Le terroriste Barghouti défiera Abbas au Parlement: Demain les présidentielles ?
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Le terroriste Barghouti défiera Abbas au Parlement: Demain les présidentielles ?

Le poids-lourd du Fatah purge actuellement cinq peines de prison à vie pour des attentats terroristes ; sa liste pourrait s'imposer face à de nombreux candidats d'Abbas

Un enfant palestinien devant une fresque du leader palestinien Marwan Barghouti au checkpoint de Kalandia entre la ville de Ramallah, en Cisjordanie, et Jérusalem. (Crédit : Kobi Gideon/Flash 90)
Un enfant palestinien devant une fresque du leader palestinien Marwan Barghouti au checkpoint de Kalandia entre la ville de Ramallah, en Cisjordanie, et Jérusalem. (Crédit : Kobi Gideon/Flash 90)

Le terroriste prisonnier palestinien Marwan Barghouti, qui a été condamné par un tribunal israélien pour participé à plusieurs attentats terroristes, a décidé de présenter sa propre liste de candidats lors des prochaines élections, lançant ainsi un défi à la liste officielle du Fatah de Mahmoud Abbas, ont déclaré des proches de Barghouti dans la soirée de mardi.

« Cette décision a été prise après que Marwan Barghouti a eu confirmation de ce que le mouvement du Fatah ne s’était pas conformé à ce qui avait été convenu pour le choix des noms sur la liste du parti », a dit le frère de Barghouti, Muqbil, devant les caméras d’al-Araby TV, une chaîne du Qatar.

La décision prise par Barghouti de mettre en place une liste indépendante survient un jour avant la date-butoir déterminée pour soumettre auprès de la Commission palestinienne ad-hoc la liste des candidats lors des prochaines élections législatives. Cela ferait des mois qu’il réfléchirait à cette option.

Les responsables de Ramallah avaient présumé que Barghouti ne se présenterait pas lui-même lors du scrutin, se concentrant fermement sur le vote présidentiel qui devrait suivre. Il n’a néanmoins fait aucune déclaration sur le sujet jusqu’à présent.

Selon les sondages d’opinion, le leader vieillissant de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas – qui serait le candidat désigné de son parti du Fatah – perdrait probablement dans un vote dans lequel il affronterait Barghouti.

Abbas avait émis, à la mi-janvier, un décret ordonnant la tenue du tout premier scrutin national palestinien depuis plus de 15 ans. Si Abbas était revenu, dans le passé, sur ses promesses d’organiser des élections à plusieurs reprises, les Palestiniens devraient, cette fois-ci, pouvoir réellement se rendre aux urnes.

Un Palestinien devant une affiche montrant le portrait du leader du Fatah emprisonné Marwan Barghouti, pendant un rassemblement organisé lors de la Journée des prisonniers à Gaza City, le 17 avril 2016. (Crédit : AFP PHOTO/MAHMUD HAMS)

Les élections législatives palestiniennes auront lieu en date du 22 mai, tandis que le vote présidentiel est organisé le 31 juillet.

Environ 25 groupes palestiniens se sont inscrits auprès de la commission centrale des élections palestiniennes, notamment le groupe terroriste du Hamas et l’adversaire d’Abbas dorénavant en exil, Mohammad Dahlan.

Barghouti a été condamné par Israël pour avoir orchestré plusieurs attentats terroristes au cours de la Seconde Intifada et il purge actuellement de multiples pleines de prison à vie au sein de l’État juif. Toutefois, il reste très populaire parmi les Palestiniens, un grand nombre d’entre eux le considérant comme un symbole de la résistance exempt de corruption.

Un sondage récent a déterminé que si Barghouti devait fonder une faction politique autonome et dissidente au sein du Fatah, ses candidats l’emporteraient face au bloc d’Abbas : 28 % des personnes interrogées se sont prononcées en faveur de la liste de Barghouti contre 22 % en faveur de la liste d’Abbas.

De nombreux Palestiniens établissent des comparaisons défavorables à Abbas entre Barghouti et le leader de l’Autorité palestinienne, aujourd’hui âgé de 86 ans. L’Autorité palestinienne est considérée comme corrompue et inefficace par un grand nombre de Palestiniens ; les autorités de Ramallah sont aussi régulièrement mises en cause pour le travail de coordination effectué avec l’État juif. Les enquêtes d’opinion révèlent qu’une majorité de Palestiniens réclame qu’Abbas présente sa démission.

Dans un courrier écrit en 2014 depuis sa cellule, Barghouti avait dit que les Palestiniens devaient apporter leur soutien à « la résistance totale et au fusil ».

« Il faut réexaminer le choix de la résistance comme étant la voie la plus courte qui permettra de mettre un terme à l’occupation et de retrouver la liberté », avait écrit Barghouti.

Le Fatah a tardé à soumettre sa propre liste de candidats mais les responsables ont fait savoir qu’ils avaient l’intention de la transmettre à la Commission avant la date-limite de mercredi.

Barghouti avait été élu comme membre du Fatah à la Commission législative palestinienne en 1996. Il avait annoncé se présenter en tant qu’indépendant à la présidentielle de 2005, retirant ultérieurement sa candidature. Ce retrait avait été également dû à des pressions exercées par les officiels, au nom de l’unité du parti.

Barghouti avait lancé des candidatures indépendantes, dans le passé, tentant d’exercer des pressions sur les autorités de Ramallah. Il était revenu ensuite au sein du Fatah une fois que ses demandes avaient été finalement prises en compte.

Pendant les élections législatives de 2006, Barghouti avait brièvement lancé une formation dissidente du Fatah connue sous le nom d’al-Mustaqbal. La liste du parti comprenait l’ancien législateur palestinien Qaddura Fares, le secrétaire-général du Fatah Jibril Rajoub et Dahlan.

Le parti avait finalement réintégré pleinement le Fatah avait le scrutin, après l’accord donné par ce dernier de réexaminer la liste des candidats, de manière à ce que les proches de Barghouti puissent être placés dans des positions de pouvoir.

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