Le tombeau des Maccabées garde son mystère
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Le tombeau des Maccabées garde son mystère

Les textes anciens décrivent le tombeau des Maccabées comme une impressionnante structure de pierre édifiée à Modiin

The site known as the "Maccabees' graves" contains pagan or Christian graves hewed into bedrock centuries after the time of the Maccabees (photo credit: Matti Friedman/Times of Israel)
The site known as the "Maccabees' graves" contains pagan or Christian graves hewed into bedrock centuries after the time of the Maccabees (photo credit: Matti Friedman/Times of Israel)

L’énigme du tombeau perdu des Maccabées, site ancien qui stimule les imaginations depuis le 19e siècle, reste entière malgré une récente campagne de fouilles sur le site israélien où on le situe communément, ont indiqué des archéologues israéliens lundi.

Les autorités archéologiques israéliennes ont dégagé en août près de Modiin, au nord-ouest de Jérusalem, un site déjà fouillé par le passé pour savoir, « une fois pour toutes », si c’est l’endroit où se dressait le tombeau des Maccabées, monument présumé parmi les plus remarquables de l’ancienne Judée, a dit sur place l’un des responsables des excavations, Amit Reem.

Le lieu est tellement associé à la famille qui conduisit la révolte juive contre la dynastie grecque des Séleucides au 2e siècle av. J.-C. que les panneaux qui y mènent indiquent « tombes des Maccabées ».

« Nous avons là une construction rare et unique, a dit Amit Reem. Mais nous n’avons pas trouvé la preuve irréfutable qui permettrait de dire qu’il s’agit à coup sûr des tombes des Maccabées ».

Les textes anciens décrivent le tombeau des Maccabées comme une impressionnante structure de pierre édifiée à Modiin, ceinte de colonnes, surmontée de toits pyramidaux, et visible de la Méditerranée.

Des érudits et des explorateurs se sont lancés au 19e siècle à la recherche du mausolée. Le site de l’ancienne Modiin est perdu. Mais leurs informations les a conduits sur le site de Horbat Ha-Gardi, non loin de la moderne Modiin.

Là furent exposés les restes d’une imposante construction. Pour les inventeurs, il ne faisait aucun doute qu’ils étaient en présence du tombeau. Leur espoir s’est dissipé quand l’archéologue français Charles Simon Clermont-Ganneau a découvert en 1871 des pavements en mosaïque ornés d’une croix chrétienne.

L’endroit a alors « sombré dans l’oubli » jusqu’à que les autorités archéologiques israéliennes décident de percer le mystère en reprenant les fouilles avec des moyens modernes. Amit Reem n’a pas caché l’intérêt national des recherches.

La révolte des Maccabées conduisit à la prise de Jérusalem, au rétablissement du culte juif au Temple et à la dynastie des Hasmonéens qui gouverna la Judée jusqu’environ 40 av. J.-C. Le retour au rituel juif à l’intérieur du Temple est commémoré par l’une des importantes fêtes juives, Hanouka.

Les fouilles récentes ont dégagé des caveaux dans lesquels devaient être placés des sarcophages, d’énormes piliers qui devaient supporter un niveau supérieur et les vestiges de bâtiments annexes. Elles ont exhumé « beaucoup de questions, mais aucune preuve », dit un autre directeur de fouilles, Dan Schachar.

Les deux chercheurs relèvent cependant que l’édifice chrétien a pu être élevé sur les lieux où les chrétiens situaient eux-mêmes le tombeau des Maccabées. Les Maccabées sont révérés par les chrétiens comme des « proto-martyrs », dit Amit Reem, et la croix est « un indice que des personnes uniques avaient été enterrées ici ».

Le site est bien plus vaste que ce qui a été mis au jour, et « peut-être la preuve irréfutable attend-elle d’être exhumée, à quelques mètres de nous », dit-il.

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