Leah Goldin déplore la différence de traitement entre son fils et Naama Issachar
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Leah Goldin déplore la différence de traitement entre son fils et Naama Issachar

La mère du soldat dont la dépouille est retenue à Gaza affirme que Netanyahu en a fait moins pour libérer son fils et d'autres détenus qu'il ne l'a fait pour la jeune Israélienne

Leah Goldin, à droite, la mère du soldat israélien   Hadar Goldin et Zehava Shaul, la mère du soldat israélien Oron Shaul lors d'une conférence de presse avant une réunion du cabinet aux abords de lrésidence du Premier ministre à Jérusalem, le 5 août 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Leah Goldin, à droite, la mère du soldat israélien Hadar Goldin et Zehava Shaul, la mère du soldat israélien Oron Shaul lors d'une conférence de presse avant une réunion du cabinet aux abords de lrésidence du Premier ministre à Jérusalem, le 5 août 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La mère d’un soldat dont la dépouille se trouve entre les mains du Hamas dans la bande de Gaza a accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’avoir travaillé plus dur pour libérer une jeune voyageuse israélienne qui avait été emprisonnée en Russie pour trafic de drogue, qu’il a pu le faire pour faire rapatrier le corps de son fils, tué au combat.

Cette accusation de Leah Goldin, dont le fils, Hadar Goldin, a été tué au cours de la guerre de Gaza, en 2014, a été lancée quelques jours après le déplacement très médiatisé de Netanyahu en Russie alors qu’il revenait de Washington, lors duquel il a ramené Naama Issachar en Israël après la grâce accordée à la jeune femme par le président Vladimir Poutine, à l’issue d’efforts diplomatiques intenses.

« Comment peut-il justifier d’avoir remué ciel et terre pour Naama [Issachar] – une délinquante ayant obtenu une grâce – alors qu’il ne fait rien pour faire rapatrier nos soldats ? », a-t-elle interrogé au cours d’un entretien accordé à la Douzième chaîne.

Le Hamas détiendrait les dépouilles de Goldin et d’un autre soldat israélien, Oron Shaul, qui ont été tous les deux tués au cours de l’opération Bordure protectrice.

Les négociations entreprises depuis plus de cinq ans concernant la restitution des corps et le retour de ressortissants israéliens actuellement détenus par le groupe terroriste ont échoué, malgré un niveau élevé de soutien public à cette cause.

Goldin, pour sa part, est devenue une critique de plus en plus amère de Netanyahu, ces dernières années.

Photo montage des soldats de Tsahal Oron Shaul (à gauche) et Hadar Goldin (à droite).

Issachar, 26 ans, avait été arrêtée lors d’une escale à Moscou au mois d’avril après la découverte de presque 10 grammes de marijuana dans son bagage et elle avait été condamnée à une peine de sept ans et demi de prison.

Elle a été libérée jeudi après l’intervention personnelle de Poutine – en partie à la demande de Netanyahu, qui avait sollicité un soutien du Kremlin dans le dossier et qui avait aidé à faire de cette affaire une cause célèbre.

Goldin a déclaré ne pas avoir de rancune envers Issachar.

« Je comprends sa mère, je suis heureuse pour elle et je pleure de joie avec elle. Mais mon cœur reste triste parce que mon fils a été envoyé à Gaza par Netanyahu et que cela fait 2 000 jours qu’il s’y trouve », a-t-elle ajouté.

Naama Issachar saluée par Sara Netanyahu, entourée de sa mère Yaffa et du Premier ministre Benjamin Netanyahu à l’aéroport de Moscou, le 30 janvier 2020 (Crédit : Koby Gideon/GPO)

Goldin a également critiqué les efforts israéliens destinés à conclure un accord de cessez-le-feu à long-terme avec le Hamas, disant qu’aucun arrangement ne devait être trouvé pour alléger le blocus dans la bande sans retour préalable des Israéliens détenus à Gaza.

Elle a expliqué qu’Israël agissait d’ores et déjà en faveur de la levée du blocus, alors même que continuaient les tirs de roquettes sur le sud du pays.

Ces derniers jours, la frontière a connu des tirs de missiles quasi-quotidiens en provenance de l’enclave côtière, entraînant des frappes de représailles de Tsahal.

Netanyahu a promis, dans le passé, qu’aucun pacte ne serait signé avec le groupe terroriste du Hamas si les dépouilles soldats et les trois civils actuellement détenus à Gaza n’étaient pas rendus à l’Etat juif.

Un employé palestinien vérifie un camion transportant de l’aide de l’UNRWA qui est passée par le point de transfert de Kerem Shalom vers le sud de la bande de Gaza dans la ville de Rafah le 12 mai 2019.
(SAID KHATIB/AFP)

« Tous ceux qui arrivent aux postes-frontières d’Erez ou de Kerem Shalom constatent d’eux-mêmes l’accord de cessez-le-feu qui se déroule devant leurs yeux – avec des produits et des équipements qui franchissent la frontière et qui, comme chacun le sait, seront utilisés pour construire des tunnels terroristes mais personne ne réclame les soldats », a déploré Goldin.

Répondant aux critiques, le bureau du Premier ministre a fait savoir qu’il travaillait « sans relâche » au rapatriement des dépouilles des soldats tombés au combat.

« Afin de ne pas nuire aux canaux de communication, nous ne pouvons pas détailler les contenus des discussions et initiatives diplomatiques majeures qui sont entreprises », a ajouté le bureau du Premier ministre.

Samedi soir, Israël a annoncé qu’il prenait l’initiative rare de suspendre les importations de ciment à Gaza en réponse aux violences transfrontalières.

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