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Les audiences de pré-inculpation de Netanyahu ont repris pour le 2e jour

L'équipe de défense du Premier ministre a annoncé qu'elle aurait besoin de beaucoup de temps pour présenter ses arguments aux juges

L'équipe de défense du Premier ministre Benjamin Netanyahu, avec l'avocat Yossi Ashkenazi, au centre, arrive au ministère de la Justice à Jérusalem pour l'audience sur les affaires de corruption dans lesquelles Netanyahu est suspecté, le 3 octobre 2019.
(Flash90)
L'équipe de défense du Premier ministre Benjamin Netanyahu, avec l'avocat Yossi Ashkenazi, au centre, arrive au ministère de la Justice à Jérusalem pour l'audience sur les affaires de corruption dans lesquelles Netanyahu est suspecté, le 3 octobre 2019. (Flash90)

Le deuxième jour des audiences de pré-inculpation des affaires criminelles du Premier ministre Benjamin Netanyahu a lieu ce jeudi. L’équipe de défense du Premier ministre a déclaré, comme elle l’avait fait la veille, qu’elle aurait besoin d’une longue session pour présenter tous ces arguments dans seulement l’une des trois affaires qui visent le Premier ministre.

S’exprimant aux journalistes alors qu’il arrivait au bureau du Procureur général dans le bâtiment du ministère de la Justice à Jérusalem, Yossi Ashkenazi, l’avocat de Netanyahu, a dit que la journée serait consacrée à l’affaire 4000, la plus grave des affaires qui pèsent contre le Premier ministre, avec des accusations de corruption, de fraude et d’abus de confiance.

« Hier, nous avons parlé de l’affaire 4000 pendant environ 11 heures, et nous allons poursuivre aujourd’hui avec nos arguments, a déclaré Ashkenazi. Je pense que nous aurons besoin d’autant de temps aujourd’hui pour compléter cette discussion. »

« Le Bureau du procureur général est très attentif, précisément comme il se doit de l’être lors d’une audience, a-t-il poursuivi. Je crois que nous aurons besoin de toute la journée pour développer tous nos arguments dans l’affaire et nous continuerons la semaine prochaine avec les [autres] affaires. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige une réunion de son parti du Likud à la Knesset, le 23 septembre 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Ashkenazi a déclaré que, lors de l’audience de la veille, l’équipe de défense avait apporté de nouvelles preuves sous la forme de « documents qui n’étaient pas dans le dossier de l’enquête ».

Netanyahu n’a pas accompagné ses avocats à l’audience. Il doit participer à la cérémonie d’investiture de la 22e Knesset, dont l’avenir semble déjà compromis en pleine impasse politique qui bloque la formation d’un gouvernement. Cette situation d’impasse, qui a déjà conduit à la tenue inédite de deux élections en l’espace de cinq mois, pourrait bien conduire à un troisième scrutin.

Mercredi, l’équipe de défense a commencé à présenter aux procureurs ce qu’elle a déclaré être de nouveaux arguments et des nouvelles preuves dans les affaires. Les avocats affirment que ces nouvelles preuves contredisent les accusations portées contre le Premier ministre dans les trois affaires de corruption qui pèsent contre lui.

La première session s’est focalisée sur l’affaire 4000, également surnommée l’affaire Bezeq, qui implique des suspicions que Netanyahu, alors ministre des Communications, aurait pris des décisions régulatrices qui ont bénéficié à Shaul Elovitch, alors actionnaire principal du groupe de télécommunications Bezeq, en échange d’une couverture médiatique positive sur le site internet Walla d’Elovitch. Netanyahu risque d’être poursuivi pour fraude, abus de confiance et corruption, dans cette affaire – la plus sérieuse des trois qui pèsent contre lui.

Mercredi, la Douzième chaîne a annoncé que la défense devrait demander l’extension des délibérations sur l’affaire 4000 de deux à trois jours – une extension supplémentaire à celle déjà acceptée par le Procureur général Avichai Mandelblit.

Plus tôt cette semaine, Mandelblit a accepté de donner à l’équipe de défense quatre jours pour présenter les arguments au lieu des deux prévus à l’origine, avec deux jours consacrés à l’affaire 4000 cette semaine, et deux jours supplémentaires pour les affaires 1000 et 2000 la semaine prochaine. Toute demande d’extension des délibérations sur l’affaire 4000 au-delà des deux jours accordés pourrait conduire à étendre les audiences au-delà de la fête de Yom Kippour, qui commence mardi soir – la date butoir actuelle.

Le procureur général Avichai Mandelblit, au centre, arrive au ministère de la Justice à Jérusalem pour une audience sur les affaires de corruption dans lesquelles le Premier ministre Benjamin Netanyahu est suspecté, le 3 octobre 2019. (Flash90)

Selon la Douzième chaîne d’information, la défense avait préparé un document de plusieurs centaines de pages, basé sur les recherches menées par Avi Weiss, un policier à la retraite qui dirige maintenant un site d’information.

Les avocats de Netanyahu avaient seulement déposé une seule page à Mandelblit avant l’audience au lieu du dossier complet de défense du chef du parti du Likud, comme les procureurs l’attendaient.

En février, Mandelblit avait annoncé son intention d’inculper Netanyahu après la procédure d’audience. Le Premier ministre est visé par des accusations de fraude, d’abus de confiance dans les trois affaires, mais aussi de corruption dans l’affaire 4000.

Netanyahu a clamé à de nombreuses reprises son innocence sur le dossier en affirmant être la victime d’une chasse aux sorcières. Il a remis en doute la légitimité de la prise de décision du système judiciaire. Il s’en est pris au procureur de l’Etat Shai Nitzan et à la procureure en chef du dossier, Liat Ben-Ari, pour ce qu’il a dit être un acharnement à son encontre.

L’équipe de défense qui représente le Premier ministre lors de l’audience est composée de 10 avocats. Ils sont opposés à une vingtaine d’officiels de l’accusation, menés par Mandelblit, Nitzan et Ben-Ari.

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