L’épouse d’Yigal Amir, l’assassin de Rabin, crée un parti pour sa libération
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L’épouse d’Yigal Amir, l’assassin de Rabin, crée un parti pour sa libération

Le parti en cours d'enregistrement souhaite innocenter l'extrémiste de droite condamné pour avoir tué le Premier ministre lors d'un rassemblement pour la paix en 1995

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Larissa Amir, épouse de l'assassin du Premier ministre Yitzhak Rabin, Yigal Amir, arrive à la commission centrale électorale pour enregistrer un nouveau parti qui se présentera aux prochaines élections israéliennes, le 14 janvier 2020. (Yonathan Sindel/Flash90)
Larissa Amir, épouse de l'assassin du Premier ministre Yitzhak Rabin, Yigal Amir, arrive à la commission centrale électorale pour enregistrer un nouveau parti qui se présentera aux prochaines élections israéliennes, le 14 janvier 2020. (Yonathan Sindel/Flash90)

L’épouse d’Yigal Amir, l’homme qui a assassiné le Premier ministre Yitzhak Rabin lors d’un rassemblement pour la paix il y a 24 ans, a officiellement enregistré mardi un nouveau parti politique qui se présentera aux élections de mars, alors que la commission centrale électorale a donné le coup d’envoi aux deux jours d’inscription des partis pour le scrutin.

En remplissant les formulaires pour le parti Mishpat Tzedek (procès équitable), Larissa Trimbobler-Amir a demandé un nouveau procès pour son mari condamné et « toutes les autres personnes innocentes injustement incarcérées ».

La mère d’Yigal Amir, Geula Amir, est placée en sixième position sur la liste des huit candidats présentée par le nouveau parti.

Amir, aujourd’hui âgé de 49 ans, purge une peine de prison à vie pour l’assassinat d’Yitzhak Rabin. Il est toujours en isolement, bien qu’il se soit marié en prison en 2004 après une longue bataille juridique.

Le cas d’Amir est clair : il a été filmé en train de braquer une arme sur le Premier ministre. Il a calmement avoué à la police, a reconstitué le crime pour eux et n’est jamais revenu sur son témoignage.

Yigal Amir, l’assassin du Premier ministre Yitzhak Rabn, durant une audience à Tel Aviv, le 1er novembre 2007. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Cependant, des théories du complot marginales ont émergé, proposant un certain nombre de scénarios autres que celui où Amir apparaît comme l’assassin. Ces théories s’appuient sur des faits prétendument ambigus entourant la nuit du meurtre : des affirmations selon lesquelles les balles étaient à blanc, des témoins qui disent n’avoir pas vu de sang sur les lieux, un trajet anormalement long pour se rendre à un hôpital très proche.

Les tentatives précédentes de faire libérer Amir sur la base de ces théories ont échoué.

Tant le tribunal qui a condamné Amir que la commission Shamgar créée par la suite pour enquêter sur la chaîne des événements ayant conduit à l’assassinat ont rejeté les accusations de complot et conclu qu’Amir était bien coupable du meurtre.

Mme Trimbobler-Amir, qui fait depuis longtemps campagne pour la libération de son mari, a déclaré mardi que « nous seuls pouvons le faire, pas les responsables politiques, ils s’en fichent. »

Larissa Amir, épouse de Yigal Amir, l’assassin du Premier ministre Yitzhak Rabin, se présente à la commission centrale électorale pour enregistrer un nouveau parti qui se présentera aux prochaines élections israéliennes, le 14 janvier 2020. (Yonathan Sindel/Flash90)

A 48 jours du scrutin du 2 mars, la commission centrale électorale a ouvert ses portes mardi à 11H pour permettre aux partis qui se bousculent pour les 120 sièges de la Knesset d’enregistrer leurs listes.

Avec plus de 40 partis au total ayant retiré des formulaires d’inscription, seuls neuf d’entre eux avaient déposé leur demande avant mardi après-midi, ce qui laisse présager une journée potentiellement chargée mercredi avant l’heure limite de minuit.

Un par un, les partis ont présenté leurs listes au président de la commission, le juge de la Cour suprême Neal Hendler, en donnant des détails sur chaque candidat et en demandant une ou plusieurs lettres de l’alphabet hébreu qui les représenteront sur les bulletins de vote en avril prochain.

Le juge de la Cour suprême Neal Hendel, président du Comité central des élections, le 14 janvier 2020. (Yonathan Sindel/Flash90)

Les autres partis ayant déposé leur candidature en début d’après-midi mardi étaient HaHazon (La Vision), Ani Veata (Moi et toi), Otzma Liberalit Kalkalit (Pouvoir économique libéral) dirigé par l’économiste Gilad Alpher qui s’est présenté avec le parti Zehut de Moshe Feiglin aux élections d’avril, Daam, HaGush Hatanachi (Le Bloc de la Bible), Zechuyotenu Bekoleinu, Halev HaYehudi (Le cœur juif), et Manhigut Hevratit (Le leadership social).

Dans un processus archaïque et parfois bizarre, les nouveaux partis se font concurrence pour les lettres libres non encore utilisées par les formations existantes, qui sont distribuées selon le principe du premier arrivé, premier servi. Les derniers à s’inscrire sont donc obligés de prendre des paires de lettres obscures qui n’ont pas de sens et n’ont aucun rapport avec le nom de leur parti.

Les débats sur les lettres sont également importants, étant donné que chaque bulletin de vote en papier pour chaque parti doit être imprimé autant de fois qu’il y a d’électeurs potentiels, avec des suppléments imprimés pour s’assurer que personne n’est empêché de voter pour son parti préféré. Avec environ 6 300 000 Israéliens ayant le droit de vote, le porte-parole de la commission centrale électorale a déclaré que quelque huit millions de bulletins seraient imprimés par parti.

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