Le site du camp de concentration de Lety bientôt débarrassé d’une porcherie
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Le site du camp de concentration de Lety bientôt débarrassé d’une porcherie

Environ 1 300 hommes, femmes et enfants rom de Bohême, alors sous domination nazie, sont passés par ce camp entre août 1942 et mai 1943

Le gouvernement tchèque est proche d’un accord sur le rachat d’une porcherie industrielle sur le site de l’ancien camp de concentration de Lety où des centaines de Roms ont péri en 1942-1943, a assuré mardi le ministre de la Culture, Daniel Herman.

L’existence de cette porcherie, bâtie sous l’ancien régime communiste, est régulièrement épinglée par les militants anti-racistes et les défenseurs des droits de l’Homme, en République tchèque et à l’étranger.

« Aucun gouvernement n’a été si proche de la solution de l’aménagement de cet endroit, respectant la piété », a indiqué M. Herman, au cours d’une commémoration à Lety, à 75 km au sud de Prague.

Selon le ministre, l’accord final avec l’actuel propriétaire de la porcherie sera obtenu encore avant la fin du mandat de l’actuel cabinet de centre-gauche, en 2017.

Environ 1 300 hommes, femmes et enfants rom de Bohême, alors sous domination nazie, sont passés entre août 1942 et mai 1943 par le camp de Lety.

Pour la plupart d’entre eux, il a été la dernière étape avant les chambres à gaz d’Auschwitz-Birkenau. Près de 330 Roms, dont au moins 241 enfants, y sont morts, notamment du typhus.

La société privée Agpi, actuel propriétaire de la porcherie, ne s’oppose pas au déplacement, à condition que l’Etat lui offre une compensation adéquate.

Selon Jan Cech, directeur d’Agpi, les efforts de l’actuel gouvernement en vue de trouver une solution à ce dossier épineux sont « beaucoup plus intenses » que ceux des cabinets précédents.

« Il est triste que les communistes aient bâti une porcherie sur un lieu de l’holocauste rom. Mais ce qui est encore pire, c’est qu’elle soit toujours là, même après 27 années de démocratie », a quant à lui déclaré devant la presse à Prague l’activiste rom, Jozef Miker.

Durant la nuit du 2 au 3 août 1944, trois mille Roms ont été conduits aux chambres à gaz au camp nazi d’Auschwitz-Birkenau où périrent quelque 20.000 déportés roms, originaires de 14 pays d’Europe.

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