Le Qatar et les Emirats de retour devant la Cour internationale de justice
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Le Qatar et les Emirats de retour devant la Cour internationale de justice

Une querelle oppose depuis trois ans Doha, accusé de financer le terrorisme et de soutenir l'Iran, aux autres pays du Golfe et à l'Egypte

Le drapeau des Nations unies à côté de la Cour internationale de justice de la Haye, aux Pays-Bas. (Crédit : AP Photo/Mike Corder)
Le drapeau des Nations unies à côté de la Cour internationale de justice de la Haye, aux Pays-Bas. (Crédit : AP Photo/Mike Corder)

La Cour internationale de justice (CIJ) tient à partir de lundi de nouvelles audiences dans un différend entre le Qatar et les Emirats, sur fond d’une querelle qui oppose depuis trois ans Doha aux autres pays du Golfe et à l’Egypte.

Tout a commencé lorsqu’en juin 2017, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte coupent tous leurs liens avec le Qatar, qu’ils accusent de « financer le terrorisme » et de soutenir l’Iran – malgré les démentis de Doha.

Riyad et ses alliés imposent alors à Doha des mesures punitives : ils interdisent les avions qataris dans leurs aéroports et leur espace aérien, coupent les liens commerciaux et maritimes et sa seule frontière terrestre, avec l’Arabie saoudite, est fermée, tandis que les Qataris sont sommés de partir.

Le Qatar décide de répliquer en juin 2018 en portant devant la CIJ, organe judiciaire principal de l’ONU, basée à La Haye, un différend avec les Émirats, qu’elle accuse de discrimination raciale et de violations des droits de l’Homme après le « blocus » qui lui a été imposé.

« Climat de peur »

Devant la barre de la CIJ, un avocat du Qatar affirme lors d’une audience que les Emirats ont répandu « un climat de peur » parmi les Qataris qui vivent sur leur territoire, séparant les familles et causant des « souffrances importantes ».

Dans la foulée, la Cour, qui se prononce sur les différends entre Etats mais ne dispose pas de moyens contraignants pour faire appliquer ses décisions, ordonne en juillet de cette même année aux Emirats de protéger les droits des citoyens qataris vivant sur leur territoire.

Les juges déclarent notamment que les étudiants qataris doivent pouvoir terminer leurs études aux Emirats ou obtenir leur dossier universitaire s’ils veulent les poursuivre ailleurs.

Dans un véritable jeu de ping-pong, les Emirats répliquent devant la CIJ en mars 2019 en contestant les accusations qataries.

La requête d’Abou Dhabi est rejetée à une grande majorité par les juges de la CIJ, qui, après des questions procédurales, doivent désormais se prononcer sur le fond de l’affaire.

Entre temps, la question du blocus aérien est débattue au sein de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), une agence de l’ONU, qui décide en 2018 avoir la compétence juridique pour régler le conflit à la demande du Qatar, qui dénonce une violation d’un accord régulant la liberté de circulation des avions commerciaux dans un espace aérien étranger.

Ce qui conduit l’Arabie saoudite et ses alliés à demander à la CIJ d’annuler la décision de l’OACI, une requête rejetée en juillet 2020.

Cette semaine la Cour entendra le Qatar et les Emirats, accusé par Doha d’avoir violé la Convention internationale de l’ONU sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, entrée en vigueur en 1969.

Abou Dhabi ouvrira les débats lundi après-midi à 15H00 (1300 GMT), suivi de la prise de parole du Qatar mercredi.

L’arrêt de la CIJ en l’affaire pourrait prendre des années.

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