Le réalisateur de ‘Valse avec Bashir’ s’attèle au Journal d’Anne Frank
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Le réalisateur de ‘Valse avec Bashir’ s’attèle au Journal d’Anne Frank

La première bande dessinée autorisée du journal de l'adolescente illustre ses rêves et ses fantasmes

Un extrait de la bande dessinée basée sur le Journal d'Anne Frank (Crédit : Autorisation)
Un extrait de la bande dessinée basée sur le Journal d'Anne Frank (Crédit : Autorisation)

PARIS (JTA) — Dans le but de préserver l’intérêt pour l’Holocauste des générations futures, la Fondation Anne Frank, basée à Bâle, a dévoilé la première bande dessinée autorisée basée sur le célèbre journal de l’adolescente rédigé quand elle se cachait des nazis à Amsterdam.

L’adaptation de 148 pages, publiée le 18 septembre en France et dans une vingtaine de langues dans le monde, a été présentée aux journalistes de la capitale française par l’illustrateur, David Polonsky d’Israël, et son auteur, le réalisateur israélien Ari Folman, qui travaille sur le premier film d’animation autorisé basé sur la bande dessinée.

La bande dessinée, appelée journal graphique par ses développeurs, a été produite en collaboration avec la Fondation Anne Frank — l’organisation que le père d’Anne, Otto, a fondée pour conserver sa mémoire —  La bande dessinée contient des illustrations colorées à la fois des réalités décrites dans le livre, dont la relation difficile entre l’adolescente et sa mère et sa soeur, et ses rêves et ses fantasmes.

Un dessin en pleine page, est basé sur le désir d’Anne de devenir journaliste qu’elle a relaté dans son journal, montre une Anne plus âgée assise près d’un bureau avec des journaux encadrés en arrière-plan, y compris une couverture de magazine Life avec une photo d’elle.

Une autre page montre les membres de sa famille et d’autres Juifs avec qui ils ont vécu caché pendant deux ans à Amsterdam représentés comme des animaux, correspondant aux anecdotes humoristiques d’Anne sur leurs personnalités. D’autres dessins présentent des allusions à de grandes œuvres d’art visuelles, y compris par celles d’Edouard Munch et Gustav Klimt.

Le réalisateur israélien Ari Folman (Crédit : CC BY-SA che, Wikimedia Commons)
Le réalisateur israélien Ari Folman (Crédit : CC BY-SA che, Wikimedia Commons)

« Je suis inquiet, nous arrivons à une époque où il n’y aura plus de survivants de l’Holocauste sur Terre, pas de témoins vivants pour raconter l’histoire », a déclaré Folman. Il est l’enfant de survivants de l’Holocauste qui, a-t-il confié, ont raconté à lui et sa soeur « vraiment beaucoup trop » d’histoires horribles sur le génocide. À mesure qu’ils disparaissent, « toute l’histoire de l’Holocauste risque de devenir quelque chose d’ancien, il est donc essentiel de trouver des moyens de préserver l’intérêt pour l’Holocauste », a-t-il déclaré lors d’une séance de question réponse à Paris.

Anne, sa soeur et ses parents et plusieurs autres Juifs ont été déportés en 1944 et ont été assassinés à la suite d’un raid mené par des soldats nazis dans l’annexe décrite comme étant secrète où ils vivaient reclus avec l’aide de la résistance hollandaise. Anne est morte sept mois plus tard dans un camp de concentration. Sa mère et sa soeur sont également mortes. Seul Otto a survécu, et il a édité les écrits de sa fille plus jeune et les a publiés en 1947.

Anne Frank, age twelve, at her school desk in Amsterdam, 1941.
Anne Frank, à l’âge de 12 ans à l’école à Amsterdam, en 1941

Folman, qui est connu internationalement pour son film sur la guerre israélienne au Liban, « Waltz with Bashir », a déclaré que sa première réaction avait été de « dire immédiatement non » après avoir été approché par la Fondation Anne Frank basée en Suisse.

Folman et Polonsky ont d’abord refusé la proposition, ont-ils expliqué, car artistiquement, ils doutaient de leur capacité à apporter une contribution qui se démarquerait des nombreux films, livres, spectacles de théâtre, opéras et comédies musicales qui ont été produits sur l’histoire d’Anne Frank — peut-être la victime de l’Holocauste la plus célèbre au monde suite à la publication dans des dizaines de langues de son journal au cours des sept dernières décennies.

Il y a eu « trop [de choses] ​​fait[es] autour de cette histoire », a déclaré Folman. Mais il a reconsidéré sa position après en avoir parlé avec sa mère de 95 ans, qui lui a dit qu’elle « vivait [maintenant] dans le but de voir la première » du film qu’il ferait à propos d’Anne Frank.

Depuis les années 1940, de nombreuses adaptations autorisées et non autorisées de l’histoire d’Anne Frank ont ​​été créées dans de nombreux médias.

Au Japon, l’histoire d’Anne Frank a fait l’objet de plusieurs bandes dessinées : des manga japonais. Mais ces publications n’ont pas été autorisées par la Fondation Anne Frank car ils n’étaient pas précis historiquement et ne correspondaient pas aux écrits d’Anne.

Le film, Folman a déclaré au JTA, traitera aussi des derniers sept mois « horribles » de la vie d’Anne Frank, malgré l’absence de matériel sur cette période décrite par Anne.

« Nous avons utilisé d’autres sources historiques pour aborder cette partie de sa vie », a-t-il confié. « C’était une condition pour moi pour travailler sur ce sujet. »

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