Les bouteilles jusqu’à 5 litres seront désormais consignées
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Les bouteilles jusqu’à 5 litres seront désormais consignées

Malgré l'opposition des fabricants de boisson et des ultra-orthodoxes, Gila Gamliel a annoncé cette mesure, "gagnant-gagnant pour l'environnement, la société et l'économie"

Un usager met des bouteilles dans un automate qui va les compresser et émettre un bon permettant de récupérer la consigne. (Capture d'écran : Tomra Group)
Un usager met des bouteilles dans un automate qui va les compresser et émettre un bon permettant de récupérer la consigne. (Capture d'écran : Tomra Group)

Les militants pour l’environnement, et notamment l’organisation Adam Teva V’Din crie enfin victoire. Après des années de campagne, la ministre de la Protection de l’environnement Gila Gamliel a annoncé dimanche que la loi sur les bouteilles consignées sera élargie aux bouteilles entre 1,5 litre et 5 litres. Cela devrait permettre aux consommateurs d’économiser 60 millions de shekels par an.

En raison des restrictions imposées par le coronavirus, les sociétés de boissons et les détaillants concernés auront un an pour se préparer aux changements, même si la loi ne prévoit que 60 jours, selon un communiqué du ministère.

Israël, comme la plupart des pays du monde, est noyé dans des bouteilles en plastique à usage unique, qui jonchent les espaces publics tels que les parcs, les réserves naturelles, les plages, les rivières et la mer.

Depuis 2001, lorsque le gouvernement a adopté la loi sur la consigne des contenants de boissons, un supplément remboursable de 30 agorot a été ajouté au coût de toutes les canettes et bouteilles en verre et en plastique de 100 millilitres à 1,5 litre, afin d’encourager le recyclage.

Une usine de recyclage de bouteilles en plastiques, à Jérusalem. (Crédit : Pierre Terdjman/Flash90)

Mais les bouteilles plus grandes avaient été exemptées, en grande partie en raison de la pression exercée par les groupes et fabricants ultra-orthodoxes.

En 2010, les fabricants et importateurs ont été chargés de collecter et recycler les bouteilles de 1,5 litre et 5 litres selon des objectifs chiffrés prédéterminés. Neuf d’entre eux font toujours appel des amendes imposées par le ministère, totalisant 48 millions de shekels, pour leur incapacité à atteindre ces objectifs.

En décembre 2019, en réponse à une requête déposée par Adam Teva V’Din, la Haute Cour avait donné au ministre de la Protection de l’environnement de l’époque, Zeev Elkin, jusqu’à juin 2020 pour expliquer pourquoi la loi sur la consigne ne devrait pas s’appliquer aux bouteilles de plus de 1,5 litre.

Gamliel a obtenu une extension supplémentaire jusqu’à dimanche, affirmant qu’elle avait besoin de temps pour parvenir à une décision qui, l’espère-t-elle, conviendra à tous.

Dans un communiqué diffusé dimanche, elle a déclaré que « la meilleure façon de nettoyer l’espace public des bouteilles vides et d’encourager au recyclage est de consigner les grandes bouteilles également ».

Amit Bracha, directeur-exécutif d’Adam Teva VDin. (Autorisation)

Amit Bracha, directeur de Adam Teva V’Din, a salué la ministre pour « cette démarche historique » pour la protection de l’environnement en Israël.

« L’application de cette loi mettra fin à la pollution par des dizaines de millions de bouteilles en plastique qui se trouvent dans l’espace public, sur les plages et dans les réserves naturelles chaque année », a-t-il dit. « Les Israéliens gagneront des dizaines de millions de shekels chaque année en percevant la consigne et Israël s’alignera avec les pays européens et deviendra un pays plus propre et plus sain pour sa population et son environnement. »

Gamliel a décrit sa décision comme « gagnant-gagnant pour l’environnement, la société et l’économie ».

Estimant que ce changement permettra aux Israéliens d’économiser quelque 56,3 millions de shekels par an, aux sociétés de collecte 45,6 millions de shekels et aux autorités locales 4,4 millions de shekels, la ministre a assuré que l’application de la consigne garantirait la viabilité économique d’une usine de recyclage du plastique en Israël et fournirait des matières premières aux producteurs locaux de bouteilles qui doivent actuellement importer du plastique recyclé de l’étranger. [La dernière usine de ce type en Israël a fermé il y a des années]. Cela permettrait également de réduire la quantité de déchets jetés à la poubelle et de créer de nouveaux emplois verts, a-t-elle ajouté.

Une femme jette une bouteille dans un bac de recyclage du centre de Jérusalem. (Crédit photo : Nati Shohat/Flash90)

Les 24 000 cages de collecte de bouteilles dans les rues seront remplacées par des machines automatiques de dépôt et de retour dans les supermarchés et autres points de collecte centraux, selon le ministère. Aujourd’hui, les clients doivent faire la queue aux caisses des supermarchés pour récupérer leur argent.

Lors d’une réunion de la commission de l’économie de la Knesset le mois dernier sur ce sujet, Gamliel a montré une vidéo d’une machine qui compresse les bouteilles et les canettes et distribue des bons de remboursement. Le distributeur automatique dit « inversé » – développé dans ce cas par une société norvégienne, Tomra – ressemble à une laverie industrielle. Le consommateur peut y jeter plus de 100 canettes ou bouteilles en plastique vides à la fois, sans avoir à les introduire une par une. La machine calcule le nombre d’articles insérés et émet un bon qui permet de se faire rembourser la consigne payée lors de l’achat.

Un usager met des bouteilles dans un automate qui va les compresser et émettre un bon permettant de récupérer la consigne. (Capture d’écran : Tomra Group)

Le ministère a déclaré dimanche qu’il envisageait même de subventionner les distributeurs automatiques dans les écoles et autres bâtiments publics afin que les recettes de la consigne soient versées aux établissements eux-mêmes.

À la commission économique de la Knesset, une coalition composée des fabricants de boissons, de deux des trois entreprises de collecte de bouteilles et de canettes bien établies dans l’industrie, du Centre pour la gouvernance locale et des députés représentant à la fois les Arabes et les Juifs ultra-orthodoxes, s’est prononcée contre l’extension de la loi sur la consigne aux grandes bouteilles. Ces groupes ont fait valoir que la clé d’un recyclage accru était de rendre les bacs de collecte de bouteilles aussi accessibles que possible au public et d’encourager les citoyens à recycler volontairement à l’aide de campagnes de sensibilisation.

Les fabricants ont fait valoir que le coût « injuste » d’une loi de consigne élargie, qu’ils ont estimé entre 300 et 500 millions de shekels serait répercuté sur le consommateur sous la forme d’une augmentation du prix des boissons en canettes et en bouteilles.

Des déchets plastiques dans la mer. (dottedhippo/iStock by Getty Images)

Les chiffres du ministère de l’Environnement suggèrent que les importateurs et les producteurs verront leurs coûts annuels augmenter d’un peu moins de 30 millions shekels et la grande distribution de 14,7 millions shekels.

Le forum des 15 autorités locales les plus fortes et l’une des trois sociétés de collecte de bouteilles et de canettes (Asufta) étaient favorables à l’élargissement de la loi sur la consigne.

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