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Le Shin Bet annonce un « développement » dans l’enquête sur Duma

L'agence de sécurité envisage de déposer des actes d'accusation contre des suspects dans l'enquête sur l'incendie criminel attribué à des terroristes juifs

La maison brûlée de la famille Dawabsha dans le village palestinien de Duma, près de Naplouse, le 31 juillet 2015. (Crédit : Zacharia Sadeh/Rabbis for Human Rights)
La maison brûlée de la famille Dawabsha dans le village palestinien de Duma, près de Naplouse, le 31 juillet 2015. (Crédit : Zacharia Sadeh/Rabbis for Human Rights)

Le Shin Bet a annoncé dimanche un « développement de ces derniers jours » dans son enquête sur l’incendie criminel dans le village de Duma en Cisjordanie qui a été attribué à des terroristes juifs. L’agence de renseignement a cependant souligné que l’embargo strict sur les détails de l’affaire était toujours en place.
 
Selon le site web d’information Ynet, le service de la sécurité interieure devrait déclarer dimanche qu’il envisageait de déposer un acte d’accusation, mais n’a pas précisé quand.

L’attaque, qui a tué trois membres de la famille Dawabsha dans le village de Duma, près de Naplouse, a été perçue comme une attaque terroriste par les autorités, menant le cabinet de sécurité d’Israël à voter l’extension de mesures antiterroristes utilisées en Cisjordanie contre des Palestiniens suspectés de terrorisme aux citoyens d’Israël, y compris la détention sans procès.

Plusieurs extrémistes juifs ont été arrêtés fin novembre par le Shin Bet – le nombre exact n’a pas été révélé – sur des soupçons d’avoir commis l’attaque.

Mercredi, leurs avocats, qui n’ont été autorisés à les rencontrer tous, à l’exception de l’un des suspects, qu’après deux semaines de détention, ont affirmé que les détenus avaient été torturés lors des interrogatoires.

Quelque 500 militants de droite ont manifesté samedi soir à Jérusalem à propos des allégations de torture par le Shin Bet. Les manifestants se sont rassemblés devant le domicile du chef du Shin Bet à Jérusalem, Yoram Cohen portant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Nous exigeons la justice » et « Assez de persécutions [d’Etat] . »

Vendredi, le ministre de l’Agriculture Uri Ariel (HaBayit HaYehudi) avait demandé au Premier ministre Benjamin Netanyahu de convoquer une réunion d’urgence du comité qui supervise le Shin Bet afin de discuter de ces accusations. L’agence opère sous l’autorité directe du bureau du Premier ministre.

Ariel a dit qu’alors que « personne ne conteste » que l’attaque de Duma et que les soupçons contre les détenus étaient graves, les comptes-rendus des avocats des détenus – y compris des coups portés à des organes sensibles et des dénis de sommeil – « donnent des frissons et soulèvent le soupçon qu’une grave torture physique a eu lieu, » a rapporté la radio publique.

La demande d’Ariel a été soutenue par l’Association pour les droits civils en Israël (ADCI), qui s’occupe principalement des allégations de violations des droits de l’Homme envers les Palestiniens.

Dans un tweet, l’ADCI a déclaré vendredi, « les comptes-rendus des avocats des suspects de l’attentat terroriste de Duma concernant l’interrogatoire des suspects par le Shin Bet soulèvent de sérieux soupçons que des méthodes illégales d’interrogatoire ont été utilisées, telles que le recours à la force physique. »

Le groupe a ajouté dans un second tweet : « Nous tenons à vous rappeler la décision de la Haute Cour de justice [interdisant] l’utilisation de la torture qui a été obtenue par l’ADCI, le conseil contre la torture en Israël et la hotline pour les droits civils et qui reposait, entre autres sources, sur les rapports de B’Tselem. »

Les ONG mentionnées dans le second tweet se consacrent généralement à la lutte contre les violations des droits civils qui auraient été commis contre des Palestiniens, et ont fait l’objet de critiques acerbes de la droite au cours des dernières semaines.

En réponse à ces accusations, des représentants du Shin Bet ont déclaré que ses actions étaient dans le cadre du mandat légal qui lui a été donné par le cabinet.

Les conditions des détenus, y compris le refus d’un avocat pendant plus de deux semaines de détention, ont été presentées la semaine dernière devant la Haute Cour de Justice et ont été approuvées, ont-il indiqué.

« Toutes les actions [du Shin Bet] sont effectuées conformément à la loi et conformément à la jurisprudence, » a déclaré l’organisme dans un communiqué, « et sont soumis à une surveillance étroite des autorités supérieures. »

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