L’économie en état d’urgence, Netanyahu promet un « filet de sécurité »
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L’économie en état d’urgence, Netanyahu promet un « filet de sécurité »

Pour enrayer la propagation du coronavirus, il faut réduire de 70 % le personnel dans le privé et de 80 % les fonctionnaires pour qu'ils soient en congé jusqu'à la fin de Pessah

Le ministre des Finances Moshe Kahlon, à gauche, et le vice-ministre de la Sante Yaakov Litzman lors d'une conférence sur le budget de la santé 2020 , le 1er septembre 2019. (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre des Finances Moshe Kahlon, à gauche, et le vice-ministre de la Sante Yaakov Litzman lors d'une conférence sur le budget de la santé 2020 , le 1er septembre 2019. (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)

Le secteur public se trouve dans une situation d’urgence, et les entreprises privées ont reçu l’ordre de réduire leur personnel de bureau de 70 %, conformément aux nouvelles instructions annoncées par le Premier ministre Benjamin Netanyahu lundi soir pour lutter contre la propagation du coronavirus.

Lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le Premier ministre a déclaré que jusqu’à 80 % des fonctionnaires seraient immédiatement en congé jusqu’à la fin des fêtes de Pessah (qui se termine le 15 avril), le nombre de ces personnes variant selon les bureaux. Il a déclaré qu’un décret gouvernemental serait approuvé lundi soir pour mettre en œuvre ces instructions.

Les entreprises privées seront obligées de diluer leur personnel de 70 % à partir de mardi matin, a ajouté M. Netanyahu, en laissant les employés travailler à domicile ou partir en congé.

Ces aménagements ne s’appliquent pas aux entreprises de 10 salariés ou moins, à condition que ces derniers puissent se tenir à 2 mètres les uns des autres, conformément aux règles de « distanciation sociale ».

Un supermarché de la ville de Tzfat dévalisé, en pleine épidémie de coronavirus, le 14 mars 2020. (Crédit : David Cohen/Flash 90)

Les services essentiels continueront comme d’habitude, y compris les supermarchés, les pharmacies et les banques, a précisé le Premier ministre. Et les transports publics continueront avec quelques changements, a-t-il noté, sans préciser lesquels.

Dans le sillage des restrictions économiques, Netanyahu a déclaré que le gouvernement garantirait un « filet de sécurité économique » aux israéliens.

« Je sais que c’est un moment difficile. Beaucoup de gens seront à la maison et pas au travail. Beaucoup sont inquiets, peut-être qu’ils n’auront pas assez d’argent », a déclaré le Premier ministre.

Ces mesures, comme l’a souligné le ministre des finances Moshe Kahlon lors de la conférence de presse, comprennent une enveloppe de 5 milliards de shekels pour aider les personnes touchées par la crise sanitaire.

Il a déclaré que les travailleurs mis en congé recevront des allocations de chômage « améliorées », les personnes employées depuis six mois pouvant désormais en bénéficier (cela ne concernait auparavant que les travailleurs employés depuis au moins un an).

Des personnes portant des masques de protection entrent dans l’hôpital universitaire Samson Assuta à Ashdod, le 16 mars 2020. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

Les propriétaires de petites entreprises pourront reporter leurs factures d’impôt foncier, d’eau, d’assurance nationale et d’électricité s’ils ne peuvent pas effectuer ces paiements, a assuré M. Kahlon. Il a ajouté que des subventions allant jusqu’à 6 000 NIS (1 420 euros) seraient mises à la disposition des petites entreprises et des indépendants.

L’économiste en chef du ministère des finances, Shira Greenberg, a estimé lundi soir que les dégâts causés à l’économie israélienne par les mesures de grande envergure annoncées par le gouvernement pour contenir le coronavirus s’élèveront à 45 milliards de shekels (10,6 milliards d’euros).

Le produit intérieur brut (PIB) devrait baisser de 25 milliards shekels (6 milliards d’euros).

Tout en avertissant qu’il existe actuellement une grande incertitude quant à l’impact futur de la pandémie sur le marché mondial, Shira Greenberg a prédit que la croissance de l’économie israélienne devrait chuter de 3 %, réduisant les recettes de l’État de 1,2 %.

Israël a interdit les rassemblements de plus de 10 personnes, fermé les écoles, forcé tous les Israéliens entrant dans le pays à une quarantaine de 14 jours et ordonné la fermeture de tous les centres commerciaux, restaurants et cafés (seuls les plats à emporter sont autorisés) pour contenir l’épidémie.

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