Les avocats de Netanyahu soumettent les arguments de la défense à Mandelblit
Rechercher

Les avocats de Netanyahu soumettent les arguments de la défense à Mandelblit

La télévision israélienne cite les procureurs qui indiquent qu'il est peu probable que la date de l'audience du Premier ministre soit reportée

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu 
et Avichai Mandelblit, (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Avichai Mandelblit, (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les avocats du Premier ministre Benjamin Netanyahu ont soumis mercredi des documents pour sa défense dans une série d’affaires de corruption en vue de l’audience prévue le mois prochain avec le procureur général Avichai Mandelblit.

Netanyahu, qui a subi un puissant revers électoral mardi puisque lui et ses alliés politiques n’ont pas réussi à obtenir une majorité nécessaire à la formation d’un gouvernement, est menacé par des poursuites pour fraude et abus de confiance dans trois affaires distinctes, ainsi que pour corruption dans l’un d’elles.

Son audience avec Avichai Mandelblit doit commencer le 2 octobre prochain, soit la date limite à laquelle le président Reuven Rivlin doit charger un candidat de constituer un gouvernement.

Citant des sources au sein du bureau du procureur d’État, la Douzième chaîne a rapporté que cette audience ne serait probablement pas reportée en raison du résultat du scrutin.

On supputait largement que si Benjamin Netanyahu avait remporté l’élection avec une majorité claire, il aurait tenté d’encourager un projet de loi lui garantissant l’immunité.

L’audience était initialement prévue en juin, mais au mois de mai, le procureur général a accepté de la repousser de trois mois.

Les avocats de la défense avaient réclamé un délai d’un an complet, arguant que trois mois n’étaient pas suffisants pour examiner le grand nombre de documents du dossier, ce que Mandelblit leur a refusé.

Les avocats du Premier ministre Benjamin Netanyahu, (de gauche à droite) Tal Shapira, Navot Tel Zur, et Amit Hadad, après un entretien avec le procureur général Avichai Mandelblit, le 21 janvier 2019. (Crédit : capture d’écran Mivzak news)

Mandelblit avait annoncé son intention d’inculper Netanyahu en février. Les avocats de ce dernier avaient alors demandé, avec succès, à ce que les contenus du dossier ne leur soient pas transmis avant le scrutin national du 9 avril afin qu’aucune information ne fuite dans les médias et n’influe le vote.

Mais au lendemain de l’élection, ses avocats ont attendu un mois avant de récupérer les documents, invoquant un conflit autour de leurs honoraires. Ils ont alors été accusés de vouloir retarder la procédure légale.

Mercredi, un avocat de premier plan, Uri Korb, qui représentait l’État dans les poursuites contre l’ex-Premier ministre Ehud Olmert, a fait savoir que Netanyahu lui avait demandé de le représenter lors de l’audience avec Mandelblit.

Uri Korb, alors procureur de la cour du district de Jérusalem, en mai 2015. (Crédit : Emil Salman/Pool)

« On m’a demandé mon aide. En l’état actuel des choses, je n’en apporterai aucune », a indiqué Uri Korb à la Douzième chaîne.

Il n’a pas précisé quand cette demande lui a été faite et n’a pas exclu la possibilité qu’il l’accepte.

Une partie de l’équipe de défense du Premier ministre a jeté l’éponge pour des questions de rémunération, que Benjamin Netanyahu a tenté de faire financer par des soutiens américains, malgré l’opposition des autorités israéliennes.

Le chef du gouvernement avait en effet reçu 300 000 dollars de la part de l’homme d’affaires Nathan Milikowsky, que la commission des permis du bureau du contrôle de l’État lui a demandé de rembourser.

Vendredi, Mandelblit a annoncé qu’il autoriserait Netanyahu à recevoir un prêt d’un ami, l’homme d’affaires américain, Spencer Partrich, pour financer ses frais de justice.

Netanyahu ne cesse de réfuter les accusations pesant sur lui et clame que ces enquêtes relèvent d’une tentative de ses rivaux politiques, des médias, de la police et du ministère public de le chasser du pouvoir.

Les résultats obscurs du scrutin de mardi pourraient menacer la stratégie de défense du Premier ministre. Alors qu’il tente de rassembler une coalition autour de lui, il aurait conditionné, plus ou moins tacitement, toute entrée dans son gouvernement à un soutien à la garantie de son immunité, via une nouvelle loi notamment.

Netanyahu nie avoir tenté de faire passer une telle législation, mais a refusé d’exclure qu’il tenterait de l’obtenir auprès de ses partenaires de coalition si la tâche de former un gouvernement lui était confiée.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...