré en 1974, avec un patron du crime connu à poser une bombe à l’extérieur de la maison d’un journaliste hostile à son sujet.

Après la publication du rapport, un certain nombre de politiciens ont rejoint les anciens combattants dans leur démarche afin d’éviter que le site ne soit modifié.

Mardi, plusieurs législateurs de l’opposition se sont félicités de la décision de ne pas renommer le site après Ze’evi.

« Cette décision est la bonne et empêchera de nuire davantage aux combattants du Palmach à Sha’ar Hagai et aux femmes qui ont été blessées par Ze’evi », a déclaré un communiqué de la faction Union Sioniste.

La présidente de l’union sioniste, Merav Michaeli, a ajouté que nommer le site après Ze’evi était « inapproprié » au vu de son legs controversé, alors que la faction de Miki Rosenthal a qualifié la décision d’«importante bataille gagnée pour [notre] héritage».

Sha’ar Hagai est situé sur l’ancienne ouverture de la route, montagne abrupte qui mène de la plaine côtière vers la partie montagneuse de Jérusalem.

L’actuel mémorial commémore le travail de la Brigade du Palmach en 1948-9, commandé par Harel, puis par le lieutenant-colonel Yitzhak Rabin, qui deviendra le Premier ministre israélien.

L’auberge de l’ère ottomane a été rénovée il y a plusieurs années et fait partie d’un parc commémorant Rabin, assassiné par un extrémiste juif en novembre 1995 lors de son deuxième mandat en tant que Premier ministre.

Mercredi, le fils de Ze’evi a déclaré au quotidien Yedioth Ahronoth que sa famille travaillait avec le bureau du Premier ministre afin de trouver un autre endroit pour commémorer le « glorieux héritage » de son père.

« Certaines personnes pensent que ça en vaut la peine, mais il y en a d’autres qui pensent que ce serait inapproprié », a reconnu Ze’evi.

« S’il s’agit d’un autre lieu respectable, nous serons en mesure d’y [commémorer Ze’evi] », a-t-il déclaré, ajoutant que « tout ira bien ».

Sue Surkes a contribué à cet article.

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