La ministre de l’Environnement présente l’avenir du recyclage des bouteilles
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La ministre de l’Environnement présente l’avenir du recyclage des bouteilles

Gila Gamliel, qui dit vouloir satisfaire tout le monde, a montré à la Knesset un clip d'une machine qui comprime bouteilles et boîtes de conserve et émet un bon de remboursement

Un homme introduit des canettes et des bouteilles usagées dans une machine de compression automatisée qui délivre un bon de restitution des consignes versées à l'avance. (Capture d'écran Tomra Group)
Un homme introduit des canettes et des bouteilles usagées dans une machine de compression automatisée qui délivre un bon de restitution des consignes versées à l'avance. (Capture d'écran Tomra Group)

La ministre de la Protection de l’environnement, Gila Gamliel, a fait ce lundi quelque chose d’inhabituelle pour un ministre – elle a participé à une réunion de deux heures d’une commission de la Knesset.

La réunion visait à déterminer la meilleure façon de garantir des taux de recyclage plus élevés pour les grandes bouteilles en plastique. L’un des points forts a été la diffusion d’une vidéo qu’elle a présentée concernant le type de machine qui pourrait à l’avenir équiper les supermarchés israéliens.

Ce qu’on appelle le « distributeur automatique inversé » – dans ce cas, développé par une société norvégienne, Tomra – ressemble à une machine à laver industrielle.

On peut introduire plus de 100 canettes ou bouteilles en plastique vides dans l’ouverture en une seule fois, sans avoir à les introduire une par une, et la machine calcule le nombre d’articles introduits et émet un bon qui rembourse la consigne versée lors de l’achat des boissons.

Introduction de canettes et de bouteilles usagées dans une machine de compression automatique qui délivre un bon de restitution des consignes versées à l’avance. (Capture d’écran : Tomra Group)

Israël, comme la plupart des pays du monde, nage dans des bouteilles en plastique à usage unique, qui jonchent les espaces publics tels que les parcs, les réserves naturelles, les plages, les rivières et la mer.

Depuis 2001, lorsque le gouvernement a adopté la loi sur la consigne des récipients à boisson, une somme de 30 agorot NIS remboursable a été ajoutée au prix de toutes les canettes de boissons et des bouteilles en verre et en plastique contenant de 100 millilitres à 1,5 litre de boisson, afin d’encourager le recyclage.

Des bouteilles en plastique et d’autres déchets dans le réservoir d’eau de Beit Zait près de Jérusalem, le 1er mars 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Mais les grandes bouteilles ont été exclues, en grande partie grâce à la pression exercée par les groupes et les fabricants ultra-orthodoxes.

En décembre 2019, en réponse à une requête déposée par Adam Teva V’Din, la Cour suprême a donné jusqu’en juin 2020 au prédécesseur de Gamliel, le ministre Zeev Elkin, pour expliquer pourquoi la loi sur la consigne ne devrait pas s’appliquer aux bouteilles de plus de 1,5 litre.

Le dernier délai de la Cour suprême, après d’autres reports, est mercredi, mais Mme Gamliel a demandé que ce délai soit également repoussé.

Gila Gamliel, ministre de la Protection de l’environnement, assiste à un débat de la commission économique de la Knesset sur la consigne des bouteilles, le 14 septembre 2020. (Ministère de la Protection de l’environnement)

Elle a déclaré à la commission économique de la Knesset qu’il y avait de nombreuses options pour traiter le problème, qu’il y avait des désaccords même au sein de son ministère et entre les différentes autorités locales sur la meilleure façon de procéder, et qu’il lui fallait encore un mois pour parvenir à une décision qui, elle l’espère, sera acceptable pour toutes les parties.

Les fabricants de boissons, ainsi que deux des trois sociétés de collecte créées par l’industrie, le Center for Local Government et les députés représentant à la fois les Arabes et les Juifs ultra-orthodoxes, se sont tous prononcés contre l’extension de la loi sur la consigne aux grandes bouteilles, arguant que la clé d’un recyclage accru était de rendre les bacs de collecte de bouteilles aussi accessibles que possible au public et d’encourager les citoyens à recycler à l’aide de campagnes éducatives.

Les fabricants ont fait valoir que le coût « injuste » d’une loi de consigne élargie, qu’ils ont estimé entre 300 et 500 millions de NIS, serait répercuté sur le consommateur sous la forme d’une hausse des prix des boissons en canettes et en bouteilles.

Ils ont plutôt préconisé un programme volontaire pour atteindre 73 % de collecte des grandes bouteilles sur cinq ans (en disant que la collecte s’élevait aujourd’hui à environ 60 %), pour un coût total de 150 millions de NIS. Ils ont insisté pour que les plus grandes bouteilles soient incluses dans la loi couvrant le recyclage des conteneurs, qui sont collectés dans des bacs oranges distincts, s’engageant à investir 25 millions NIS supplémentaires dans les infrastructures afin de garantir que les bacs oranges soient toujours vidés lorsqu’ils sont pleins.

Bouteilles de 1,5 litre sur une ligne de production de l’usine de la société à Atarot, près de Jérusalem, le 22 janvier 2015. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les groupes environnementaux, le collectif des 15 collectivités locales les plus importantes, l’une des trois sociétés de collecte de bouteilles et de canettes (Asufta), le chef de la commission des affaires intérieures et de la protection de l’environnement de la Knesset, le député Miki Haimovich, et la députée Tamar Zandberg ont plaidé en faveur d’un élargissement de la loi sur la consigne.

Amiad Lapidot, responsable du sujet de l’élimination des déchets à Adam Teva V’Din, a affirmé que la collecte volontaire des grandes bouteilles avait à peine atteint 35 % ces dernières années. L’élargissement de la loi sur la consigne permettrait au public, en particulier aux familles les plus pauvres, d’économiser 90 millions de NIS chaque année, a-t-il déclaré.

Aujourd’hui, le public paie via des canaux tels que les taxes foncières pour la collecte des bouteilles. La loi sur la consigne transférerait les coûts aux fabricants, conformément au principe du pollueur-payeur. Elle rendrait les entreprises responsables de l’élimination de ce qu’elles créent.

Estimant que 3 000 machines de collecte automatisées seraient nécessaires, Doron Lavee, du cabinet de conseil politique Pareto, que le ministère de la Protection de l’environnement a chargé d’effectuer une analyse économique d’une extension de la loi sur la consigne, a déclaré que les machines de compression automatisées réduiraient de 30 fois le volume de chaque boîte ou bouteille, diminueraient de cinq fois le volume des bouteilles que les grands distributeurs traitent à la main et réduiraient de moitié leurs coûts opérationnels.

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