Rechercher

Le haut représentant pour Gaza insiste sur un désarmement « sans délai » du Hamas

Mladenov confirme l'aspect progressif de l'offre faite au groupe terroriste, invite le Conseil de sécurité de l'ONU à s'y rallier et prévient Israël, arguant qu'un renforcement du contrôle militaire sur Gaza n'apportera pas la sécurité

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Des terroristes armés du Hamas et du Jihad islamique saluent les fidèles rassemblés pour la prière de l'Aïd al-Fitr à Gaza, le vendredi 20 mars 2026. Illustration (Crédit : AP/Abdel Kareem Hana)
Des terroristes armés du Hamas et du Jihad islamique saluent les fidèles rassemblés pour la prière de l'Aïd al-Fitr à Gaza, le vendredi 20 mars 2026. Illustration (Crédit : AP/Abdel Kareem Hana)

Le haut représentant du Conseil de paix pour Gaza a dévoilé mardi dernier les principes de la proposition de désarmement qui a été présentée au Hamas au début du mois. Il a exhorté la communauté internationale à faire pression sur le groupe terroriste palestinien afin qu’il accepte cette offre, pour éviter une nouvelle vague de violence dans la bande de Gaza.

« Le projet a été présenté aux parties et l’engagement à son égard est très sérieux », a indiqué Nickolay Mladenov, haut représentant du Conseil de paix pour Gaza, dans une allocution prononcée à l’occasion de la session mensuelle du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée au conflit israélo-palestinien.

Deux hauts responsables arabes proches de la proposition déposée par les pays médiateurs du cessez-le-feu à Gaza — les États-Unis, le Qatar, l’Égypte et la Turquie — ont déclaré au Times of Israel s’attendre à ce que le Hamas réponde par une contre-proposition dans les prochains jours.

Si les responsables ont dévoilé certains détails de la proposition, publiés dans le Times of Israel, c’est lors de l’exposé de Mladenov devant le Conseil de sécurité que les éléments de ce projet de désarmement ont été rendus publics pour la première fois.

Les cinq principes du désarmement

Selon Mladenov, qui a régulièrement informé le Conseil au cours de ses précédents mandats en tant qu’envoyé spécial de l’ONU pour l’Irak et le processus de paix au Moyen-Orient, la proposition faite au Hamas repose sur cinq principes.

« Le premier de ces principes est celui de la réciprocité. Le désarmement s’effectue parallèlement au retrait progressif (de l’armée israélienne). Il s’agit là d’un élément fondamental pour la crédibilité de l’ensemble du processus », a-t-il affirmé.

Le Haut Représentant du Conseil de paix pour Gaza, Nickolay Mladenov, s’adresse au Conseil de sécurité de l’ONU le 24 mars 2026. (Crédit : Capture d’écran/YouTube)

L’année dernière, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a officiellement approuvé le plan en 20 points du président américain Donald Trump visant à mettre un terme à la guerre à Gaza. Toutefois, lui-même et d’autres membres de son gouvernement ont exprimé leur volonté de maintenir une présence permanente de l’armée israélienne, à tout le moins dans la moitié orientale de la bande de Gaza, toujours sous contrôle de l’État juif.

Le deuxième principe de la proposition de désarmement remise au Hamas est celui de l’ordonnancement, a déclaré Mladenov. Confirmant les informations du Times of Israel, il a précisé que « les armes les plus dangereuses — roquettes, munitions lourdes, engins explosifs, fusils d’assaut aux mains des groupes armés — [seront] traitées en priorité. Les tunnels doivent être neutralisés. »

« La question des armes personnelles sera traitée par la suite, dans le cadre d’un processus d’enregistrement et de collecte », a-t-il ajouté, évoquant ainsi ce que les diplomates arabes ont décrit comme un programme de rachat, dans le cadre duquel des fonds et des emplois seraient proposés à ceux qui remettraient leurs armes aux forces de police palestiniennes actuellement en cours de formation.

Des dizaines de milliers de civils palestiniens ont déjà postulé pour servir dans cette force de police, qui opérera sous l’égide du Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), le gouvernement technocratique censé remplacer provisoirement le Hamas à la tête de la bande de Gaza en attendant que l’Autorité palestinienne ait achevé les réformes nécessaires pour prendre le relais.

Les candidatures des aspirants policiers sont actuellement passées au crible, a expliqué Mladenov, saluant l’accord obtenu de l’Égypte, qui servira de « principal partenaire de formation » pour cette force, dont le lancement est prévu dans les prochaines semaines.

Le troisième principe du plan de désarmement a été défini par Mladenov comme celui de « vérification ».

« La conformité (au programme) devra être surveillée et vérifiée », a-t-il poursuivi, insistant sur le fait que la reconstruction de Gaza était strictement subordonnée au désarmement.

Des terroristes armés du Hamas recherchant les restes de l’otage israélien Ran Gvili, dans le quartier de Zeitoun, à Gaza-City, le 7 janvier 2026. (Crédit : Abdel Kareem Hana/AP)

« Quatrièmement, ce programme s’adresse aux personnes, et pas seulement aux armes », a déclaré l’émissaire du Conseil de paix. « Il contient des mesures permettant aux individus actuellement affiliés à des groupes armés de réintégrer la vie civile avec dignité, grâce à des dispositions d’amnistie structurées et à des programmes de réinsertion. »

Si les précédentes propositions de cessez-le-feu à Gaza offraient l’immunité aux membres du Hamas qui déposaient les armes, l’État juif aurait écarté cette possibilité pour ceux qui, selon lui, ont pris part au pogrom du 7 octobre 2023 ou à d’autres activités terroristes visant IsraëI.

Le cinquième principe de la proposition de désarmement concerne le calendrier, a ajouté Mladenov.

« Mon cabinet a compétence pour accorder des prolongations de délai aux parties qui font preuve de bonne foi », a-t-il expliqué. « Il s’agit d’un processus dont la gestion intègre une certaine flexibilité. Les conditions sur le terrain ne correspondent en effet pas toujours aux délais fixés sur le papier. »

Selon Mladenov, lors de leur dernière réunion avec le Hamas et d’autres factions palestiniennes au Caire au début du mois, les médiateurs pour Gaza ont souligné que la mise en œuvre de la proposition de désarmement « est l’unique moyen de garantir la reconstruction de Gaza et le retrait militaire israélien ».

Le maintien du contrôle militaire n’apportera pas la sécurité, dit Mladenov à Israël

Conscient que l’attention internationale se concentre actuellement sur d’autres conflits, l’émissaire du Conseil de paix a exhorté les membres du Conseil de sécurité à réaffirmer publiquement le rôle crucial du désarmement du Hamas en vue de garantir « le droit du peuple palestinien à l’autodétermination » et « à utiliser tous les moyens à leur disposition pour inciter le Hamas et toutes les factions palestiniennes à accepter cette proposition sans délai ».

S’adressant à Israël, Mladenov a rappelé que le plan en 20 points de Trump représente « la seule voie capable d’assurer à Israël une sécurité durable ».

Le président américain Donald Trump aux côtés d’autres dirigeants mondiaux avant la première réunion du Conseil de Paix, à l’Institut américain pour la paix, à Washington, le 19 février 2026. (Crédit : Mark Schiefelbein/AP Photo)

« Ces deux dernières décennies, Israël a mené de multiples opérations militaires à Gaza. Les armes réapparaissent toujours. Les tunnels finissent toujours par être reconstruits. Ce cycle se répète sans cesse », a affirmé Mladenov. « Seul un désarmement vérifié, conjugué à une nouvelle force de police professionnelle exerçant un contrôle total sur le recours à la force d’une part, et à une administration civile attachée à la stabilité et axée sur les réformes d’autre part, permettra d’éliminer définitivement cette menace. »

« Je m’adresse directement à ceux qui, en Israël et ailleurs, affirment que le contrôle militaire est l’unique option. Les événements de ces 20 dernières années prouvent le contraire », a-t-il poursuivi.

Besoin urgent d’aide et de logements

S’agissant de la situation actuelle à Gaza, Mladenov a souligné que, malgré l’augmentation de l’aide depuis le cessez-le-feu conclu en octobre 2025, la situation sur place reste critique.

« Les services essentiels ne fonctionnent qu’à une fraction de leur capacité d’avant-guerre. Le système de santé est en train de s’effondrer. L’économie est au point mort », a-t-il constaté.

Mladenov a appelé à ce que le poste-frontière de Rafah, entre Gaza et l’Égypte, reste ouvert, après avoir été fermé pendant près de trois semaines par Israël suite au déclenchement de la guerre avec l’Iran.

À partir de mercredi, le nombre de personnes autorisées à entrer dans la bande de Gaza augmentera progressivement, a-t-il fait savoir. Israël a limité le nombre de personnes autorisées à entrer à Gaza à environ 50 par jour. Quelque 150 personnes — principalement évacuées pour raisons médicales et accompagnées de membres de leur famille — sont autorisées à sortir quotidiennement.

Des Palestiniens se rassemblent pour l’iftar, le repas qui rompt le jeûne pendant le mois sacré musulman du ramadan, au milieu des décombres de bâtiments détruits à Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, le mardi 17 mars 2026. (Crédit : AP Photo/Jehad Alshrafi)

« Le flux [d’aide] actuel n’est pas à la hauteur des besoins », a expliqué Mladenov, avant d’ajouter que son bureau collaborait avec Israël pour développer l’aide humanitaire.

Les logements font également cruellement défaut. Des centaines de milliers de Gazaouis vivent encore sous des tentes, a déploré le représentant du Conseil de paix, appelant à accélérer la mise en place de solutions de logement temporaire.

Mladenov a ensuite dénoncé les violations répétées du cessez-le-feu, sans toutefois désigner de coupable. « J’appelle toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue et à honorer les engagements auxquels elles ont souscrit. »

« Si ce processus échoue, si nous laissons la situation actuelle devenir permanente, les conséquences seront dévastatrices. Une bande de Gaza divisée, dans laquelle le Hamas exerce un contrôle militaire et administratif sur deux millions de personnes réparties sur environ 50 % du territoire, condamne ces personnes à continuer de vivre dans les décombres, à dépendre de l’aide humanitaire, sans aucune perspective de reconstruction », a mis en garde Mladenov.

« Cela signifie qu’une génération d’enfants grandira dans des conditions propices au désespoir et à la radicalisation. En fin de compte, cela signifie la fin de toute voie crédible vers l’autodétermination et la création d’un État palestinien. »

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.