« Le temps est venu » de « respecter Israël ». « Oui, mais… »
Israël est devenu, depuis les massacres du 7-Octobre, une nation meurtrie en post-trauma qui doit se défendre à tout prix devant le tsunami de haine qui l'assaille
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Lors de la dernière Assemblée générale de l’ONU, le président français Emmanuel Macron a prononcé un discours visant à présenter sa vision de la paix au Moyen-Orient, insistant pour noter que « le temps de la paix était venu » et passant sous silence toutes les propositions de paix précédentes rejetées par les Palestiniens. Lors de cette même assemblée onusienne, le président de l’Indonésie, le pays musulman le plus peuplé de la planète, a pour sa part exhorté les pays du monde entier à enfin « respecter Israël ».
Or, cette initiative française menée aux côtés des Saoudiens n’a pas fait l’unanimité et a été éclipsée de fait par le plan de paix défendu par Donald Trump quelques jours plus tard. Lundi 29 septembre, le président américain, aux côtés du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a en effet annoncé un plan, qui selon lui, a reçu un soutien inédit de toutes les parties. Le Hamas a indiqué, dans la nuit de vendredi à samedi 4 octobre, être « favorable » à la libération de tous les otages mais est – encore – resté silencieux sur l’abandon des armes et l’exil de ses représentants, recourant à sa tactique habituelle du « Oui, mais… ». Ce n’est clairement pas la première fois que le groupe terroriste fait ce genre d’annonce, mais c’est la première fois qu’Israël a accepté d’interrompre les combats à Gaza. Une erreur, a déploré sans surprise le ministre Bezalel Smotrich, alors qu’Itamar Ben Gvir menace de quitter le gouvernement si le Hamas venait encore à exister après le retour tant attendu des otages.
Cela fait maintenant plus de deux ans que notre monde a été bouleversé à jamais. Les massacres sadiques, lâchement perpétrés le 7 octobre 2023 par une horde de terroristes aidés de civils palestiniens de Gaza, étaient loin d’être les premiers depuis qu’un foyer juif a vu le jour dans cette région instable. Et la haine qui a jailli depuis à l’encontre des Juifs et d’Israël a prouvé la nécessité de l’existence d’un foyer juif dans le monde.
Deux ans après ces attaques, à l’heure de l’écriture de ces lignes, il y a encore des gens innocents qui croupissent dans des tunnels du Hamas creusés à des dizaines de mètres de profondeur. Imaginez leur attente, celle de leur proches, la nôtre. Sans fin ? Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent en effet toujours 47 des 251 otages sauvagement enlevés le 7 octobre 2023. Et le Hamas n’a toujours pas rendu la dépouille du soldat Hadar Goldin, enlevée lors d’un cessez-le-feu durant l’opération Bordure protectrice en 2014.
Tant que les otages ne seront pas tous revenus, le peuple israélien ne pourra pas passer au 8 octobre. Tant que les citoyens déplacés à l’intérieur du pays ne pourront pas retourner chez eux sans craindre un autre pogrom, le peuple israélien ne pourra pas passer au 8 octobre. Tant que le Hamas arrivera à se reconstituer dans la bande de Gaza, le peuple israélien ne pourra pas passer au 8 octobre.
Il n’y a pas un seul jour où l’on ne pense pas aux plus de 1 200 victimes qui ont péri ce jour-là dans d’atroces souffrances – inhumaines, littéralement – : des festivaliers venus danser et faire la fête jusqu’à ces heures funestes, des kibboutzinikim pacifiques rassemblés avec leur famille élargie pour fêter Simhat Torah, de très jeunes soldats dont pour certains le service allait bientôt s’achever et qui allaient entreprendre leur fameux long périple à l’étranger avant de rentrer à la maison pour commencer à étudier.
Des vies innocentes arrachées, des destins brisés, des mondes entiers à jamais anéantis. Une psychologue israélienne a parlé d’une « invasion de la maison, individuelle et collective » inédite. Autre difficulté : il ne s’agit pas « d’un traumatisme qui est terminé, mais d’un événement dont les complications ne font qu’empirer », détaille la même psychologue, avec les annonces récurrentes de la mort d’otages ou de (trop) jeunes soldats au combat. 913 militaires et 70 policiers israéliens ont perdu la vie depuis le 7-Octobre.
Quant au pays, il demeure profondément divisé sur des questions fondamentales : la conscription des Haredim et leur autonomie au sein de la société israélienne ainsi que l’indépendance du pouvoir judiciaire.
Et cette peur lancinante devant cette guerre qui s’enlise face à un ennemi qui n’a rien à gagner à part semer la mort auprès des siens, au nom de cette sinistre et macabre stratégie ô combien exploitée et absolument incomprise par une myriade d’idiots utiles dispersés à travers le monde qui scandent des appels au meurtre en hurlant « Intifada » ou d’autres slogans vides de sens car lancés par des influenceurs tout aussi instrumentalisés, qui s’affirment experts et dont la plupart des médias se targuent de rapporter les propos à longueur de journée pour faire le buzz.
Et comment ignorer toutes ces formes d’antisémitisme que le séisme du 7-Octobre a provoqué à travers le monde, que ce soit dans des petits patelins ou des grandes capitales européennes : quand des synagogues sont prises pour cibles en plein Yom Kippour et que des fidèles en prière sont assassinés ; quand des Juifs se font agresser en pleine rue sous les yeux de leurs jeunes enfants ; quand des étudiants juifs se sentent en insécurité dans leurs universités ; quand l’existence d’Israël est bafouée et constamment remise en cause au nom d’un « colonialisme », d’un « génocide » ou d’un « apartheid » ; quand l’histoire de la région est de toute évidence méconnue ou falsifiée ; quand le terrorisme devient de la « résistance »…
Les appels au meurtre font écho aux très nombreux appels au boycott d’Israël sous forme de lettres signées par des milliers de « stars » du cinéma et de la musique, de pétitions ou de pin’s aux mains ensanglantées arborées fièrement lors d’événements très médiatisés. (Les mains ensanglantées sont un symbole très controversé en Israël, qui fait notamment référence aux Palestiniens qui ont fièrement lynché Yosef Avrahami et Vadim Norzhich, deux réservistes israéliens qui s’étaient égarés le 12 octobre 2000 à Ramallah. Les assassins les ont massacrés à mains nues avant de danser sur leurs corps mutilés, pendus et brûlés devant une foule de Palestiniens qui les encourageaient. Une photo d’un de ces Palestiniens avec les mains ensanglantées est restée depuis dans les mémoires.)
Tout le monde s’y met, même le chanteur de Coldplay qui a eu la gentillesse de souligner lors d’un concert à Londres, qu’il « considère [les Israéliens] comme des êtres humains égaux sur cette Terre ». Les enfants de Chris Martin, Apple et Moses, sont Juifs… Ou bien ces athlètes, qui ne serrent pas la main à leurs adversaires israéliens, ou qui réclament la suspension d’Israël des compétitions sportives, ou encore ces militants qui interrompent la Vuelta sous les applaudissements du Premier ministre espagnol.
Des instances de l’ONU et ses « experts » vont jusqu’à décréter un « génocide » et une « famine » à Gaza alors que même son secrétaire général, qui n’est pas très connu pour ses positions pro-Israël, refuse d’utiliser le terme de « génocide » qui s’est hélas complètement banalisé.
Même nos alliés les plus proches commencent à brandir la menace de sanctions ou se mettent à reconnaître à tour de bras l’État de Palestine tel un coup de baguette magique pour répandre de la poudre de perlimpinpin… à leurs électeurs et assouvir une envie irrépressible d’exercer uniquement la pression sur Israël mais à aucun moment sur le Hamas ou ses partisans officiels et officieux – comme le Qatar par exemple, « pays médiateur » qui exige des excuses publiques à Israël après que ce dernier a visé des cadres terroristes du Hamas vivant en toute impunité dans sa capitale.
Il y a eu quand même des événements positifs pour Israël et la région : la mort des instigateurs du 7-Octobre, de Hassan Nasrallah au Liban ; la fuite d’Assad de Syrie, ouvrant la voix à une possible paix avec ces voisins du nord bien que le Hezbollah refuse aussi de déposer les armes et que le successeur très controversé du dictateur ne semble pas concerné par les massacres des citoyens issus des minorités druze ou chrétienne ; le ralentissement à vitesse grand V du programme nucléaire iranien bien que la guerre dite des Douze jours ait semé le chaos en Israël au rythme des incessants aller-retour dans les mamad. 31 Israéliens ont été tués et plus de 3 000 autres ont été blessés ; des dégâts importants ont été causés notamment à l’Institut Weizmann des sciences à Rehovot, à la raffinerie de pétrole Bazan, dans la baie de Haïfa, et à l’hôpital Soroka à Beer Sheva.
Que faire alors pour qu’il n’y ait plus de familles brisées, de frères et sœurs orphelins, de parents privés à jamais de leurs enfants, de blessés de guerre, de Yom HaZikaron indescriptibles tellement la douleur vous assaille, sans parler des flammes qui ont ravagé cette année à plus de cent endroits la région des montagnes de Judée ?
« Nos blessures ne sont pas encore totalement guéries parce qu’elles sont toujours présentes. Parce que des otages sont toujours torturés, exécutés et qu’ils meurent en captivité », avait déclaré l’an dernier le président israélien, Isaac Herzog. Sans mentionner les trop nombreuses victimes d’attaques terroristes perpétrées depuis et saluées, à chaque fois, telles des actes héroïques, par le Hamas.
Espérons que cette fois ce sera la bonne, que ces fêtes de Souccot nous apporteront de l’espérance pour repenser l’avenir, et qu’on arrêtera de devoir écrire dans chaque article consacré à cette guerre éprouvante : « les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 47 des 251 otages sauvagement enlevés le 7-Octobre. Et le Hamas n’a toujours pas rendu la dépouille du soldat Hadar Goldin, enlevée en 2014. »
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