Le Shin Bet serait opposé au retrait de l’armée de la zone A
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Le Shin Bet serait opposé au retrait de l’armée de la zone A

Les avertissements du service de renseignements au sujet de possibles atteintes aux efforts anti-terroristes sont « dissimulés » au cabinet de sécurité – rapport

Les ministres du cabinet de sécurité en visite en Cisjordanie, le 6 avril 2016 . (Crédit : autorisation)
Les ministres du cabinet de sécurité en visite en Cisjordanie, le 6 avril 2016 . (Crédit : autorisation)

Un document de l’agence de sécurité du Shin Bet, exprimant de sérieuses réserves au sujet d’une décision possible de retirer les soldats israéliens des villes palestiniennes, est « dissimulé » aux membres du cabinet de sécurité, le cercle de ministres de haut rang proche du Premier ministre qui prend des décisions politiques clés, selon une information signalée lundi.

En outre, le rapport publié par le quotidien Haaretz indique, en citant une source de haut rang, qu’un haut responsable du Shin Bet, qui a pris part à une visite en Cisjordanie organisée pour les membres du cabinet il y a une dizaine de jours, a été empêché de présenter la position de son organisation lorsque le sujet a été débattu.

Les pourparlers israélo-palestiniens au cours des dernières semaines ont été centrés sur le respect d’une disposition de l’accord d’Oslo de 1993, donnant toute responsabilité à l’Autorité palestinienne concernant les affaires civiles et la sécurité dans la zone A, qui comprend les principales villes palestiniennes et villages environnants et représente environ un cinquième de la Cisjordanie.

Après l’opération Bouclier de défense en 2002 – une campagne militaire israélienne massive visant à lutter contre le terrorisme pendant la Seconde Intifada – Israël a cessé d’honorer cette clause et l’armée a depuis opéré dans la zone A en toute liberté.

Les Palestiniens exigent que les Forces de défense israéliennes se retirent simultanément de toutes les villes et ont rejeté la précédente offre israélienne de se retirer complètement de Ramallah et Jéricho dans un premier temps et de limiter les activités de l’armée ailleurs en Cisjordanie à des arrestations de Palestiniens soupçonnés de vouloir mener des attaques imminentes.

L’armée israélienne et le ministre de la Défense, Moshe Yaalon, croient que les services de sécurité palestiniens sont capables d’entreprendre une partie importante du travail que l’armée fait aujourd’hui.

Le haut fonctionnaire anonyme a été cité par Haaretz déclarant que les parties étaient en train de discuter une limite temporaire des activités de Tsahal dans toutes les villes palestiniennes, tout en donnant une responsabilité accrue aux services de sécurité palestiniens. L’entrée de l’armée dans la zone A nécessiterait l’approbation du chef du commandement central de l’armée plutôt que celle d’un commandant de division, comme c’est le cas à l’heure actuelle.

Des sources palestiniennes ont indiqué qu’une réunion supplémentaire a eu lieu dimanche avec le Maj. Gen. Yoav Mordechai, le coordinateur des activités du gouvernement dans les territoires (COGAT), et Roni Numa, le chef du Commandement central, qui représentaient Israël, avec une équipe palestinienne qui comprenait le ministre civil des Affaires étrangères Hussein El-Sheikh et Majed Faraj, chef du service général des renseignements palestiniens.

Les Palestiniens voudraient parvenir à un accord avant la réunion des pays donateurs à l’Autorité palestinienne qui se tiendra mardi à Bruxelles.

Mais le Shin Bet craint qu’une restriction des activités de Tsahal dans la zone A ne compromette les efforts visant à prévenir les attaques terroristes, selon le rapport.

Les députés de droite Naftali Bennett et Ayelet Shaked (Habayt Hyeudi), ainsi que Zeev Elkin et Gilad Erdan (Likud), sont révoltés, craignant que le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Yaalon ne prennent des décisions politiques sur les questions palestiniennes avec l’armée, et ne les présentent comme des pourparlers de sécurité au sujet des changements tactiques sur le terrain, selon le rapport.

Ni le Shin Bet, ni le bureau du Premier ministre n’ont nié l’existence du document. Le service de sécurité vient de déclarer que sa position sur les « questions politiques sensibles » a été présenté à l’échelon politique et non pas à travers les médias. Le Cabinet du Premier ministre a été cité disant que « l’armée israélienne maintient et maintiendra toujours une liberté complète d’activité dans tous les lieux en fonction des besoins opérationnels. » Il a ajouté: « Cette politique ne changera pas et continuera à l’avenir. »

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