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Le Shin Bet avertit l’AP de ne pas se mêler des prochaines élections législatives

Un responsable de Ramallah, Majed Faraj, aurait exhorté les députés de la Liste arabe unie à s'allier à Raam pour empêcher le retour de Netanyahu au pouvoir

Illustration : Le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas s'exprimant lors d'une réunion avec le secrétaire d'État américain Antony Blinken, à Ramallah, le 27 mars 2022. (Crédit: AP Photo/Jacquelyn Martin/Pool)
Illustration : Le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas s'exprimant lors d'une réunion avec le secrétaire d'État américain Antony Blinken, à Ramallah, le 27 mars 2022. (Crédit: AP Photo/Jacquelyn Martin/Pool)

Le Shin Bet a lancé un « avertissement sévère » à l’Autorité palestinienne pour qu’elle n’intervienne pas dans les prochaines élections en Israël.

Cet avertissement est intervenu après que le chef des renseignements généraux de l’Autorité palestinienne, Majed Faraj, a rencontré les dirigeants de la Liste arabe unie, parti majoritairement arabe, dans le but de les convaincre de rejoindre le parti islamiste Raam, selon un reportage diffusé lundi par la Douzième chaîne.

Les responsables de l’AP ont insisté auprès de leurs homologues israéliens sur le fait qu’ils n’avaient pas l’intention d’intervenir dans les élections législatives de novembre et que les réunions avec les législateurs arabes n’avaient pas cet objectif.

La Douzième chaîne a précédemment rapporté que Faraj avait exprimé aux députés de la Liste arabe unie l’inquiétude de l’AP quant à la possibilité d’une faible participation des Arabes israéliens aux prochaines élections, ce qui pourrait conduire à un retour au pouvoir de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu à la tête d’un gouvernement de droite dur.

Le responsable de l’AP serait allé jusqu’à accuser les législateurs arabes israéliens de ne pas faire assez pour empêcher un tel scénario, selon le reportage.

« Vous ne faites pas assez pour augmenter la participation électorale au sein de la communauté arabe afin d’empêcher le retour au pouvoir de Netanyahu », aurait déclaré Faraj lors de la réunion.

Il aurait même proposé de servir de médiateur dans les négociations avec Raam, selon le reportage.

La Liste arabe unie et Raam s’étaient séparés avant les dernières élections, et seul le second avait rejoint la coalition de Bennett et Lapid.

Le chef des services de renseignements généraux de l’Autorité palestinienne, Majed Faraj, s’exprimant à Hébron, le 11 juin 2018. (Crédit : Capture d’écran/YouTube)

Alors que les pourparlers de paix entre Israël et l’AP semblent loin, les parties ont bénéficié d’un réchauffement relatif des relations au cours de l’année écoulée depuis que le dernier gouvernement israélien avait prêté serment, Jérusalem ayant mis en place une série de mesures économiques visant à améliorer les moyens de subsistance des Palestiniens.

Un gouvernement restreint composé du Likud de Netanyahu et d’autres partis de droite serait probablement moins enclin à poursuivre de telles mesures.

Le taux de participation des Arabes israéliens a été au plus haut lorsque les quatre principaux partis arabes s’étaient présentés ensemble, la Liste arabe unie ayant remporté 15 sièges aux élections de 2020. Raam s’était séparé du parti avant l’élection suivante afin de se concentrer principalement sur les problématiques internes. Il était parvenu à obtenir quatre sièges et avait, dans un geste historique, rejoint le gouvernement. Les trois sous-factions de la Liste arabe unie n’avaient obtenu que six sièges et étaient restées ensemble dans l’opposition.

Mansour Abbas, à gauche, à la résidence présidentielle à Jérusalem, le 5 avril 2021. (Crédit : Abir Sultan/Pool Photo via AP/Dossier) ; à droite, le leader de la Liste arabe unie , Ayman Odeh, pendant une conférence à Jérusalem. (Crédit : AP Photo/Sebastian Scheiner)

Convaincu qu’une Liste arabe unie reconstituée améliorerait la participation électorale, Faraj aurait exhorté les législateurs arabes israéliens à mettre de côté leurs différends avec Raam.

Les législateurs auraient répondu à Faraj qu’un tel effort aurait peu de chances de réussir, en raison de la détermination de Raam à se présenter de manière indépendante aux prochaines élections.

Un haut fonctionnaire palestinien, sous couvert d’anonymat cité par la Douzième chaîne, a confirmé que Faraj avait rencontré les dirigeants de la Liste arabe unie, mais a déclaré que cela faisait partie de l’engagement habituel de l’AP avec les législateurs israéliens et a catégoriquement nié que la discussion portait sur une potentielle ingérence dans les prochaines élections.

La Liste arabe unie a refusé tout commentaire.

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