Les avions étrangers à l’aide d’Israël confronté à des feux exceptionnels
Rechercher

Les avions étrangers à l’aide d’Israël confronté à des feux exceptionnels

"Nous sommes profondément reconnaissants envers la communauté internationale. Sa mobilisation prouve qu'en cas de crise, nous pouvons compter sur de nombreux amis", a déclaré Israël

Des avions de lutte contre le feu israéliens essaient d'éteindre un incendie qui fait rage dans la ville de Haïfa, au nord du pays, où un grand incendie a fait rage dans la ville le 24 novembre 2016. (Crédit : Yaakov Cohen/Flash90)
Des avions de lutte contre le feu israéliens essaient d'éteindre un incendie qui fait rage dans la ville de Haïfa, au nord du pays, où un grand incendie a fait rage dans la ville le 24 novembre 2016. (Crédit : Yaakov Cohen/Flash90)

Des avions étrangers ont commencé vendredi à aider Israël à combattre une série exceptionnelle d’incendies qui ont poussé à l’évacuation de dizaines de milliers de personnes et nourri de nouveau la suspicion entre une partie de l’opinion israélienne et la communauté arabe.

Des Canadairs turcs, grecs, croates et deux Beriev be-200 géants russes sont arrivés pour participer avec les petits appareils israéliens au combat qui se poursuivait contre les flammes, ont indiqué les Affaires étrangères israéliennes. D’autres avions, de France, du Canada, d’Espagne et même d’Azerbaïdjan, étaient attendus.

Une vingtaine d’avions propageaient dans l’après-midi liquide et retardant contre un vaste incendie menaçant, dans les collines proches de Jérusalem, les petites localités de Maale HaHamisha et Nataf (centre), dont les habitants ont été évacués, ont indiqué les pompiers.

Non loin de là, des centaines d’habitants de Beit Meir, village coopératif religieux, avaient dû fuir les flammes dans la nuit. D’autres incendies ont été rapportés.

Les Palestiniens sont aussi venus dans la nuit à la rescousse, envoyant 41 pompiers et huit camions à Haïfa (nord) et à Beit Meir (centre) où, vision hors du commun, les hommes du feu israéliens et palestiniens ont combattu les flammes côte à côte.

Les incendies se sont poursuivis dans la nuit, forçant les secours à évacuer les centaines d’habitants de Beit Meir, village coopératif religieux dans les collines proches de Jérusalem.

Des pompiers israéliens à Beit Meir, le 25 novembre 2016 (Crédit : AFP/AHMAD GHARABLI)
Des pompiers israéliens à Beit Meir, le 25 novembre 2016 (Crédit : AFP/AHMAD GHARABLI)

Une partie de la population de Haïfa a passé la nuit loin de chez elle après l’évacuation jeudi de dizaines de milliers d’habitants fuyant les flammes de plusieurs mètres de haut qui attaquaient les immeubles et menaçaient les crèches, les écoles et des quartiers entiers.

Mobilisation internationale

Vendredi matin, la situation était « sous contrôle » à Haïfa, a dit à l’AFP un porte-parole de la police, Micky Rosenfeld qui a cependant incité à la prudence : « Les choses peuvent (…) évoluer au moment même où nous parlons ».

Des centaines de policiers, de pompiers et de secouristes restaient déployés dans les rues des quartiers les plus durement touchés pour surveiller et répondre à d’éventuels nouveaux départs de feu, a constaté un journaliste de l’AFP.

Une partie des avions étrangers ont commencé à opérer vendredi matin, a indiqué à l’AFP le porte-parole des Affaires étrangères Emmanuel Nahshon.

« Nous sommes profondément reconnaissants envers la communauté internationale. Sa mobilisation prouve qu’en cas de crise, nous pouvons compter sur de nombreux amis », a-t-il dit à l’AFP.

Avec la multiplication des incendies depuis mardi, les moyens de lutte d’Israël ont touché à leurs limites, suscitant des interrogations sur les leçons tirées du plus grave sinistre de l’histoire d’Israël qui avait fait 44 morts à Haïfa en 2010.

La vague d’incendies, jusqu’à des dizaines par jour à travers le territoire, a aussi ravivé la suspicion entre une partie de la population d’une part et la communauté arabe et les Palestiniens d’autre part.

Les Arabes israéliens, qui représentent 17,5 % de la population d’Israël, se considèrent communément comme Palestiniens et sympathisent avec la cause de ces derniers dans le conflit israélo-palestinien.

‘Huile sur le feu’

Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan a indiqué qu’une partie des feux étaient des actes criminels motivés par le conflit.

Un poids lourd du gouvernement, Naftali Bennett, a assuré que les feux ne pouvaient avoir été allumés par des juifs. Plusieurs officiels ont parlé de terrorisme, sans désigner explicitement les Arabes ou les Palestiniens.

Les médias israéliens ont commencé à s’interroger sur le déclenchement d’une « intifada du feu », par référence aux soulèvements populaires palestiniens passés.

Equivoque, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a prévenu que tout incendie volontaire serait traité comme un « acte de terrorisme », sans dire explicitement si c’était le cas de certains feux récents.

« Quand le Premier ministre parle de terrorisme, même s’il n’emploie pas le mot d’Arabes, tout le monde est censé comprendre : (…) ‘les Arabes mettent le feu au pays' », éditorialisait le quotidien Yedioth Ahronoth, (très) peu favorable au chef du gouvernement.

Les leaders de la communauté arabe se sont indignés, faisant valoir que les Arabes israéliens étaient également touchés par les incendies.

« Je recommande vivement de ne pas jeter de l’huile sur le feu », a dit pour sa part à la radio publique le chef de file de l’opposition israélienne, Isaac Herzog.

« La situation est moins claire que ne le suggèrent les propos tonitruants » de certains, a-t-il dit.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...