Mort du spécialiste de l’antisémitisme Robert Wistrich
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Mort du spécialiste de l’antisémitisme Robert Wistrich

L'auteur prolifique, qui a souvent mis en garde contre la résurgence de l'antisémitisme, a succombé à une crise cardiaque à l'âge de 70 ans

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le Professeur Robert S. Wistrich (Capture d'écran: YouTube)
Le Professeur Robert S. Wistrich (Capture d'écran: YouTube)

Robert Wistrich, l’un des plus grands spécialistes au monde de l’antisémitisme, est décédé mardi en fin de soirée, suite à une crise cardiaque à Rome, où il devait s’exprimer devant le Sénat italien à propos de la résurgence de l’antisémitisme en Europe.

Wistrich, âgé de 70 ans, était le professeur de la chaire Neuburger d’histoire européenne et juive à l’université hébraïque de Jérusalem et dirigeait le Centre International Vidal Sassoon de l’université pour l’étude de l’antisémitisme.

Au cours de sa carrière, Wistrich a édité et publié des dizaines de livres sur le sort des Juifs et leur traitement par les autres nations.

Parmi ses travaux remarquables figure l’ouvrage « Les Juifs de Vienne à l’époque de François-Joseph », publié en 1989, qui a remporté le prix de l’Etat autrichien pour l’Histoire. Deux ans plus tard, il a publié « L’antisémitisme : la haine la plus longue », qui a plus tard servi de base à un documentaire télévisé américano-britannique de trois heures sur l’antisémitisme.

Son livre « Une Obsession mortelle : l’antisémitisme – De l’Antiquité au Djihad mondial », publié en 2010, a reçu le prix du meilleur livre de l’année par le Journal pour l’étude de l’Antisémitisme basé à New York.

En 2014 Wistrich a crée une exposition intitulée « Le peuple, le livre, la terre : une relation de 3 500 ans entre le peuple juif et la Terre d’Israël, » qui devait se tenir au siège de l’UNESCO à Paris puis a été annulée sous la pression des nations arabes.

À l’époque, Wistrich avait déclaré que l’annulation avait « complètement détruit toute prétention de l’UNESCO à représenter les valeurs universelles de tolérance, de compréhension mutuelle, de respect de l’autre et de narratifs qui sont différents, de dialogue avec les organisations de la société civile et de l’importance de l’éducation. Parce qu’il y a une norme pour les Juifs, et il y a une autre norme pour les non-Juifs, surtout s’ils sont Arabes, mais pas seulement. ».

L’exposition a finalement ouvert six mois plus tard, après que l’expression « Terre d’Israël » dans le titre a été remplacée par Terre Sainte ».

Robert Wistrich (Photo: Autorisation)
Robert Wistrich (Photo: Autorisation)

En juillet 2014, Wistrich a été invité à participer à une séance d’urgence de la Knesset sur la hausse des actes antisémites et anti-israéliens violents en Europe, au cours de laquelle il a averti que « nous sommes entrés dans une nouvelle ère, très difficile dans toute l’Europe ».

Wistrich est né le 7 avril 1945 à Lengerdans, en République socialiste soviétique kazakhe.

Ses parents avaient fui l’antisémitisme de la Pologne quelques années plus tôt, mais avaient rencontré une animosité similaire en Union soviétique, où son père avait été arrêté deux fois par la police secrète.

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la famille est retournée en Pologne, mais a trouvé insupportable la haine persistante envers les Juifs et s’est donc installée en France puis en Angleterre.

À l’âge de 17 ans, Wistrich a obtenu une bourse ouverte d’histoire au Queens’College de Cambridge, où il a finalement obtenu son diplôme de maîtrise en 1969, suivi d’un doctorat à l’Université de Londres en 1974. Au cours de ses années universitaires, il a fondé une revue de littérature et d’art.

Entre 1974 et 1980, il a travaillé comme directeur de recherche à l’Institute of Contemporary History et à la Wiener Library, et a ensuite été nommé chercheur de l’Académie britannique.

En 1982, il a été titularisé à l’université hébraïque de Jérusalem.

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