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Le régime iranien célèbre l’anniversaire de la Révolution islamique

Affaibli à l'intérieur, le pouvoir est sous la menace d'une intervention militaire américaine malgré la reprise des pourparlers entre les deux pays la semaine dernière

Photo d'illustration: Cette photo fournie par le bureau présidentiel iranien montre le président iranien Massoud Pezeshkian prononçant un discours lors d'un rassemblement marquant le 46e anniversaire de la révolution islamique de 1979 sur la place Azadi à Téhéran, le 10 février 2025. (Crédit : MEHDI BOLOURIAN / Présidence iranienne / AFP)
Photo d'illustration: Cette photo fournie par le bureau présidentiel iranien montre le président iranien Massoud Pezeshkian prononçant un discours lors d'un rassemblement marquant le 46e anniversaire de la révolution islamique de 1979 sur la place Azadi à Téhéran, le 10 février 2025. (Crédit : MEHDI BOLOURIAN / Présidence iranienne / AFP)

L’Iran ne cédera pas aux « demandes excessives » des Etats-Unis sur son programme nucléaire, a averti son président mercredi, jour où le pouvoir iranien, fragilisé par une récente vague de contestation, célèbre l’anniversaire de la Révolution islamique de 1979.

Sur la place Azadi (Liberté) de Téhéran, devant une foule agitant des drapeaux de la République islamique, Massoud Pezeshkian a affirmé que son pays ne plierait pas face aux pressions ou à une « agression » des Etats-Unis.

A la veille de cette commémoration, des Iraniens ont crié dans la soirée de leurs fenêtres, dans des quartiers de la capitale, des slogans contre le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. « Mort au dictateur », peut-on entendre dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et vérifiées par l’AFP.

Affaibli à l’intérieur, le pouvoir iranien reste aussi sous la menace d’une intervention militaire américaine malgré la reprise des pourparlers entre les deux pays la semaine dernière.

Après le déclenchement d’un mouvement de contestation d’une ampleur inédite, réprimé dans le sang début janvier, Donald Trump a multiplié les avertissements à l’encontre de Téhéran.

Il reçoit mercredi à Washington le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. Selon ce dernier, toute négociation irano-américaine doit inclure « la limitation des missiles balistiques et le gel du soutien » de Téhéran aux groupes armés régionaux hostiles à Israël.

Le président américain Donald Trump (à droite) serre la main du Premier ministre Netanyahu alors qu’il écoute une question d’un journaliste à la fin d’une conférence de presse à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (Crédit : Alex Brandon/AP)

Dans la capitale, des soutiens du pouvoir se sont rassemblés mercredi, encadrés par un important dispositif de sécurité, a constaté un journaliste de l’AFP.

« Cela fait 40 ans que nous dormons et nous réveillons avec la possibilité d’une guerre et d’une attaque. Vous pensez vraiment nous faire peur? », lance, très vindicatif, Yaghoub Ghorbanpour. Si « l’ennemi » négocie, estime ce médecin, « c’est qu’il a compris qu’il ne pouvait pas nous vaincre par la guerre ».

Les Etats-Unis et Israël « ont tenté d’exploiter les difficultés économiques qu’ils ont eux-mêmes provoquées, pour plonger l’Iran dans le chaos », fustige Mina, une enseignante de 43 ans qui n’a pas souhaité donner son nom, reprenant la rhétorique du pouvoir sur les manifestations.

Des pancartes moquent Donald Trump et Reza Pahlavi, fils du chah déchu et figure, en exil, de l’opposition. Des répliques de missiles sont aussi installées sur la place.

Dans le cortège, certaines femmes défilent sans le voile malgré le strict code vestimentaire de la République islamique. Des médias locaux, y compris conservateurs, ont diffusé des interviews de plusieurs d’entre elles, du jamais vu pour un événement organisé par le pouvoir.

Rencontre de chefs du Hamas

A l’issue d’une première session de pourparlers à Oman, le 6 février, l’Iran a réaffirmé ne vouloir discuter que de son programme nucléaire, et martelé son droit à enrichir l’uranium à des fins civiles.

L’Iran est prêt à « toute vérification » du caractère pacifique de ses activités, a souligné M. Pezeshkian, alors que les pays occidentaux et Israël l’accusent de chercher à se doter de l’arme nucléaire.

Dans la région du Golfe, où Donald Trump a déployé une vaste force navale, les diplomaties s’activent pour réduire les tensions.

L’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, s’est entretenu mercredi avec le président américain de la nécessité de « résoudre les crises par le dialogue », avant de recevoir le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani.

Le haut responsable iranien a aussi rencontré des chefs du groupe terroriste palestinien du Hamas, selon la télévision d’Etat.

Parallèlement à la reprise des discussions avec Washington, pour la première fois depuis la guerre de 12 jours déclenchée par Israël en juin, l’Iran poursuit sa répression des contestataires.

Selon le groupe basé aux Etats-Unis Human Rights Activists News Agency (HRANA), au moins 6 984 personnes, dont 6 490 manifestants, ont été tuées au cours du pic des protestations, début janvier, et au moins 52 623 personnes ont été arrêtées depuis.

Parmi elles, figurent des membres du courant réformateur en Iran qui avaient soutenu la campagne électorale de M. Pezeshkian en 2024 avant de prendre leurs distances.

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