Le rappeur d’extrême droite ‘The Shadow’ rejoint le Likud
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Le rappeur d’extrême droite ‘The Shadow’ rejoint le Likud

Le député Oren Hazan estime que le nouveau membre vaudrait 5 sièges à la Knesset et qu'il pourrait remplacer certains députés

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le rappeur israélien Yoav Eliasi lors d'une manifestation d'extrême droite pour soutenir l'offensive israélienne dans la bande de Gaza, à Tel-Aviv, le 9 août 2014. (Crédit : Flash90)
Le rappeur israélien Yoav Eliasi lors d'une manifestation d'extrême droite pour soutenir l'offensive israélienne dans la bande de Gaza, à Tel-Aviv, le 9 août 2014. (Crédit : Flash90)

Un rappeur israélien connu pour ses positions d’extrême droite et son entourage a rejoint le Likud mardi sous l’égide du député controversé Oren Hazan.

Yoav Eliasi, qui porte le nom de scène de Hatzel – The Shadow ou l’ombre en hébreu – a rempli les documents nécessaires du parti du Likud avec Hazan, qui a affirmé qu’étant donné la popularité dans les médias sociaux du rappeur, son adhésion au parti apporterait un coup de pouce électoral équivalant à cinq sièges supplémentaires.

« Aujourd’hui, nous incorporons une force énorme pour le Likud », s’est réjoui Hazan, selon un article publié dans le quotidien Yedioth Ahronoth. « Nous ne nous connaissons pas depuis très longtemps mais je pense que Yoav est comme un frère pour moi, et je vais l’appeler Yoav et non pas The Shadow. »

Hazan a ajouté qu’ils « ont beaucoup de choses en commun » et qu’ils en ont tous les deux « marre du politiquement correct qui a pris en charge » la Knesset.

Eliasi, 38 ans, qui a plus de 220 000 fans sur Facebook, a acquis une certaine notoriété pour ses messages incendiaires – et ses commentaires encore plus incendiaires – qui ciblent souvent les Arabes et les personnalités de gauche.

Le musicien a, dans le passé, appelé les ambulanciers paramédicaux à prélever les organes des Palestiniens tués lors des attaques contre les Israéliens afin qu’ils puissent être utilisés pour sauver des Juifs. Il a également proposé que les attaquants morts soient castrés pour contrecarrer à leur croyance qu’ils auront une récompense de 72 vierges au paradis.

« Le peuple en a marre de la flagornerie, du dialogue de gauche lâche. Ce n’est pas pour rien que Yoav a un quart de million d’abonnés sur les réseaux sociaux », a déclaré Hazan. « Nous ne sommes pas, tous les deux, politiquement corrects ».

« Je n’ai pas peur de penser à lui comme quelqu’un qui vaut peut-être même cinq sièges », a-t-il poursuivi. « Il y a beaucoup de députés que je voudrais remplacer par Yoav tout de suite ».

Elias aurait répondu aux commentaires de Hazan en déclarant qu’il voulait « lancer des dollars à chaque mot » des discours à la Knesset de Hazan et il aurait promis d’entraîner ses disciples, appelés les « Lions de The Shadow », pour former une « Garde du Likud ».

Le rappeur, qui a connu la gloire dans les années 1990 avec un duo avant de sombrer dans la faillite en 2011, a laissé entendre qu’il pourrait essayer de trouver une place sur la liste parlementaire du parti, qui est dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Pour le moment, je n’en suis pas là mais on ne sait jamais ce qui se passera dans l’avenir », a-t-il précisé.

« Le Likud se déplace vers la gauche tout le temps », a-t-il ajouté, « parfois je veux vomir sur certaines des personnes [du parti]. Le temps est venu pour un changement au Likud ».

Le député du Likud Oren Hazan assistant à une réunion à la Knesset, le 20 juin 2016 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)
Le député du Likud Oren Hazan assistant à une réunion à la Knesset, le 20 juin 2016 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Hazan, qui siège pour la première fois à la Knesset, connait un mandat difficile à la Knesset depuis son accession à son siège en 2015.

Au moins de juin 2015, la Deuxième chaîne avait révélé que Hazan avait engagé des prostituées pour ses amis et utilisé des drogues dures lorsqu’il gérait un casino en Bulgarie avant qu’il ne soit élu à la Knesset. Hazan a nié les allégations et a poursuivi la Deuxième chaîne pour diffamation.

En décembre 2015, la commission d’Éthique de la Knesset a suspendu Hazan des débats parlementaires pour un mois en raison d’une série de plaintes déposées contre lui et lui a retiré le rôle de président adjoint de la Knesset.

Mardi, la Deuxième chaîne a révélé que Hazan a été expulsté par Netanyahu de la commission de contrôle d’Etat de la Knesset car il avait menacé de voter en faveur d’une enquête officielle de l’Etat sur la guerre de Gaza de 2014.

Selon le reportage de la Deuxième chaîne, Hazan avait menacé de voter avec l’opposition et de soutenir une enquête au sujet du conflit de 50 jours, qui est connu en Israël sous le nom de l’opération Bordure protectrice.

Netanyahu a décidé de remplacer Hazan dans le panel pour assurer une majorité avant le vote de la commission prévu sur l’ouverture d’une enquête qui aura lieu lorsque la Knesset reprendra ses travaux en automne après les vacances parlementaires.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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