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Les diplomates en chef israélien et saoudien participent à un Zoom animé par Blinken

Le département d'État américain et le ministère des Affaires étrangères refusent de confirmer la participation exceptionnelle de Lapid et Faisal Bin Farhan à la vidéoconférence

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid ; le secrétaire d'État américain Antony Blinken ; le ministre saoudien des Affaires étrangères Prince Faisal Bin Farhan. (AP/Montage)
Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid ; le secrétaire d'État américain Antony Blinken ; le ministre saoudien des Affaires étrangères Prince Faisal Bin Farhan. (AP/Montage)

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid et son homologue saoudien Faisal Ben Farhan ont participé à une réunion virtuelle de hauts diplomates du monde entier, organisée par le secrétaire d’État américain Antony Blinken, dans le but de renforcer la coopération dans la lutte contre le variant Omicron du coronavirus, ont confirmé jeudi au Times of Israël deux responsables proches du dossier.

La réunion a eu lieu le 21 décembre et Lapid et Blinken ont tous deux publié des déclarations après la rencontre, mais aucun n’a mentionné la présence de Farhan lors de la vidéoconférence Zoom.

Ryad a pris un certain nombre de mesures ces dernières années en vue de normaliser les relations avec Jérusalem. Les Saoudiens auraient donné en coulisses leur feu vert à l’établissement de liens entre les Émirats arabes unis et Israël l’année dernière, et ont depuis autorisé les avions israéliens à utiliser leur espace aérien pour des vols directs vers Dubaï et Abou Dhabi. Cependant, les liens entre Israël et l’Arabie saoudite sont restés presque entièrement officieux, et le royaume du Golfe insiste sur le fait que cela ne changera pas tant qu’Israël ne fera pas la paix avec les Palestiniens.

Cela n’a pas empêché les États-Unis de soulever la question avec l’Arabie saoudite ces dernières années, notamment sous l’administration précédente de Donald Trump, qui a négocié les accords de normalisation de l’accord d’Abraham entre Israël, les EAU, Bahreïn et le Maroc.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken et le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal Bin Farhan Al Saud, arrivent pour parler aux journalistes au département d’État à Washington, DC, le jeudi 14 octobre 2021. (Crédit : Jonathan Ernst/Pool via AP)

Le président américain Joe Biden soutient ces accords et a pris des mesures pour développer les nouveaux liens qu’Israël a tissés avec certains de ses voisins arabes, mais l’extension des accords d’Abraham sera une tâche plus ardue, car l’administration n’apprécie pas certaines des mesures prises par Trump pour inciter les pays à signer des accords de paix avec Israël.

En outre, Biden est plus enclin que son prédécesseur à conditionner de tels accords à des progrès sur le front palestinien, ce qui rend les négociations sur ce sujet encore plus complexes.

Reconnaissant apparemment l’hésitation saoudienne à rendre publique la rare réunion virtuelle entre le ministre des affaires étrangères de Ryad et Lapid, le ministère israélien des Affaires étrangères s’est refusé à tout commentaire.

Mais deux fonctionnaires ont confirmé la participation de Farhan, qui a été rapportée pour la première fois par CNN.

Dans la déclaration de Lapid lors de la réunion, le ministre des Affaires étrangères a indiqué que les ministres des Affaires étrangères du Japon, de l’Inde, du Mexique, de l’Australie, de l’Allemagne et de nombreux autres pays avaient également participé à la vidéoconférence, ainsi que Blinken et lui-même.

« J’ai affirmé que le virus ne se soucie pas de savoir si nous sommes musulmans, juifs, chrétiens ou hindous, et que nous ne devrions pas nous en soucier non plus. Nous devons le combattre ensemble », a déclaré Lapid.

Le département d’État américain n’a pas révélé l’identité des pays qui ont participé à la vidéoconférence, indiquant que « Blinken a rencontré virtuellement plusieurs ministres des Affaires étrangères et représentants d’organisations régionales impliqués dans la réponse au variant Omicron aujourd’hui. Ils ont échangé des informations afin de mieux comprendre la variante Omicron, de coordonner une réponse globale et d’accélérer les efforts pour combattre le COVID-19. »

Le bureau de Faisal Bin Farhan n’a pas confirmé publiquement sa participation à la réunion virtuelle.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan Al Saud, s’exprime lors de sa rencontre avec le secrétaire d’État Mike Pompeo, au Département d’État, le 14 octobre 2020, à Washington. (Crédit ; Manuel Balce CENETA / POOL / AFP)

En septembre, le Conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, aurait évoqué l’idée d’une normalisation des liens entre l’Arabie saoudite et Israël lors d’une rencontre avec le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman le mois dernier dans la ville de Neom, sur la mer Rouge.

Bin Salman n’a pas rejeté la proposition d’emblée, selon l’article d’Axios, qui cite trois sources américaines et arabes.

Le prince héritier saoudien a à son tour présenté aux responsables américains une liste d’étapes à franchir avant qu’un tel accord de normalisation ne puisse être mis en œuvre, selon le site d’information. Ces étapes incluent une amélioration des relations bilatérales américano-saoudiennes, après que les liens se sont refroidis depuis l’élection de Biden, qui s’est montré plus critique à l’égard de la situation des droits de l’homme à Ryad.

Compte tenu de l’influence considérable du royaume sunnite du Golfe dans la région, les partisans de la normalisation estiment qu’elle déclencherait un effet domino et que d’autres pays suivraient le mouvement, ce qui modifierait radicalement la dynamique du pouvoir au Moyen-Orient au détriment de la République islamique d’Iran, un pays chiite.

Cependant, certains analystes considèrent les récents efforts de Ryad pour réchauffer les liens avec l’Iran et le Qatar comme un signal indiquant que l’Arabie saoudite prend une direction différente, qui n’inclut pas l’établissement de liens diplomatiques avec l’État juif.

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