Le sang d’un soldat gay rejeté suite à une dénonciation
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Le sang d’un soldat gay rejeté suite à une dénonciation

Un officier de Tsahal proteste contre la décision du Magen David Adom de jeter son sang suite à des révélations concernant sa sexualité

Des paramédics ont jeté le sang volontairement donné par un officier de Tsahal après une dénonciation anonyme selon laquelle il serait homosexuel, a rapporté la Deuxième chaîne lundi.

L’officier, nommé dans le rapport, aurait reçu une lettre du Magen David Adom lui indiquant que ses paquets de sang seraient rejetés en raison d’informations tiers reçues au sujet de sa sexualité.

La plupart des pays occidentaux, dont les Etats-Unis, refusent des dons de sang de mâles homosexuels sexuellement actifs suite à un accroissement des maladies telles que le sida. Les détracteurs affirment que cette procédure ne trouve aucun fondement dans la science médicale, puisque les donneurs peuvent être testés.

En Israël, un homme ayant eu des rapports homosexuels à partir de 1977 n’est pas autorisé à donner du sang.

L’officier, tout en ne niant sa sexualité, s’est insurgé du fait que les paramédics ont agi en fonction d’une dénonciation anonyme.

Il a rencontré la chef du département de don du sang du Magen David Adom, Eilat Shneur, et exigé de savoir qui a fourni les informations sur sa sexualité, lui garantissant qu’il n’a pas eu de rapports homosexuels.

Shneur a refusé d’utiliser ses paquets de sang, citant des règlements sanitaires et organisationnels.

Cependant, elle a proposé de stocker son sang, dans le cas où il pourrait être utilisé à l’avenir, suite à des réformes législatives.

Le soldat a fait don de sang à un certain nombre de reprises sans incident, indique le rapport.

« L’idée qu’un organisme comme Magen David Adom, qui dépend du ministère de la Santé – un ministère du gouvernement – accepte des informations anonymes et tienne des registres sur les penchants sexuels des donneurs est choquante », a déclaré Amery Kalman, le co-président de LGBT Israël.

« La clause exigeant une déclaration du donneur [de sang] est obsolète en Israël par rapport à d’autres [banques de sang] dans le monde entier, et offensante pour les homosexuels qui veulent être de bons citoyens et donner du sang », dénonce Kalman.

En réaction, le Magen David Adom a publié une déclaration défendant ses actes, mais a également promis de vérifier la véracité de la dénonciation.

«[Nos] services de transfusion sanguine fonctionnent selon des lignes directrices claires et des procédures établies par le ministère de la Santé, et selon des lignes directrices à l’échelle internationale dans des cas de déclaration de tiers », statuait la déclaration. « Le but de notre réglementation est de protéger la sécurité et la santé des bénéficiaires de dons de sang. »

Le ministère de la Santé a également publié une déclaration selon laquelle les dons du sang ne peuvent pas être utilisés dans le cas où une information médicale douteuse concernant le donneur était mise au jour.

De telles pratiques sont en vigueur et développés dans la plupart des pays occidentaux, ajoute le communiqué.

En 1996, le Magen David Adom a secrètement jeté le sang donné par des immigrants éthiopiens, déclenchant des émeutes et attirant de sévères critiques dans le monde entier. Une enquête sur la question a conclu que cette politique résultait d’une mauvaise interprétation d’une loi exigeant que les dons des immigrants éthiopiens soient simplement marqués.

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