L’Egypte annulerait une visite d’une délégation du Hamas
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L’Egypte annulerait une visite d’une délégation du Hamas

Le Caire ne serait pas impressionnée par les nouvelles patrouilles à la frontière du Hamas, ni par les réponses apportées après la dernière réunion

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Moussa Abu Marzouk (deuxième à gauche), responsable du Hamas, s'adresse aux médias depuis le poste-frontière de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, après des négociations avec Le Caire, le 28 août 2014. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)
Moussa Abu Marzouk (deuxième à gauche), responsable du Hamas, s'adresse aux médias depuis le poste-frontière de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, après des négociations avec Le Caire, le 28 août 2014. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Les responsables du renseignement égyptien ont annulé une invitation à visiter le pays faite à une large délégation du Hamas, a annoncé mardi un quotidien arabe, un autre signe de la détérioration des relations entre l’Egypte et le groupe terroriste palestinien du Hamas.

Une large délégation du Hamas, comptant des membres de Doha et de la bande de Gaza, dirigée par le vice-président Moussa Abu Marzouk, avait été invitée à se rendre prochainement au Caire. Cependant, des sources ont déclaré au quotidien londonien arabe Rai al-Youm que l’invitation avait été annulée.

La raison de l’annulation, selon l’article, est que les responsables du renseignement égyptiens n’ont pas été satisfaits des réponses aux questions posées aux dirigeants du Hamas lors d’une rencontre entre les deux groupes en mars au Caire.

Mahmoud al-Zahar, haut responsable du Hamas, a déclaré au journal que le voyage avait été « retardé », jusqu’à ce que le Hamas donne les bonnes réponses.

Mahmoud al-Zahar pendant un rassemblement à Gaza le 14 décembre 2015. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Mahmoud al-Zahar pendant un rassemblement à Gaza le 14 décembre 2015. (Crédit : capture d’écran YouTube)

En mars, des responsables du renseignement égyptien ont posé plusieurs questions et un certain nombre de demandes avant toute possible réconciliation. Il s’agissait de la première rencontre organisée entre le Caire et Gaza depuis la dégradation des liens entre les deux parties, quand Mohammed Morsi, des Frères musulmans, a été évincé de la présidence en 2013 et remplacé par l’ancien chef militaire Abdel-Fattah el-Sissi.

L’Egypte, comme Israël, a accusé le Hamas de soutenir l’Etat islamique (EI) dans la péninsule du Sinaï.

Le Caire a demandé que le Hamas renforce on contrôle frontalier et empêche les combattants de l’EI d’entrer dans la bande de Gaza.

Forces de sécurité du Hamas en patrouille le long de la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte, où le Hamas a commencé à amasser des forces, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 14 avril 2016. (Crédit : AFP/Saïd Khatib)
Forces de sécurité du Hamas en patrouille le long de la frontière entre la bande de Gaza et l’Egypte, où le Hamas a commencé à amasser des forces, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 14 avril 2016. (Crédit : AFP/Saïd Khatib)

Les responsables égyptiens ne seraient cependant pas satisfaits des nouvelles mesures introduites par le Hamas sur sa frontière avec le Sinaï, qui ont été prises à la suite de la réunion de mars, et ils pensent que le Hamas a toujours des interactions avec l’EI.

Pendant une rencontre entre des responsables du renseignement égyptien et une autre faction palestinienne non nommée le mois dernier, l’article publié mardi a annoncé que les représentants du Caire avaient déclaré considérer les actions du Hamas à la frontière « vides de tout contenu pratique ».

Le Caire veut aussi que le Hamas rompe avec les Frères musulmans, une organisation considérée à présent comme illégale en Egypte. Le Hamas a déclaré ne plus être lié politiquement aux Frères musulmans.

Peut-être plus important, Le Caire accuse le Hamas et les Frères musulmans égyptiens d’être responsables de l’assassinat de son procureur en chef, Hisham Barakat, en juin 2015.

L’Egypte a demandé au Hamas de lui remettre les individus impliqués dans ce meurtre. Le Hamas a affirmé être innocent de ce crime.

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