« Le sang d’Israël coule dans mes veines », dit Shira Ish-Ran
Rechercher

« Le sang d’Israël coule dans mes veines », dit Shira Ish-Ran

S'exprimant depuis l'hôpital devant les journalistes pour la première fois depuis la fusillade d'Ofra, la jeune mère endeuillée et son époux ont dit que leur bébé a uni Israël

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Shira (à gauche) et Amichai Ish-Ran, tous deux blessés la semaine dernière quand un terroriste palestinien a ouvert le feu sur des Israéliens près de l'implantation d'Ofra, lors d'une conférence de presse à l'hôpital Shaare Zedek de Jérusalem, le 16 décembre 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)
Shira (à gauche) et Amichai Ish-Ran, tous deux blessés la semaine dernière quand un terroriste palestinien a ouvert le feu sur des Israéliens près de l'implantation d'Ofra, lors d'une conférence de presse à l'hôpital Shaare Zedek de Jérusalem, le 16 décembre 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

Le jeune couple qui a été blessé et qui a perdu son enfant lors d’un attentat terroriste survenu la semaine dernière aux abords de l’implantation d’Ofra s’est exprimé publiquement dimanche pour la première fois depuis la fusillade, pénétrant dans la salle de la conférence de presse organisée au centre médical Shaare Zedek où ils sont encore hospitalisés dans des fauteuils roulants poussés par leurs parents, à Jérusalem.

« J’ai le sentiment que les Israéliens me donnent de la force », a commenté Shira Ish-Ran, qui était enceinte de 30 semaines lorsqu’un homme armé palestinien a ouvert le feu et l’a blessé grièvement, ainsi que son époux Amichai et six autres personnes, le 9 décembre. Né par césarienne dans l’urgence, le bébé est mort quatre jours plus tard. L’état de santé de ses parents s’améliore lentement.

« J’ai perdu beaucoup de sang et j’ai eu besoin de beaucoup de sang. J’ai le sentiment que la population israélienne me soutient émotionnellement et qu’elle me renforce physiquement. La plus grande partie de mon sang n’est plus le mien aujourd’hui », a dit la jeune femme de 21 ans, remerciant ses donateurs.

« Notre bébé a réussi, au cours des trois journées courtes qu’il a vécues, à faire davantage que d’autres ne sont jamais parvenus à réaliser en une vie entière : Il nous a unis tous, tout simplement », a ajouté Amichai, assis à ses côtés.

« Nous voulions remercier Dieu qui nous a bénis par ses miracles. J’ai été blessé à la jambe par trois balles mais, avec l’aide de Dieu, je pourrai marcher », a-t-il continué.

« Nos ennemis peuvent nous tirer dessus, nous poignarder, nous renverser… Ils peuvent nous tuer, tuer nos enfants mais ils ne peuvent pas nous briser », a conclu Amichai.

Peu avant les funérailles du bébé, mercredi, l’enfant a subi une circoncision symbolique et il a été prénommé Amiad Yisrael.

Shira (à gauche) et Amichai Ish-Ran, tous deux blessés la semaine dernière quand un terroriste palestinien a ouvert le feu sur des Israéliens près de l’implantation d’Ofra, lors d’une conférence de presse à l’hôpital Shaare Zedek de Jérusalem, le 16 décembre 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

Le couple a remercié Dieu, sa famille, le personnel de l’hôpital, les secours qui ont sauvé la vie de Shira et la nation entière.

Shira a juré jeudi d’avoir « beaucoup d’enfants » en réponse à l’attentat terroriste.

Jeudi, après l’amélioration de son état de santé et vingt-quatre heures après l’enterrement de son fils de quatre jours, Ish-Ran aurait déclaré – ses premières paroles depuis l’attaque : « Je vais leur prouver et je vais leur montrer. Je mettrai beaucoup d’enfants au monde. Am Yisrael chai ».

Alon Schwartz, le médecin qui a opéré Shira, a dit aux journalistes dimanche que si le rétablissement de la jeune femme serait long, il pensait que ses blessures ne l’empêcheraient pas d’avoir des enfants à l’avenir.

« Son état s’est stabilisé. Elle aura besoin d’autres interventions chirurgicales et d’une longue rééducation. Mais je veux souligner – cette vie a été sauvée grâce aux équipes de secours. Sans leur réponse rapide et un garrot pour empêcher l’hémorragie, elle n’aurait pas survécu », a dit Schwartz.

Des centaines de personnes ont assisté mercredi soir aux funérailles, sur le mont des Oliviers de Jérusalem, du nouveau-né dont la mort a été prononcée par les médecins du centre médical Shaare Zedek après trois jours de soins intensifs.

Les proches d’Amichai et Shira Ish-Ran lors des funérailles de leur bébé, né prématuré par que sa mère a été blessée lors d’une fusillade terroriste aux abords d’Ofra, en Cisjordanie, lors d’une cérémonie sur le mont des Oliviers (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Shira et son époux, pris en charge pour leurs blessures par balles à l’hôpital, n’ont pas été en mesure d’assister à la cérémonie.

L’inhumation a eu lieu alors que les forces israéliennes menaient un raid dans un village palestinien qui s’est soldé par la mort de l’un des auteurs présumés de l’attentat, Salih Barghouti. Quatre suspects ont été arrêtés en liaison avec l’attaque qui a fait sept blessés.

S’exprimant difficilement, sanglotant, la grand-père du bébé Refael Ish-Ran avait déclaré, pendant l’enterrement, que malgré sa courte vie, peu de personnes étaient parvenues à « unir la nation entière d’Israël » comme l’avait fait le nouveau-né.

« Tu as amené tant de lumière. Et avec toute cette lumière, nous éteindrons l’obscurité », avait-il déclaré dans son éloge funèbre, ajoutant que le nom Amiad – qui possède en lui le mot hébreu pour « éternel » – avait été choisi pour signifier que malgré la mort de l’enfant, la nation d’Israël continuera toujours ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...