L’enquête sur l’incident d’Umm al-Hiran révèle une faille dans le protocole
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L’enquête sur l’incident d’Umm al-Hiran révèle une faille dans le protocole

L’enquête sur ce qui était qualifié initialement d’attaque terroriste conclut à un manque flagrant de préparation de la police

Des policiers israéliens déployés pendant des démolitions dans le village bédouin non reconnu d'Umm al-Hiran, dans le Néguev, le 18 janvier 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
Des policiers israéliens déployés pendant des démolitions dans le village bédouin non reconnu d'Umm al-Hiran, dans le Néguev, le 18 janvier 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Une enquête de la police sur la mort le mois dernier d’un Bédouin, qui a été tué par des policiers alors que sa voiture avait percuté et tué un policier dans le village bédouin d’Umm al-Hiran, a révélé une faille dans les procédures opérationnelles dans les jours précédents l’opération.

La police est toujours en train de rassembler les témoignages dans le cadre de l’enquête ouverte sur l’incident, que les autorités avaient d’abord qualifié d’attaque terroriste – une accusation que la famille du suspect, Yaqoub Mousa Abu Al-Qia’an, a niée avec ardeur, en affirmant qu’il a été abattu avant que sa voiture n’accélère, le conduisant à perdre le contrôle du véhicule.

La Dixième chaîne a annoncé jeudi que de nouveaux témoignages mettaient en lumière une situation troublante sur la préparation de la police en amont de l’opération du 18 janvier, qui visait à évacuer le village et démolir les maisons. Le reportage a annoncé que la planification de l’opération qui a eu lieu juste avant l’aube le 18 janvier a commencé juste dans l’après-midi la journée précédente alors que ce genre d’opérations nécessite généralement des semaines de planification.

Le plan pour l’opération avait d’abord été rejeté lorsqu’il avait été soumis ce soir-là pour approbation, au motif que les agents envoyés pour le mener à bien n’étaient pas suffisamment préparés, selon le reportage. Le plan a également été divulgué et cependant, l’opération s’est déroulée suivant ce plan.

En outre, une petite réunion d’information avait été organisée ce matin-là dans village mais uniquement pour les officiers de haut rang. Les policiers envoyés pour sécuriser la démolition ne connaissaient pas la configuration du village et étaient tendus quand ils sont arrivés parce qu’un véhicule bloquait un virage à l’entrée du village, les obligeant à abandonner leurs véhicules et à courir à pied pendant plusieurs kilomètres dans l’obscurité.

Un autre témoignage avait fuité cette semaine et il suggérait que l’on avait tiré sur Al-Qiaan avant et après que sa voiture ne percute l’officier, allant dans le sens des personnes qui affirment que l’incident n’était pas une attaque terroriste. Une enquête diligentée par le ministère de la Justice a révélé que l’incident de janvier n’était pas du terrorisme, selon les médias cette semaine.

L’incident a eu lieu dans la matinée du 18 janvier, lorsque la police est arrivée pour démolir les maisons dans le village, car l’Etat souhaitait avoir un espace libre afin d’ouvrir la voie à une nouvelle ville juive.

Erez Levi, policier de 34 ans, a été tué dans une attaque à la voiture bélier présumée dans le village bédouin d'Umm al-Hiran, dans le désert du Néguev, le 18 janvier 2017. (Crédit : police israélienne)
Erez Levi, policier de 34 ans, a été tué dans une attaque à la voiture bélier présumée dans le village bédouin d’Umm al-Hiran, dans le désert du Néguev, le 18 janvier 2017. (Crédit : police israélienne)

Abu Al-Qiaan, âgé de 47 ans, enseignant et père de 12 enfants, avait emballé quelques objets dans sa voiture et est parti de chez lui, disant à ses amis qu’il ne voulait pas être témoin de sa destruction. Peu de temps après, le véhicule a heurté un groupe d’officiers, tuant le sergent Erez Levi, 34 ans. Abu Al-Qiaan a été abattu par la police.

Une vidéo a été diffusée dans les heures qui ont suivi l’incident montrait que les policiers ont tiré sur Abu Al-Qiaan avant qu’il n’accélère et que, contrairement aux affirmations de la police, les phares de la voiture étaient allumées.

En outre, la Dixième chaîne a signalé le mois dernier qu’une autopsie du corps d’Al-Qiaan menée par la police a indiqué qu’une balle de la police l’avait touché au genou droit et qui s’était brisé en plusieurs morceaux. La blessure par balle est peut-être la raison qui a conduit Abu Al-Qia’an à perdre le contrôle de sa voiture, selon le reportage télévisé.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan (Likud), qui, avec le chef de la police israélienne, Roni Alsheich, avaient dans un premier temps affirmé qu’Al-Qiaan était un terroriste nationaliste affilié au groupe islamique. Le ministre a déclaré jeudi qu’il s’excuserait auprès de la famille si les conclusions du ministère de la Justice prouvaient qu’il avait eu tort.

Erdan a précisé dans une déclaration qu’il était « possible » qu’il se soit trompé.

Le rapport final du département des Enquêtes internes de la police du ministère n’a pas encore été publié et les fonctionnaires ont indiqué qu’ils travaillaient encore dessus.

Plus tôt cette semaine, des témoignages recueillis auprès d’un certain nombre d’officiers sur les lieux suggéraient qu’ils auraient tiré sur Al-Qiaan avant qu’il ne soit clair s’il essayait d’attaquer la police, a annoncé mercredi la Dixième chaîne.

Raoul Wootliff a contribué à cet article.

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