L’économie israélienne chute de 7,1 % au premier trimestre 2020
Rechercher

L’économie israélienne chute de 7,1 % au premier trimestre 2020

Cette baisse est la pire en 20 ans ; les chiffres révèlent que seule la consommation de produits alimentaires, de boissons et de tabac a connu une croissance durant la pandémie

Un homme passe devant des magasins fermés dans le centre commercial Mamilla à proximité de la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 avril 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Un homme passe devant des magasins fermés dans le centre commercial Mamilla à proximité de la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 avril 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

L’économie israélienne a baissé de 7,1 % au premier trimestre 2020 en raison de la crise du coronavirus, ce qui représente le plus fort déclin en 20 ans, selon des estimations basées sur des données partielles qui ont été communiquées lundi par le Bureau central des statistiques.

Ce dernier a noté que cette contraction de l’économie était plus grave qu’au lendemain des attentats du 11 septembre et de la crise financière qui avait frappé le monde entier en 2008.

Le secteur de l’économie ayant subi les pires dommages est celui de la consommation privée – selon les chiffres, seules les dépenses personnelles pour acheter des produits alimentaires, des boissons et du tabac ont connu une augmentation, s’élevant de 5,8 % par rapport à la même période, l’année dernière. Tous les chiffres de la consommation dans les autres domaines de dépenses – vêtements, articles ménagers, voitures, petits appareils électriques, ameublement et joaillerie – ont baissé.

De plus, le ministre de l’Économie, Amir Peretz, a annoncé lundi que le gouvernement allouera 500 millions de shekels au financement des allocations chômage des indépendants.

« C’est la correction historique d’une injustice historique », a-t-il commenté sur Twitter. « Les indépendants sont une partie très importante de l’économie israélienne ; ils sont l’un des moteurs de croissance les plus significatifs dans le pays ».

De plus, le ministre des Finances Israel Katz a fait savoir qu’une équipe spéciale serait chargée d’examiner et de formuler des solutions pour venir en aide à l’industrie musicale, qui a beaucoup souffert pendant la pandémie de coronavirus. Les artistes se trouvent parmi ceux qui ont été le plus durement touchés par les mesures de confinement, avec l’interdiction ou la limitation des concerts, pièces de théâtre et autres événements.

Il y a eu des mouvements de protestation croissants, au sein de l’État juif, de la part des indépendants et des propriétaires de petites entreprises contre ce qui a été qualifié de réponse économique insuffisante pour les aider à survivre à la pandémie. Les importantes chaînes commerciales ont aussi réclamé l’aide du gouvernement.

Des auto-entrepreneurs et gérants de petites entreprises manifestent à Jérusalem, le 30 mars 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/ Flash90)

Les mesures de confinement face au virus – qui ont commencé à être mises en place au milieu du mois de mars – ont entraîné l’immobilisation presque totale de l’économie. Les chiffres du chômage sont passés d’un taux historiquement bas – 4 % – au pourcentage le plus élevé jamais enregistré dans toute l’histoire du pays, à plus de 25 %, au début du mois d’avril, un grand nombre d’entreprises se trouvant dans l’obligation de fermer leurs portes.

Le nombre d’Israéliens sans emploi a ainsi dépassé le million pour la toute première fois avec un grand nombre de salariés placés en congé sans solde.

Alors que le gouvernement a commencé à alléger les restrictions, les services du travail ont indiqué, au début du mois de mai, qu’il semblait qu’il y avait plus d’Israéliens retournant au travail que de personnes s’inscrivant au chômage.

Dimanche, le cabinet a soutenu un plan du Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’Israël Katz visant à injecter 14 milliards de shekels supplémentaires dans l’économie pour tenter de compenser les pertes entraînées par le coronavirus et les mesures de confinement adoptées pour juguler sa propagation.

Ces fonds aideront les entreprises en difficulté et devraient également être attribués à des projets visant à encourager l’emploi.

Avec ces liquidités ajoutées, le programme de relance gouvernemental s’élève dorénavant à environ 100 milliards de shekels.

Sur ce financement additionnel, une partie devrait augmenter l’envergure d’un fonds visant à octroyer des prêts aux petites et moyennes entreprises, entre huit milliards et 14 milliards de dollars. Deux milliards de shekels seront destinés au soutien des firmes high-tech, tandis que 750 millions de shekels permettront au gouvernement de garantir qu’il pourra couvrir les crédits pour les fournisseurs.

Israel Katz, alors ministre des Affaires étrangères, à Jérusalem le 22 octobre 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le cabinet a aussi approuvé une décision dont l’objectif est de fournir six milliards de shekels pour réduire le chômage en offrant des incitations aux entreprises, pour que ces dernières puissent réembaucher les travailleurs qui avaient perdu leur emploi en raison du confinement. Ce programme est actuellement dans l’impasse en raison de désaccords entre des associations de commerces et le ministre des Finances sur la manière de mettre l’idée en vigueur sans donner aux employeurs, par inadvertance, un motif pour limoger leurs salariés pour pouvoir se qualifier à la subvention s’il devait y avoir une seconde vague d’épidémie.

Un autre fonds devrait être créé pour les entreprises dont la demande de prêt a été refusée par les banques parce que considérée comme trop risquée dans la période actuelle en raison de l’épidémie de coronavirus et de l’impact qu’elle a eu sur la vie publique – comme c’est le cas des restaurants.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...