Le tribunal s’apprête à statuer sur la libération anticipée du rabbin Pinto
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Le tribunal s’apprête à statuer sur la libération anticipée du rabbin Pinto

Le parquet annonce que la décision de la commission des libérations conditionnelles a échoué à faire peser les faits en faveur de la libération de Yoshiyahu Pinto

Le rabbin Yoshiyahu Pinto, au centre, à la cour suprême de Jérusalem, le 16 novembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le rabbin Yoshiyahu Pinto, au centre, à la cour suprême de Jérusalem, le 16 novembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le tribunal devait statuer lundi entre valider la décision de la commission des libérations conditionnelles et libérer le célèbre rabbin Yoshiyahu Pinto trois mois avant la fin de sa peine ou consentir à l’appel du parquet et le laisser terminer sa peine d’un an en prison pour corruption d’un officier de police.

Il y a une semaine, la commission des libérations conditionnelles a décidé de libérer Pinto de Niztan, la prison où il est incarcéré à Ramleh dans le centre d’Israël, stipulant que la santé fragile du prisonnier – il souffre d’un cancer – était la raison principale du feu vert de sa libération anticipée.

Les conditions requises étaient que Pinto remplisse les exigences des autorités de réhabilitation, participe à la thérapie de groupe pour délinquants fraudeurs et reste assigné à domicile entre 22h00 et 6 heures du matin.

Pinto devait être libéré dimanche, mais la décision a été repoussée suite au verdict de la cour d’appel, a rapporté le site d’informations Ynet.

Vendredi, les procureurs ont statué devant la cour, que la commission des libérations conditionnelles n’avait pas suffisamment de preuves en sa faveur au regard de la gravité du délit et de la teneur du contenu d’informations confidentielles fournies ainsi qu’à la façon dont Pinto avait relaté les faits et l’analyse de ces informations par la police et leurs implications.

Selon la radio publique israélienne, Pinto a déclaré à la commission de remise en liberté qu’il se sentait « comme un criminel » et « voulait se repentir » de ses crimes. « Je ne suis plus rabbin » avait-il dit, « j’ai utilisé ma position… je ressens des regrets et j’ai honte de moi ».

Le rabbin, largement suivi par de nombreuses personnalités, hommes d’affaires et contacts hauts placés au sein du gouvernement israélien et ailleurs dans le monde, a été condamné à une peine de prison ainsi qu’à une amende d’un million de shekels pour avoir soudoyé un haut fonctionnaire de police qui à la suite de cette affaire avait démissionné.

Ephraim Bracha arrive à la Cour suprême à Jérusalem en 2014 (Crédit photo: Hadas Parush / Flash90)
Ephraim Bracha arrive à la Cour suprême à Jérusalem en 2014 (Crédit photo: Hadas Parush / Flash90)

La famille du brigadier général Ephraïm Bracha décédé – le policier que Pinto a tenté de soudoyer et ayant rapporté les faits à ses supérieurs en terminant par mettre fin à ses jours, l’an dernier – a réagi avec horreur lundi dernier à l’annonce de la décision de la commission.

« Après que l’état ait abandonné notre cher Ephraïm lors de son vivant, il l’a abandonné à nouveau dans sa mort » ont-ils déclaré. Ils ajoutèrent que la décision envoyait un signal aux forces de police comme quoi « elles ne devraient pas signaler ce genre de propositions mais les ignorer parce qu’au final, les criminels ne seront pas punis comme il se doit ».

Pinto sera puni par la justice divine une fois arrivé au ciel, ont-ils déclaré, là où les excuses mensongères du rabbin ne lui seront d’aucun secours.

Après sa mort, le ministère de la Justice avait innocenté Bracha.

Dans son plaidoyer, Pinto a accepté de témoigner contre Menashe Arviv, l’ancien chef de l’unité de police anti-corruption, suspecté de bénéficier de privilèges de la part d’un homme d’affaires lié au rabbin.

Les avocats de Pinto ont affirmé au procureur général, qu’Arviv avait accepté certaines faveurs illégalement et avait fourni des informations secrètes en échange. Arviv a été interrogé pour la dernière fois par la police en septembre. Aucun chef d’accusation n’a été retenu contre lui.

Le scandale a forcé Arviv à se retirer pour un congé prolongé puis en février à démissionner, après 36 ans de service dans la police, tout en maintenant et clamant son innocence.

Depuis 2011 Pinto, 42 ans, qui a dirigé plusieurs associations caritatives et autres instituts d’études de Torah à Ashdod et aux Etats Unis a fait l’objet de plusieurs enquêtes menées par la police israélienne et le FBI.

Le rabbin-dont les partisans étaient également Jay Schottenstein, le président de la marque de vêtements Eagles Outfitters et le magnat de l’immobilier israélien Jacky Ben-Zacken- a été suspecté de détournement de fonds d’une association qu’il supervisait. Selon les suspicions du FBI, il faisait également l’objet d’une tentative de chantage.

En avril 2014, les procureurs fédéraux ont réuni les accusations contre le sénateur américain républicain Michael Grimm pour avoir reçu d’importantes donations de la part de partisans de Pinto.

Grimm a reconnu avoir reçu entre 250 000 et 300 000 $ de donations de la part des partisans du rabbin

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