Les actes du Hamas constitueraient un génocide – experts en droit international
Plus d'une centaine d'autorités israéliennes et étrangères affirment, entre autres, que l'attaque massive du groupe terroriste visait à détruire une partie d'un groupe national
Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Plus de 100 experts en droit international ont publié dimanche une déclaration dans laquelle ils expliquent que le groupe terroriste palestinien du Hamas a commis de multiples crimes de guerre lors de son attaque massive contre Israël la semaine dernière et que le massacre de 1 300 personnes s’apparente probablement à un génocide.
« Ces actes constituent une violation flagrante du droit international et, en particulier, du droit pénal international », souligne le document, signé par des personnalités universitaires et des autorités juridiques en Israël et à l’étranger.
« Des vidéos, publiées pour la plupart par le Hamas et diffusées sur les réseaux sociaux, font état d’actes de torture, de violences sexuelles, de violences à l’égard des enfants et de mutilations corporelles », précise le document.
Comme ces actes horribles et généralisés semblent avoir été perpétrés dans « l’intention de détruire, en tout ou en partie » un groupe national – les Israéliens – un objectif explicitement déclaré par le Hamas, ils constituent très probablement un crime international de génocide, proscrit par la Convention sur le génocide et le Statut de Rome de la Cour pénale internationale [CPI] », ajoute le document.
Parmi les signataires du document figure le professeur Irwin Cotler, ancien ministre de la Justice et procureur général du Canada.
Dan Eldad, qui a été procureur général par intérim de février à mai 2020 et qui a participé à la rédaction de la lettre, a déclaré au Times of Israel que celle-ci pourrait avoir une valeur diplomatique essentielle si Israël cherchait à persuader d’autres pays ou organisations internationales qui se gardent bien de se ranger de son côté, et pour confronter ceux qui expriment leur soutien à la cause palestinienne.
« Ils pourront les regarder en face et leur dire : ‘Vous voyez bien que c’était un génocide », a-t-il déclaré.
Le 7 octobre, plus de 1 500 terroristes du Hamas ont pris d’assaut la frontière israélienne autour de la bande de Gaza et se sont déchaînés de manière meurtrière dans les zones méridionales, s’emparant de communautés et tuant les hommes, les femmes et les enfants qu’ils y trouvaient, et envahissant des sites militaires avec des résultats tout aussi meurtriers. Le bilan de ce carnage, qui s’est accompagné de salves, s’élevant au total à 5 000 roquettes tirées sans discernement sur des villes et des localités d’Israël, s’élève à plus de 1 300 personnes, dont une grande majorité de civils. Des milliers d’autres ont été blessés, dont des centaines grièvement.
Parmi les morts, on compte des dizaines de bébés. Certaines des victimes, y compris des familles entières qui ont été massacrées, auraient été décapitées. Lors d’un festival de musique en plein air, entouré par les assaillants, 260 personnes ont été abattues de manière délibérée. En outre, les terroristes ont enlevé environ 150 personnes de tous âges, des enfants et des femmes âgées compris, qui sont très certainement retenues en captivité à Gaza. Depuis le début de l’attaque, le Hamas continue de faire pleuvoir des roquettes sur les zones civiles du sud et du centre du pays.
L’avis juridique publié dimanche a été organisé par le Forum des familles d’otages et de disparus, une organisation bénévole qui a été créée après l’attaque et qui s’efforce d’obtenir le retour des otages détenus dans la bande de Gaza.
Eldad a indiqué que le document avait été rédigé par un certain nombre de professeurs en Israël, qui l’ont ensuite distribué à leurs pairs dans le monde entier.
« La prise d’otages est définie comme un crime de guerre », indique la déclaration, précisant que les lois relatives au droit de détenir des prisonniers de guerre ne s’appliquent pas aux organisations terroristes.
« La prise d’otages de civils et de militaires constitue donc un crime de guerre », poursuit le document.
« Les circonstances entourant l’enlèvement de tous les otages, civils et militaires, révèlent qu’ils ont été pris dans le but de les retenir en otage. Le Hamas doit libérer tous les otages instamment. »
En outre, « l’enlèvement de personnes sans qu’aucune information ne soit fournie sur le lieu où elles se trouvent constitue le crime [de guerre] des disparitions forcées ». Les informations disponibles indiquent que « de nombreuses personnes enlevées ont été torturées par leurs ravisseurs » et comme ces actes ont été commis dans le cadre de la charte du Hamas visant à attaquer les civils, ils « constituent des crimes contre l’humanité, pour lesquels les auteurs doivent être pleinement responsables », ont déclaré les experts.
Jusqu’à la libération des otages, le Hamas est tenu, en vertu du droit international, de fournir des informations sur les captifs, y compris sur leur état de santé, et de leur prodiguer des soins médicaux, ont-ils souligné.
Ils ont demandé au Comité international de la Croix-Rouge et à « toutes les agences des Nations unies concernées » d’exiger du Hamas qu’il permette l’accès aux personnes enlevées.
« Ces organisations doivent également faire tout ce qui est en leur pouvoir pour s’assurer que les denrées alimentaires essentielles et les traitements médicaux appropriés sont fournis », ont-ils ajouté.
La communauté internationale et les organisations ont le devoir d’utiliser tous les moyens pour faire pression sur le Hamas afin qu’il donne la priorité à la libération immédiate des groupes protégés, tels que « les enfants, les femmes, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap et celles qui ont besoin d’un traitement médical », insiste le document.
Israël a riposté aux attaques par des tirs d’artillerie et des frappes aériennes, et les responsables du ministère de la Santé, contrôlé par le Hamas, ont estimé à plus de 2 000 le nombre de Palestiniens tués. Israël affirme viser les infrastructures terroristes et toutes les zones où le Hamas opère ou se cache, tout en diffusant de multiples avertissements d’évacuation aux civils dans les régions qu’il prévoit d’attaquer.
Un document détaillé trouvé dans un véhicule utilisé par les terroristes du Hamas lors de leur attaque meurtrière contre Israël montre qu’ils ont reçu l’ordre de massacrer des civils et de faire des captifs, selon un reportage télévisé diffusé samedi.
La chaîne publique israélienne Kan a indiqué que le document avait été retrouvé dans le kibboutz Reim, à l’extérieur duquel au moins 260 personnes ont été tuées et un nombre inconnu prises en otage lors du festival de musique qui se tenait en plein air.
Ce article a été publié un jour après que Kan a révélé un autre document laissé par un terroriste du Hamas dans le sud d’Israël, qui ordonnait aux terroristes de tuer autant de civils que possible lors de leur prise de contrôle du kibboutz Alumim.
Samedi, NBC News a rapporté que des documents supplémentaires récupérés auprès de terroristes montraient des plans détaillés du Hamas pour cibler une école primaire et un centre de jeunesse, tuer « autant de personnes que possible » et prendre des otages rapidement à Gaza à partir du kibboutz Saad.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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