Rechercher

L’Eglise grecque-orthodoxe accuse Ateret Cohanim d’avoir pris possession d’un bien

Dimanche, des membres de l'association ultra-nationaliste se seraient installés dans l'hôtel Petra de force et sans qu'un ordre d'éviction ait été émis

L'hôtel Petra, dans la Vieille Ville de Jérusalem. (Crédit : Ranbar/CC BY SA/Wikimedia)
L'hôtel Petra, dans la Vieille Ville de Jérusalem. (Crédit : Ranbar/CC BY SA/Wikimedia)

L’Eglise grecque-orthodoxe de Jérusalem a exprimé mardi sa colère contre des « extrémistes » israéliens qui auraient pris possession d’un hôtel dont elle est propriétaire dans le quartier chrétien de la Vieille ville de Jérusalem, après une vente controversée.

L’hôtel Petra, situé au pied de la porte de Jaffa, est au cœur d’une bataille judiciaire depuis 2004 entre l’Eglise grecque-orthodoxe et l’organisation Ateret Cohanim, association israélienne ultra-nationaliste, qui œuvre à la « judaïsation » de Jérusalem en rachetant des biens à des Palestiniens de manière souvent opaque.

La justice israélienne avait entériné en 2004 la vente de cet hôtel ainsi que de deux autres bâtiments, dont un autre hôtel situé à quelques mètres, l’Impérial, également géré par des Palestiniens et propriété de l’Eglise grecque-orthodoxe.

A l’époque, l’Eglise avait traîné Ateret Cohanim en justice, affirmant que les trois acquisitions avaient été conclues illégalement et sans son autorisation.

La vente avait suscité une telle polémique qu’elle avait entraîné la destitution du patriarche Irénéos Ier l’année suivante.

Dimanche, alors que l’affaire n’a pas été tranchée, des membres d’Ateret Cohanim auraient donc pris possession d’une partie de l’hôtel Petra de force et sans qu’un ordre d’éviction ait été émis, a fustigé l’Eglise grecque-orthodoxe.

Son patriarche, Théophile III, a dénoncé mardi une « effraction », menée par un « groupe extrémiste qui agit comme s’il était au-dessus des lois ».

Le patriarche grec-orthodoxe Théophile III dirige la messe de minuit pour les grecs-orthodoxes à l’église de la Nativité de la ville biblique de Bethléem, le 7 janvier 2018 (Crédit : Musa AL SHAER.AFP)

Lors d’une conférence de presse à Jérusalem, il a affirmé être en contact avec le gouvernement et avoir été appelé par le président israélien Isaac Herzog.

« Le patriarche demande à ce que la police agisse pour expulser Ateret Cohanim (…) jusqu’à ce que les procédures légales en cours se terminent », a indiqué l’Eglise dans un communiqué.

Ateret Cohanim utilise des sociétés écran qui ne sont pas officiellement liées à l’association pour racheter des biens.

Son directeur exécutif, Daniel Luria, a assuré mardi à l’AFP ne pas être « impliqué dans des procédures judiciaires ». Si c’était le cas, il n’irait pas « à l’encontre d’une décision de justice » et « n’entrerait pas par effraction dans un bâtiment ».

L’effraction « contre une propriété chrétienne et une entreprise arabe, particulièrement avant (la fête grecque-orthodoxe de) Pâques et (le mois de jeûne musulman du) Ramadan, pourrait attiser les tensions locales », a alerté l’Eglise.

L’an dernier, des heurts entre forces israéliennes et manifestants palestiniens à Jérusalem pendant le Ramadan avaient provoqué une guerre de 11 jours entre les terroristes islamistes palestiniens du Hamas et Israël.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...