Le succès à grande vitesse pour le premier conducteur israélien de la NASCAR
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'Je vais écrire une page de l'histoire pour moi et pour mon pays, Israël'

Le succès à grande vitesse pour le premier conducteur israélien de la NASCAR

Alon Day, qui fera ses débuts lors des Monster Energy Cup Series de la NASCAR dimanche, a grandi dans un environnement sans circuit de course

Alon Day, pilote d'une chevrolet sponsorisée par  FLwaterfront.com et qui porte le numéro 71, pose lors des  Camping World Truck Series UNOH 175 sur le circuit automobile du  New Hampshire le 23 septembre 2016 à Loudon, dans le New Hampshire. (Crédit : Chris Trotman/NASCAR via Getty Images/JTA)
Alon Day, pilote d'une chevrolet sponsorisée par FLwaterfront.com et qui porte le numéro 71, pose lors des Camping World Truck Series UNOH 175 sur le circuit automobile du New Hampshire le 23 septembre 2016 à Loudon, dans le New Hampshire. (Crédit : Chris Trotman/NASCAR via Getty Images/JTA)

JTA — L’ascension du pilote de course Alon Day aux plus hauts rangs de la NASCAR aura été marquée par plusieurs virages assez surprenants.

Voici l’un d’eux : Cet homme de 25 ans aura fait la majorité de sa formation sur des simulateurs, via des écrans d’ordinateur. Ceci parce qu’Israël ne possédait pas de circuit de course automobile jusqu’à cette année.

Et dimanche, il deviendra le premier Israélien à s’élancer aux Monster Energy Cup Series de la NASCAR — la plus importante ligue de compétition de ce sport – lorsqu’il prendra les commandes de la voiture numéro 23 pour l’équipe BK Racing sur le circuit de Soloma, dans le sud de la Californie.

Et encore une autre anormalité : Tandis que la NASCAR a tenté de diversifier son pôle de compétiteurs, les conducteurs et les fans de ce sport restent majoritairement blancs et chrétiens – à un niveau même parfois controversé.

Day, en comparaison, affiche avec fierté ses identités israélienne et juive. La voiture qu’il pilotera dimanche arborera des autocollants représentant le drapeau israélien et il portera également des étoiles de David sur le bras gauche de sa combinaison et sur sa ceinture.

Il a déjà dans le passé conduit un véhicule qui était orné d’un autocollant de l’ADL (Anti-Defamation League)- et ce même si l’organisation n’était pas l’un de ses sponsors officiels.

 Alon Day, conducteur de la Toyota numéro #23 sponsorisée par EarthWater, rentre dans sa voiture durant un entraînement en vue de la course Monster Energy Cup Series Toyota/Save Mart 350 de la NASCAR sur le circuit de Sonoma, le 23 juin 2017 à Sonoma, en Californie. (Crédot : Jared C. Tilton/Getty Images/AFP)
Alon Day, conducteur de la Toyota numéro #23, sponsorisée par EarthWater, rentre dans sa voiture durant un entraînement en vue de la course Monster Energy Cup Series Toyota/Save Mart 350 de la NASCAR sur le circuit de Sonoma, le 23 juin 2017 à Sonoma, en Californie. (Crédot : Jared C. Tilton/Getty Images/AFP)

Cette performance est vraiment remarquable dans la mesure où on ignore même si un conducteur juif était jamais parvenu au plus haut-niveau de cette compétition.

Day, s’adressant à JTA depuis un taxi à la descente du vol qui l’a amené en Californie jeudi, a pleinement conscience de l’improbabilité de son histoire – une histoire qui implique des karts, des jeux-vidéos par dizaines et un avocat en Floride bien déterminé à faire entrer un conducteur juif à la NASCAR.

« Je vais créer une page de l’histoire pour moi-même et pour mon pays, Israël », a commenté ce résident de Tel Aviv.

 Alon Day, conducteur de la voiture numéro 40parrainée par FL Waterfront.com Dodge , assis aux côtés de son véhicule durant les qualifications NASCAR XFINITY, lors de la 4ème édition annuelle du Mid-Ohio Challenge, le 12 août 2016 à Lexington, dans l'Ohio. (Crédit : Jonathan Moore/Getty Images via JTA)
Alon Day, conducteur de la voiture numéro 40 parrainée par FL Waterfront.com Dodge , assis aux côtés de son véhicule durant les qualifications NASCAR XFINITY, lors de la 4ème édition annuelle du Mid-Ohio Challenge, le 12 août 2016 à Lexington, dans l’Ohio. (Crédit : Jonathan Moore/Getty Images via JTA)

Day a grandi à Ashdod, où il a entendu parler de la NASCAR en jouant à des jeux vidéos comme Grand Prix Legends. Le sport automobile n’a jamais connu une grande popularité en Israël, en partie en raison de l’ancienne loi datant de l’époque du mandat britannique (remontant à la période durant laquelle les Britanniques gouvernaient la Palestine) et qui interdisait tous véhicules servant autrement que pour faire des déplacements et qui a été abandonnée seulement récemment.

Jeune adolescent, Day est devenu le champion de la seule ligue semi-professionnelle de sport automobile existant au sein de l’état juif : celle de kart. Son père, réalisant le potentiel de son fils, l’a envoyé participer à des compétitions en Europe. Il a commencé à courir sur des circuits de Formule trois, suivant la trajectoire logique pour parvenir en Formule Un – l’une des plus importantes lignes de sport de course automobile du monde.

Mais il y a environ deux ans, Day a décidé de changer de voie -sans vouloir faire de jeu de mots. Il a donc décidé d’abandonner la cabine de pilotage ouverte de la Formule un pour rejoindre les ‘stock cars’ – ces voitures ordinaires modifiées pour courir dans la NASCAR.

Une décision majoritairement commerciale – le monde des courses automobile est dirigé par des sponsors. Dans la mesure où les liens commerciaux d’Israël sont bien plus forts avec les Etats-Unis qu’avec l’Europe, Day a reconnu qu’il avait plus de chance d’être parrainé en arpentant les circuits de la NASCAR.

« C’est véritablement plus facile pour moi d’être parrainé ici, aux Etats-Unis, qu’en Europe », a-t-il dit.

 Alon Day,conducteur du véhicule numéro #23 de type earthwater Toyota, devant sa voiture  durant un entraînement en vue de la course   Monster Energy Cup Series Toyota/Save Mart 350 de la NASCAR sur le circuit de Sonoma, le 23 juin 2017 à Sonoma, en Californie. (Crédit : Jared C. Tilton/Getty Images/AFP)
Alon Day,conducteur du véhicule numéro #23 de type earthwater Toyota, devant sa voiture durant un entraînement en vue de la course Monster Energy Cup Series Toyota/Save Mart 350 de la NASCAR sur le circuit de Sonoma, le 23 juin 2017 à Sonoma, en Californie. (Crédit : Jared C. Tilton/Getty Images/AFP)

Profitant de sa nouvelle popularité f en Europe et aux Etats-Unis – il a concouru pendant une saison entière en sous-ligue de l’Indy 500, la version américaine de la Formule Un – Day a été sélectionné au début de l’année dernière pour participer ‘Next program 2016-17’ de la NASCAR qui met en avant les jeunes coureurs à l’avenir prometteur.

C’est à peu près à ce moment-là que Phil Robertson, membre controversé du clan « Duck Dynasty », a prononcé un discours – qui aura fait sourciller de nombreuses personnes – avant une course de la NASCAR organisée à Forth Worth, au Texas.

« Bien le Texas, on est arrivés là grâce à la Bible et aux armes à feu, et je vais prier celui qui a rendu tout cela possible », avait dit Robertson. « Je prie le Père que nous mettions un disciple de Jésus à la Maison Blanche ».

La prière d’avant-course de Robertson n’était pas bien passée auprès de David Levin, avocat juif originaire de Floride et fan de longue date de la NASCAR. Levin venait d’entrer dans le monde des parrainages de la NASCAR et la rhétorique de la star de télé-réalité a déclenché chez lui une motivation supplémentaire pour réaliser quelque chose qu’il souhaitait faire depuis longtemps : Trouver et aider un pilote juif à pénétrer dans le plus haut circuit de la de la NASCAR.

Ce qui, selon Day, a répondu à un calendrier parfait.

« Cela a été une sorte de karma », a-t-il dit.

Depuis lors, Levin a levé des sommes significatives pour soutenir Day — Il a même enrôlé pour cela un ancien joueur de la NFL. Les pilotes ont besoin de sponsors pour couvrir les coûts de carburant, d’une équipe d’assistance et pour payer les matériels nécessaires ainsi que les salaires pour le conducteur et son manager. En retour, les sponsors posent les autocollants de leurs logos sur le véhicule du pilote. Sur le cours d’une saison entière, un autocollant peut coûter la somme de plus d’un million de dollars.

« Je ne sais vraiment pas comment il fait, mais c’est magique », s’exclame Day. « Et moi, je conduis la voiture ».

Selon les résultats obtenus lors de la course de Sonoma – et si Levin peut continuer à exercer sa « magie » — Day a estimé que son objectif était de concourir lors de la prochaine course des Cup Series à Watkins Glen, à l’ouest de New York, au mois d’août.

Et pendant ce temps, Day commence à être reconnu en Israël, où il a reçu le prix d’Athlète de l’année en 2016, un prix décerné par le ministère de la Culture et des Sports. Il a évoqué le tout nouveau circuit automobile qui vient d’ouvrir ses portes à Arad, ainsi qu’un article qui lui a été consacré dans Yediot Aharonoth, l’un des plus importants quotidiens d’Israël, affirmant que c’est le signe que le sport automobile connaît un tout nouvel essor au sein de l’Etat juif.

Alon Day, pilote de la earthwater Toyota numéro 23, and Ryan Newman, conducteur de la Chevrolet Accessories numéro 31, durant leur entraînement en vue de la course  Monster Energy Cup Series Toyota/Save Mart 350 de la NASCAR sur le circuit de Sonoma, le 23 juin 2017 à Sonoma, en Californie.  (Crédit : Sarah Crabill/Getty Images/AFP)
Alon Day, pilote de la earthwater Toyota numéro 23, and Ryan Newman, conducteur de la Chevrolet Accessories numéro 31, durant leur entraînement en vue de la course Monster Energy Cup Series Toyota/Save Mart 350 de la NASCAR sur le circuit de Sonoma, le 23 juin 2017 à Sonoma, en Californie. (Crédit : Sarah Crabill/Getty Images/AFP)

Day lui-même contribue à la visibilité en hausse du sport automobile en Israël. En plus de sa célébrité naissante, il a ouvert une salle de préparation à la course à Tel Aviv aux côtés d’un vieil ami du milieu du kart. Cette salle permet d’utiliser des simulateurs de conduite – qui sont finalement des versions plus high-tech des jeux vidéos. Le lieu s’est transformé en une école accueillant des élèves de tous les âges qui, avec Day, apprennent ce qu’est la course automobile ainsi que les situations difficiles qu’un conducteur de véhicule peut rencontrer sur des routes ordinaires.

Lorsqu’il n’est pas à l’étranger pour courir, Day passe typiquement trois à quatre heures par jour à s’entraîner sur les circuits proposés sur les simulateurs de course.

« J’ai 25 ans maintenant mais j’utilise encore les simulateurs comme si j’en avais dix », a-t-il dit en s’esclaffant.

Day a indiqué fêter les fêtes juifs, réciter la bénédiction du Kiddoush sur le vin le vendredi soir et éprouver de la fierté lorsqu’il évoque son service militaire dans l’armée israélienne. Même s’il reste une ‘anormalité’ dans le monde blanc et chrétien de la NASCAR, il a souligné qu’un grand nombre de fans de stock-cars – dont certains sont des Chrétiens évangéliques – sont de fervents soutiens d’Israël, ce qui l’a aidé à se sentir à l’aise aux Etats-Unis.

« Je pense qu’ils aiment voir quelqu’un qui n’a pas cet accent du sud, qui n’arbore pas le drapeau américain [sur la voiture ] … qui ne croit pas en Jésus », a-t-il dit. « J’ai eu des tonnes de médias parce que je suis différent ».

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