Les cadeaux ont totalisé moins de 500 000 shekels, selon l’avocat de Netanyahu
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Les cadeaux ont totalisé moins de 500 000 shekels, selon l’avocat de Netanyahu

Amit Hadad a affirmé que les conclusions tirées par la police sont "pleines de trous" et a pointé du doigt le principal témoin - le rival du Premier ministre, Yair Lapid

Le producteur hollywoodien Arnon Milchan (Crédit : capture d'écran YouTube/amitost)
Le producteur hollywoodien Arnon Milchan (Crédit : capture d'écran YouTube/amitost)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu — accusé mardi par la police d’avoir accepté des pots-de-vin pour un total d’un million de shekels de la part de riches hommes d’affaires en échange de faveurs – n’a reçu que des cadeaux et non des pots-de-vin et pour un montant s’élevant à moins de 500 000 shekels, a indiqué un avocat du Premier ministre mercredi.

Amit Hadad a déclaré n’avoir jamais vu « un document autant rempli de trous » que les recommandations émises par la police prônant l’inculpation du Premier ministre pour corruption et que les chiffres qui ont été cités ont été « gonflés [et qu’ils sont] sans pertinence ».

« Je ne peux pas exactement dire à combien s’élève ce montant mais il est ici complètement disproportionné. Il s’élève à moins d’un demi-million de shekels », a-t-il annoncé.

Dans le dossier connu sous le nom d’Affaire 1000, Netanyahu et son épouse Sara auraient reçu des cadeaux illicites de la part de bienfaiteurs milliardaires, notamment 750 000 shekels de cigares, champagne, joaillerie et vêtements de la part du magnat de Hollywood Arnon Milchan et environ 250 000 shekels de cadeaux de la part d’un partenaire d’affaires de Milchan, James Packer.

Hadad a expliqué que Netanyahu n’avait jamais été impliqué dans les intérêts commerciaux de Milchan et qu’il avait, en fait, joué contre ces derniers à plusieurs occasions.

L’avocat du Premier ministre Benjamin Netanyahu Amit Hadad. (Capture d’écran : YouTube)

« Il n’a pas reçu de pots-de-vin du tout, ni un jour, ni jamais », a-t-il déclaré à la radio israélienne.

« Lorsque les chiffres sont mauvais dès le départ, alors c’est le processus entier qui le devient », a-t-il ajouté. « Le fait que l’amitié [entre les deux hommes] était très profonde n’est pas mentionné. Ces histoires ne sont pas sérieuses. Et je n’évoquerai pas les motivations de la police ».

Lors d’une annonce spectaculaire faite mardi soir, la police a expliqué qu’elle recommandait l’inculpation de Netanyahu pour une série de faits graves de corruption, parmi lesquels la réception de pots-de-vin, la fraude et l’abus de confiance dans deux dossiers séparés, et qu’elle estimait qu’il y avait suffisamment de preuves pour traduire le Premier ministre en justice.

Lors de la publication des recommandations et des accusations détaillées, des informations ont établi que le témoin déterminant contre le Premier ministre dans l’Affaire 1000 avait été son adversaire politique, Yair Lapid.

Lapid, selon les médias, aurait apporté des preuves que le Premier ministre Netanyahu aurait cherché à faire adopter une législation visant à prolonger de dix années supplémentaires une exemption fiscale sur les revenus gagnés à l’étranger pour les Israéliens rentrés au pays – ce qui aurait pu permettre à Milchan d’économiser des millions de dollars si cette initiative n’avait pas été déjouée par le Trésor, dirigé à l’époque par Yair Lapid.

La police a fait savoir qu’en échange des cadeaux reçus de la part de ses riches associés, Netanyahu aurait tenté de faire avancer un certain nombre de projets, le plus significatif étant l’effort de prolonger cette exemption contenue dans la législation dorénavant connue sous le nom de « Loi Milchan ». L’exemption initiale avait été signée par le prédécesseur de Netanyahu, Ehud Olmert, en 2008.

Après la publication des recommandations de la police, dans la soirée de mardi, Lapid a confirmé qu’il avait témoigné dans ce dossier.

« La police m’a contacté et m’a demandé de témoigner sur la période que j’ai passée au ministère des Finances. Comme n’importe quel citoyen soumis à la loi, j’ai apporté un court témoignage consacré à la tentative d’extension de la ‘loi Milchan’ (sur l’exemption des impôts) à 20 ans », a dit Lapid.

Yair Lapid, à gauche, alors ministre des Finances , et le Premier ministre Benjamin Netanyahu en 2013. (Crédit : Flash90)

Hadad, notant que Lapid a travaillé pour Milchan pendant plusieurs années, a demandé : « Qui avait l’autorité pour prolonger l’exemption de Milchan ? Le ministre des Finances d’alors, Yair Lapid, qui a travaillé pour Milchan pendant des années ».

“Yair Lapid a l’air malin sur les questions en lien avec Milchan », a-t-il continué. « Le document de la police tente, en quelques phrases, de décrire une réalité qui est bien plus complexe ».

Comparant les recommandations de la police « pleines de trous » à un fromage suisse, Hadad a ajouté que « le Premier ministre ne s’est impliqué lui-même dans aucune question susceptible de bénéficier à Milchan. Il n’a pas fait avancer les intérêts de Milchan, il n’a oeuvré à aucune loi bénéficiant à Milchan. C’est Lapid qui s’est entretenu avec son ancien employé et qui a discuté de cette législation ».

« Le Premier ministre n’a jamais agi ni ne s’est jamais penché sur une question qui puisse servir à Milchan, sauf sur celle du visa », a-t-il asséné, se référant aux efforts apparents livrés par le Premier ministre pour amener les autorités américaines à prolonger le visa de dix ans de l’homme d’affaires.

Boaz Ben Zur, avocat de Milchan, a indiqué à la radio militaire qu’il avait été « surpris » par les conclusions de la police qui ont également recommandé l’inculpation de son client pour pots-de-vin.

« La relation [entre Netanyahu et Milchan] est une relation d’amitié » et elle ne correspond pas à la description de la corruption », a-t-il dit. « Milchan est venu apporter son témoignage il y a un an. Il n’avait même pas vraiment consulté ses avocats à cette occasion ».

La police a également recommandé l’inculpation de Netanyahu dans l’Affaire 2000, qui implique un accord de compromis présumé passé entre Netanyahu et le directeur de la publication du journal Yedioth Ahronoth, Arnon Mozes, qui aurait vu le Premier ministre affaiblir un quotidien rival, Israel Hayom, propriété de Sheldon Adelson, en échange d’une couverture de ses actions politiques plus favorable.

Le Premier ministre nie toutes les accusations lancées contre lui.

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