Les attentats de Bruxelles ravivent des critiques que la Belgique juge infondées
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Les attentats de Bruxelles ravivent des critiques que la Belgique juge infondées

La gestion de l'immigration ou la faiblesse de la police et des services de renseignement de Belgique ont été critiquées

Le quartier de Molenbeek, à Bruxelles, après les attentats du 22 mars 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube/Channel 4 News)
Le quartier de Molenbeek, à Bruxelles, après les attentats du 22 mars 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube/Channel 4 News)

Les attentats jihadistes de Bruxelles ont ravivé des critiques sur la gestion de l’immigration par la Belgique ou la faiblesse supposée de sa police et ses services de renseignement, réfutées par les autorités du pays qui réclament une coopération européenne.

Au lendemain des attaques suicide qui ont fait 31 morts et 270 blessés à l’aéroport et dans le métro de la capitale belge, Yisrael Katz aborde la passion du chocolat belge.

« Si en Belgique ils continuent à manger leur chocolat, à profiter de la vie […] et à ne pas prendre en compte qu’une partie des musulmans qui sont là-bas organisent des actes terroristes, ils ne seront pas capables de se battre contre eux », a brocardé le ministre des Renseignements, Yisrael Katz.

La Turquie a jeté un pavé dans la mare en affirmant avoir arrêté et expulsé en 2015 Ibrahim El Barkaoui, identifié mercredi avec son frère Khalid parmi les trois kamikazes de Bruxelles. « Les Belges nous ont dit qu’il avait été libéré », a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Le ministre français des Finances Michel Sapin (D) et le ministre du Budget Christian Eckert (G) assistent à leur audition par la Commission des finances de l'Assemblée nationale à propos de l'amendement de la France du projet de budget 2015 le 13 novembre 2015 à Paris. (Crédit : AFP PHOTO / ERIC PIERMONT)
Le ministre français des Finances Michel Sapin (D) et le ministre du Budget Christian Eckert (G) assistent à leur audition par la Commission des finances de l’Assemblée nationale à propos de l’amendement de la France du projet de budget 2015 le 13 novembre 2015 à Paris. (Crédit : AFP PHOTO / ERIC PIERMONT)

Mais c’est le ministre français des Finances Michel Sapin qui a le plus choqué Bruxelles en évoquant dès mardi soir une « forme de naïveté » belge face à la radicalisation islamiste et au communautarisme dans certains quartiers.

L’allusion visait entre autres la commune bruxelloise de Molenbeek, où ont grandi l’organisateur présumé des attentats de Paris (130 morts le 13 novembre) Abdelhamid Abaaoud, l’un des kamikazes, Brahim Abdeslam, et son frère Salah.

C’est à Molenbeek que Salah Abdeslam a été arrêté vendredi après quatre mois d’une cavale dans laquelle il a bénéficié du soutien des frères El Bakraoui.

« Je ne sais pas s’il faut dire ‘la Belgique’ en tant que telle, mais je pense qu’il y a eu une volonté de la part de certains responsables politiques, peut-être par envie de bien faire, peut-être par sentiment que pour permettre une bonne intégration, il faut laisser les communautés se développer, a déclaré Michel Sapin. Nous savons, et la France le sait peut-être plus encore que d’autres, que ça n’est pas la bonne solution ».

Regarder en face les problèmes

« Indécent », « déclarations idiotes » d’un « donneur de leçon » : ces propos lui ont valu une volée de bois vert en Belgique.

Le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders, le 26 novembre 2015 (Crédit : AFP PHOTO / BELGA PHOTO / LAURIE DIEFFEMBACQ)
Le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders, le 26 novembre 2015 (Crédit : AFP PHOTO / BELGA PHOTO / LAURIE DIEFFEMBACQ)

« Nous devons en Belgique regarder en face les problèmes qui existent dans certains quartiers de certaines de nos villes, et pas seulement à Molenbeek d’ailleurs », a réagi le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, sur la télévision francophone TV5Monde. « Mais le même débat doit avoir lieu ailleurs en Europe, et en particulier en France », a-t-il répliqué.

Le Premier ministre français Manuel Valls a pris ses distances avec son ministre des Finances, se refusant à « donner des leçons à nos amis belges » et relevant que la France aussi a « des quartiers sous l’emprise des trafics de drogue et de salafistes ».

A Paris, les critiques visant la Belgique ont émergé dès les attentats de novembre. Elles ont resurgi sitôt Salah Abdeslam arrêté, à la découverte que l’homme le plus recherché d’Europe avait pu rester caché quatre mois à Bruxelles.

« La naïveté des Belges nous a coûté 130 morts », avait fustigé samedi un ancien magistrat antiterroriste français Alain Marsaud, s’interrogeant dans le quotidien bruxellois Le Soir « sur la capacité des services d’intervention et de renseignement belges ».

Un ancien membre des services belges, Bernard Snoeck, a dénoncé mercredi un manque de moyens et « l’impéritie » de responsables du pays qu’il a accusés « de n’avoir jamais voulu comprendre la montée de l’islam radical […] délibérément ignorée pour cause d’électoralisme ».

Expert en terrorisme à l’Institut norvégien de recherche sur la Défense (NDRE), Thomas Hegghammer relativise les accusations visant les autorités belges. « Aujourd’hui, c’est en Belgique que ça se passe mais la même situation pourrait se reproduire ailleurs. Nous devrions faire attention à ne pas considérer que le problème est simplement en Belgique », déclare-t-il à l’AFP.

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