Le propriétaire tchèque du bus retirera le motif d’Auschwitz
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Le propriétaire tchèque du bus retirera le motif d’Auschwitz

L'organisateur de voyage est étonné par l'indignation suscitée par son véhicule orné d'une étoile de David et d'images du camp de la mort

Un bus en Tchéquie faisant la publicité de vacances au camp d'extermination nazi d'Auschwitz. Il s'agissait à l'origine d'un accessoire d'un film satirique dénonçant le tourisme de l'Holocauste. Photographie visible sur le site de la compagnie d'autobus, le 16 août 2016. (Crédit : capture d'écran autoxaver.com)
Un bus en Tchéquie faisant la publicité de vacances au camp d'extermination nazi d'Auschwitz. Il s'agissait à l'origine d'un accessoire d'un film satirique dénonçant le tourisme de l'Holocauste. Photographie visible sur le site de la compagnie d'autobus, le 16 août 2016. (Crédit : capture d'écran autoxaver.com)

PRAGUE – Le propriétaire d’un bus de touriste tchèque qui faisait la publicité du camp d’extermination d’Auschwitz comme une destination de vacances pleine d’émotion va retirer la décoration controversée de son véhicule montrant des images de détenus du camp d’extermination nazi et une étoile jaune de David.

Cela fait suite au tollé de survivants de l’Holocauste tchèque et des dirigeants juifs.

« Je le retire aujourd’hui et demain, et il sera parti », a annoncé le propriétaire de la compagnie d’excursion qui exploite le bus, Svatopluk Strava, au JTA jeudi. « La majorité de la décoration a été déjà enlevée ».

La tristement célèbre devise du camp « Arbeit Macht Frei » (« le travail libère ») est écrite sur l’un des côtés du bus à double étage avec une grande étoile de David et des images de véritables victimes juives assassinées par l’Allemagne nazie.

Le texte inscrit sur le bus invite joyeusement les gens à « Venir à Auschwitz – Un voyage d’émotions », et précise « nos guides parlent tchèque ».

Le bus avait à l’origine été fabriqué pour un film satirique du réalisateur tchèque Vit Klusak étudiant l’industrie touristique sur l’Holocauste, en croissance en Europe de l’Est.

Ces images ont été appliquées au bus en juin lorsque le véhicule, appartenant à Balkanbus, une petite agence de voyage basée à Blučina, à quelque 100 km au sud-est de Prague, a été utilisé comme un accessoire dans un « documentaire stylisé » retraçant la vie d’un tchèque néo-nazie et sa famille. Le film, intitulé « Le monde selon Little Dalibor » comprend une scène les personnages principaux visitent le mémorial d’Auschwitz, selon le directeur du film, Vít Klusák.

« Tout en travaillant sur la scène, nous sommes tombés sur le monde étrange de l’industrie du tourisme d’aventure dans les anciens camps de la mort », a expliqué Klusak au JTA. « Notre bus était une réflexion critique de ce phénomène. Je pense qu’il est extrêmement absurde et insipide qu’Auschwitz et Terezín sont présentés comme Disneyland ou les chutes du Niagara »/

Après la fin du tournage, cependant, les cinéastes et le propriétaire du bus ne se sont pas assurés que le design satirique soit retiré. Klusák a déclaré que les producteurs devaient payer pour retirer les autocollants mais Strava craignait que la peinture du bus soit endommagé dans le processus et a décidé de laisser les décorations. Il a utilisé le bus pour plusieurs voyages à Auschwitz mais rapidement il a éta contacté par les dirigeants juifs tchèques.

« Nous avons écrit des lettres à la mi-juillet à la société de production de film et à l’opérateur de bus en leur disant que nous considérions le design du bus insultant et insipide, et nous avons demandé au propriétaire de bus de le retirer », a déclaré Petr Papoušek, le dirigeant de la Fédération des communautés juives de la République tchèque. « Mais on n’a eu aucun retour de l’un d’eux et nous envisagions une action en justice ».

Ce tollé a stupéfait Strava.

« Je ne savais pas que ça allait être un tel scandale », a-t-il révélé. « Je ne suis pas négationniste, j’emmène régulièrement les écoliers tchèques à Auschwitz et j’ai toujours la chair de poule en pensant à ce qu’il y était arrivé. Je vais donc les enlever et si la peinture est endommagée, je vais envisager de poursuivre les cinéastes pour être dédommagé ».

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