L’équipe militaire anti-COVID, opérationnelle, se prépare pour l’hiver
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L’équipe militaire anti-COVID, opérationnelle, se prépare pour l’hiver

Ce groupe de travail militaire assumerait 100 000 tests et 4 000 enquêtes de suivi par jour, mais ces efforts pourraient être entravés par la non-coopération des Israéliens

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Les soldats effectuent un suivi des contacts pour les malades du coronavirus. (Crédit : Armée israélienne)
Les soldats effectuent un suivi des contacts pour les malades du coronavirus. (Crédit : Armée israélienne)

Alors que le groupe de travail sur le coronavirus de l’armée israélienne est dorénavant pleinement opérationnel, les militaires s’efforcent de s’assurer qu’il sera prêt à prendre en charge une éventuelle épidémie pendant l’hiver prochain, a indiqué jeudi le commandant de cette unité.

« Nous avons fait d’importants progrès ces dernières semaines. Nous avons doublé, voire triplé les capacités de l’Etat d’Israël en termes d’échantillonnage, de dépistage et d’enquêtes épidémiologiques. Nous sommes dans les deux dernières semaines de développement de nos capacités et nous allons consacrer nos efforts, dès le mois de novembre, à nous préparer à nos missions hivernales », a commenté le général de brigade Nissan Davidi.

Dans les prochaines semaines, l’unité devrait être capable d’effectuer 100 000 tests de coronavirus et de mener jusqu’à 4 000 enquêtes de contact chaque jour, ce qui, estime-t-elle, permettra de prévenir une importante recrudescence de l’épidémie.

Avant la réouverture des écoles élémentaires, l’armée israélienne offrira des tests de dépistage à tous les personnels concernés, notamment aux enseignants des classes de CP à CM1. Cette initiative se basera sur le volontariat, la loi interdisant d’obliger les enseignants à se soumettre à un test préalable lors de leur retour dans les établissements scolaires.

Mais si le groupe de travail a de fortes ambitions et porte de grands espoirs, il reste toutefois conscient des limites de ses capacités : si les Israéliens ne coopèrent pas aux enquêtes de suivi, qu’ils n’apportent pas de réponses honnêtes et entières, et si ceux avec lesquels ils ont été en contact ne se placent pas en quatorzaine, les efforts des militaires risquent bien d’être vains.

La Task Force ‘Alon’ de Tsahal au siège du Commandement intérieur à Ramlé. (Crédit : Armée israélienne)

En effet, approximativement la moitié des personnes interrogées dans le cadre des enquêtes de suivi ne donneraient pas de réponse honnête et totale aux questions qui leur sont posées, selon les estimations faites par les militaires.

Mercredi, le chef d’Etat-major Aviv Kohavi a réclamé une coopération de la part des citoyens avec les enquêteurs chargés du suivi des contacts pour garantir qu’ils seront en capacité d’identifier les personnes susceptibles d’avoir été infectées à la COVID-19 pour prévenir une nouvelle recrudescence de la maladie.

« Ce groupe de travail ne sera pas efficace s’il n’y a aucune coopération du public. Et je vous le demande ici : coopérez donc avec le groupe de travail, donnez toutes les informations en votre possession. On peut vaincre tout cela mais cela exige une coopération », a poursuivi Kohavi.

Le groupe de travail a observé récemment une tendance potentiellement inquiétante concernant la quarantaine : actuellement, presque 40 % des personnes devant se placer à l’isolement ne disent pas au ministère de la Santé s’ils le font bien.

Aujourd’hui, quand une personne est informée par message texto qu’elle doit se placer en quarantaine parce qu’elle s’est trouvée en contact avec un porteur confirmé du coronavirus, elle doit se rendre sur le site du ministère de la Santé et remplir un formulaire attestant qu’elle va se mettre à l’isolement, en précisant où et pour combien de temps.

Le ministre de la Défense Benny Gantz (à droite) salue du coude le général Nissan Davidi, qui a reçu la mission de diriger le Commandement militaire du coronavirus, le 4 août 2020. (Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Que 39 % des Israéliens devant se mettre en quarantaine ne remplissent pas ces fiches d’information ne signifie pas nécessairement qu’ils vont bouder leur période de mise à l’isolement, mais plutôt simplement qu’ils ne fournissent pas ces renseignements aux autorités comme la loi l’exige pourtant. Et cela rend plus difficile, pour la police et pour le ministère de la Santé, de garantir qu’ils respectent la période de quarantaine pendant toute la durée nécessaire.

Pour mieux prédire les éventuelles futures épidémies, le groupe de travail du coronavirus – qui se nomme « Alon » – prévoit aussi de travailler à l’échelle des quartiers plutôt que dans les municipalités dans leur ensemble. La ville de Tel Aviv peut, par exemple, être considérée comme une ville « verte » avec relativement peu de cas de manière générale – mais certains quartiers peuvent néanmoins être des foyers susceptibles d’entraîner des épidémies plus larges.

Afin de prévenir la propagation de la COVID-19, les soldats ont l’intention de rationnaliser le processus de diagnostic des porteurs de la maladie et d’avertissement des personnes ayant été en contact avec ces derniers pour leur donner l’ordre de se mettre en quarantaine. L’armée veut être capable de demander à ces cas-contacts de s’isoler dans les 30 heures qui suivent les résultats positifs du test de l’individu avec lequel ils ont été en relation, par le biais d’un questionnaire rapide et d’une procédure de test accélérée – bien plus courte que les plusieurs jours que cela nécessite actuellement.

Un homme se fait tester au coronavirus à l’université Hébraïque de Jérusalem, le 21 octobre 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

L’armée se prépare à de potentielles épidémies hivernales en s’assurant qu’elle sera en mesure d’effectuer un grand nombre de tests sur des porteurs confirmés, tout en pouvant également réaliser des enquêtes régulières dans les écoles et dans les maisons de retraite.

Jeudi soir, le nombre de cas actifs au sein de l’Etat juif était de 17 869 après avoir chuté, ces dernières semaines, grâce à un confinement qui est parvenu à faire diminuer les taux d’infection de manière significative.

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