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Les Argentins utilisent la tradition juive pour marquer 100 000 décès du COVID

Des marcheurs déposent de petites pierres avec les noms des victimes du coronavirus en face du siège du gouvernement “afin qu'elles soient inscrites dans la durée”

Une femme dépose une pierre portant le nom d'un parent, devant la Casa Rosada, le siège du gouvernement, lors de la « Marche des pierres » en hommage aux victimes de la COVID-19, à Buenos Aires, Argentine, le 16 août 2021. (Ronaldo Schmeidt / AFP )
Une femme dépose une pierre portant le nom d'un parent, devant la Casa Rosada, le siège du gouvernement, lors de la « Marche des pierres » en hommage aux victimes de la COVID-19, à Buenos Aires, Argentine, le 16 août 2021. (Ronaldo Schmeidt / AFP )

Cette semaine, les Argentins ont déposé des pierres devant la Casa Rosada, le siège du gouvernement, pour marquer une triste étape dans l’expérience COVID-19 de leur pays : ils ont franchi le seuil des 100 000 morts.

Ils faisaient également écho à un rituel juif dont on peut observer les signes caractéristiques – de petits cailloux posés au sommet de pierres tombales – dans n’importe quel cimetière juif du monde.

La « Marche des pierres » à Buenos Aires s’est constituée spontanément à travers des conversations sur les réseaux sociaux pour protester contre la façon dont le gouvernement argentin gère la pandémie. Ceux qui ont défilé lundi devant le bâtiment du gouvernement ont apporté des pierres portant les noms des victimes de la COVID, dont le nombre est passé à plus de 110 000 au cours de la semaine. Sur le site principal, ils ont déposé les pierres sur une esplanade.

L’idée des pierres a été choisie parce qu’elles sont durables – la même raison pour laquelle les Juifs visitant les cimetières placent fréquemment de petites pierres sur les pierres tombales. Un journal local, Perfil, a fait le rapprochement.

« La proposition des pierres est liée à la tradition juive de placer des cailloux sur les pierres tombales des êtres chers afin qu’is durent dans le temps, contrairement à la coutume catholique de laisser des fleurs », note le journal.

Parmi les pierres qu’on peut voir sur les réseaux sociaux, il y en a une pour le rabbin Baruj Plavnick, décédé plus tôt cette année à 69 ans. Il avait offert sa synagogue comme centre de vaccination et avait refusé de se faire vacciner avant d’être éligible.

Le gouvernement a récupéré les pierres afin de créer un jour le site d’un hommage permanent, a rapporté l’agence de presse officielle Telam. La ville de Buenos Aires construit également son propre mémorial COVID-19, et un député municipal a proposé d’intégrer les pierres dans sa construction.

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