Les alliés de Londres expulsent des diplomates russes, Israël s’abstient
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Les alliés de Londres expulsent des diplomates russes, Israël s’abstient

Un responsable russe a expliqué qu'Israël avait rejoint la Chine, le Brésil et l'Inde qui tentent d'éviter la controverse suite à une attaque au gaz neurotoxique

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Des manifestants brandissent des pancartes appelant à la fin de la guerre en Syrie aux abords de l'ambassade russe de Tel Aviv, le 18 décembre 2016 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Des manifestants brandissent des pancartes appelant à la fin de la guerre en Syrie aux abords de l'ambassade russe de Tel Aviv, le 18 décembre 2016 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Contrairement au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, au Canada, à l’Allemagne, à la France et à d’autres pays occidentaux, l’Etat juif n’a pas expulsé cette semaine de diplomates russes, a appris le Times of Israel.

Lundi, plusieurs pays ont annoncé qu’un total d’environ 100 diplomates russes – qui seraient des espions – ont été expulsés en réponse à l’implication présumée de Moscou dans une attaque utilisant un agent neurotoxique survenue au Royaume-Uni.

Le ministère des Affaires étrangères de Jérusalem a refusé lundi de commenter d’éventuelles expulsions possibles de diplomates russes. L’ambassade russe de Tel Aviv a toutefois indiqué au Times of Israel qu’aucun diplomate n’avait été placé dans l’obligation de quitter le territoire.

En ne rejoignant pas les pays qui cherchent à sanctionner la Russie en raison de son implication présumée dans l’attaque au poison de Salisbury, Israël se retrouve donc aux côtés d’Etats comme la Chine, le Brésil et l’Inde, qui ont tenté de manière similaire de rester à l’écart de la controverse, a déclaré au Times of Israel un responsable russe qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat.

Des militaires britanniques portant une combinaison de protection travaillent pour évacuer un véhicule lié à l’attaque de l’agent neurotoxique du 4 mars à Salisbury, dans le sud-est de l’Angleterre, le 14 mars 2018. (Adrian DENNIS/AFP)

L’ambassade du Royaume-Uni en Israël a déclaré ne pas avoir de commentaires à faire au-delà de ce qu’elle avait d’ores et déjà communiqué la semaine dernière après l’émission par Israël d’une condamnation tiède de l’attaque au gaz neurotoxique qui a ciblé l’ex-agent double russe Sergei Skripal et sa fille Yulia.

« Nous attendons des déclarations fortes de soutien de la part de tous nos partenaires proches, notamment d’Israël », avait indiqué l’ambassade du Royaume-Uni, située à Ramat Gan en date du 20 mars, après qu’il s’est avéré que des responsables britanniques s’étaient plaints à leurs interlocuteurs israéliens d’une réponse de Jérusalem qui avait échoué à mentionner l’implication ostensible de la Russie dans cette affaire d’empoisonnement.

Dans un communiqué du 15 mars, le ministère des Affaires étrangères israélien avait simplement établi que « Israël considère avec gravité l’événement qui s’est produit en Grande-Bretagne et le condamne vigoureusement. Nous espérons que la communauté internationale coopérera pour éviter de tels événements ».

Tandis que Londres s’était offusqué de l’omission de la Russie – qui, selon le Royaume-Uni et un grand nombre de ses alliés, reste la principale suspecte dans le dossier – l’ambassade russe de Tel Aviv avait émis son propre communiqué le 16 mars, exprimant son inquiétude face aux « tentatives effectuées par le gouvernement du Royaume-Uni et soutenues par certaines nations étrangères et un grand nombre de médias de jeter Israël au coeur d’une campagne politique et propagandiste ».

Les Etats-Unis et plus d’une douzaine de nations européennes ont expulsé lundi des diplomates russes et l’administration Trump a ordonné la fermeture du consulat russe de Seattle.

Mettant en garde contre un nombre « inacceptablement élevé » d’espions russes aux Etats-Unis, l’administration Trump a fait savoir que 60 diplomates quitteraient le territoire américain – tous des agents russes des renseignements travaillant sous couverture diplomatique, ont fait savoir les Etats-Unis. Dans ce groupe, une douzaine de personnes occupant des postes à la mission russe des Nations unies qui, selon des responsables, étaient engagées dans une « collecte agressive » de renseignements sur le sol américain.

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