Israël en guerre - Jour 262

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'Elle a, par son exemple, montré qu'une vie ne prend sens que si elle transcende notre égoïsme par la grandeur morale des causes que l'on sert'

Les ‘combats’ de Simone Veil racontés dans un livre préfacé par Badinter

Ces textes, souvent émouvants, toujours pertinents, jamais grandiloquents, révèlent une personnalité qui n’a jamais cessé d’être habitée par le souvenir obsédant des 6 millions de juifs exterminés pendant la Seconde Guerre mondiale

Simone Veil, ministre de la Santé, pendant la campagne électorale pour les élections européennes, le 1er mai 1979. (Crédit: AFP/Staff)
Simone Veil, ministre de la Santé, pendant la campagne électorale pour les élections européennes, le 1er mai 1979. (Crédit: AFP/Staff)

Combats pour la mémoire de la Shoah, pour l’Europe, pour l’émancipation des femmes, pour davantage d’humanité et d’éthique… Les discours et articles de Simone Veil illustrant cette vie d’engagements avaient été rassemblés dans un livre publié l’automne dernier.

« Exprimées parfois de manière ferme, pour ne pas dire incisive, ses opinions, fondées sur un exceptionnel bon sens forgé par les vicissitudes de la vie et une lucidité acquise dès l’adolescence, l’ont convaincue que les hommes sont capables du pire, mais aussi du meilleur », rappelaient ses enfants, Jean et Pierre-François Veil, en présentant les textes de leur mère, préfacés par Robert Badinter et publiés chez Bayard sous le titre Mes combats.

Ces textes, souvent émouvants, toujours pertinents, jamais grandiloquents, révèlent une personnalité qui n’a jamais cessé d’être habitée par le souvenir obsédant des six millions de juifs exterminés pendant la Seconde Guerre mondiale.

« Il n’y a, face au passé, qu’une attitude qui vaille : la lucidité. Ma conviction est que, loin d’avoir à le redouter, toute nation sort renforcée de l’examen serein de son passé », dit-elle à Budapest le 11 juin 2002.

Simone Veil au camp d'extermination nazi d'Auschwitz-Birkenau, le 27 janvier 2005. (Crédit : Patrick Kovarik/AFP)
Simone Veil au camp d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau, le 27 janvier 2005. (Crédit : Patrick Kovarik/AFP)

Le chapitre sur la Shoah qui rassemble une douzaine de textes, rappelle la nécessité absolue de la transmission du passé, si inacceptable soit-il. Une obsession habite l’auteure : comment enseigner la pire des tragédies modernes?

‘Ne plus fermer les yeux’

Dès lors, chez Simone Veil, le combat pour l’Europe est indissociable de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale.

On retrouve dans le recueil son discours du 5 juin 1979, à l’issue de la première campagne des élections européennes au suffrage universel. « Si je m’engage aussi pleinement sur la question de l’Europe, c’est pour tirer la leçon de mon passé et en pensant à l’avenir de la France », dit-elle.

En octobre 2004, en plein débat sur la Constitution européenne, elle affirme : « Nos pays ont payé trop cher le prix de la barbarie pour ne pas tirer une leçon des erreurs du passé. »

Mes combats contient évidemment le fameux discours du 26 novembre 1974 devant l’Assemblée nationale où elle défend la loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse.

« Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les 300 000 avortements qui chaque année mutilent les femmes de pays, qui bafouent nos lois et qui humilient ou traumatisent celles qui y ont recours. »

Simone Veil, ministre de la Santé, défend le projet de loi autorisant l'avortement à l'Assemblée nationale française, le 26 novembre 1974. (Crédit : AFP)
Simone Veil, ministre de la Santé, défend le projet de loi autorisant l’avortement à l’Assemblée nationale française, le 26 novembre 1974. (Crédit : AFP)

Mais ce ne fut pas son seul combat pour l’émancipation des femmes. En juin 2007, juste avant de quitter le Conseil constitutionnel, elle plaide pour davantage de femmes dans la vie politique.

« Vouloir nous éjecter du système, ne plus nous y accepter, c’est une perte pour la société. C’est en politique que c’est le plus important. »

En lisant le texte de ses discours, on découvre également ses combats en faveur de la défense du droit d’asile et des droits de l’Homme en général.

Dans sa préface, Robert Badinter écrit : « Elle a, par son exemple, montré qu’une vie ne prend sens que si elle transcende notre égoïsme par la grandeur morale des causes que l’on sert. »

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