Les diplomaties égyptienne et russe avertissent des « périls » de l’annexion
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Les diplomaties égyptienne et russe avertissent des « périls » de l’annexion

L'extension de la souveraineté israélienne "pourrait provoquer une nouvelle et dangereuse série de violences dans la région", affirment les deux ministres des Affaires étrangères

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukri à Jérusalem, le 10 juillet 2016. (Crédit : Haim Zach/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukri à Jérusalem, le 10 juillet 2016. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Sergueï Lavrov et Sameh Choukry, les ministres des Affaires étrangères de Russie et d’Égypte, ont mis en garde Israël contre l’annexion unilatérale de certaines parties de la Cisjordanie, selon des déclarations publiées après un appel téléphonique mercredi.

Les deux diplomates ont fait cette annonce après un appel qui, selon eux, portait sur des « questions régionales ». Le bureau de Sergueï Lavrov a indiqué que l’appel avait été planifié à l’initiative de Sameh Shoukry.

« Les ministres ont noté que l’annexion de sections de terres palestiniennes à l’ouest du Jourdain menacera les perspectives de la solution à deux États du problème palestino-israélien et pourrait provoquer un nouveau et dangereux cycle de violence dans la région », a rapporté le bureau de M. Lavrov dans une déclaration.

La Russie a récemment annoncé sa volonté d’accueillir les pourparlers israélo-palestiniens à Moscou afin d’empêcher l’annexion et de relancer le processus de paix. Le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riad al-Maliki, a fait savoir mardi qu’il serait prêt à participer à des discussions bilatérales sous les auspices de la Russie.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergey Lavrov lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Moallem à Moscou, en Russie, le 30 août 2018. (Crédit : AP/Alexander Zemlianichenko)

M. Shoukry a mis en garde contre une annexion unilatérale, affirmant qu’elle « conduirait à une situation de plus en plus complexe et affecterait la sécurité et la stabilité ».

Les deux parties ont affirmé leur engagement en faveur d’une solution à deux États.

Ces déclarations s’inscrivent dans une vague de critiques régionales et internationales contre l’annexion prévue par Israël de certaines parties de la Cisjordanie dans le cadre du plan de paix proposé par l’administration Trump aux États-Unis.

Des responsables jordaniens, dont le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères du royaume, ont menacé de reconsidérer leurs traités et accords avec Israël en cas d’annexion.

Le Premier ministre jordanien Omar Razzaz est interviewé par CNN, le 2 mars 2020. (Capture d’écran CNN)

« Nous n’accepterons pas les mesures unilatérales d’Israël pour annexer des terres palestiniennes et nous serions obligés de revoir tous les aspects de nos relations avec Israël », a prévenu le Premier ministre Omar al-Razzaz auprès de l’agence de presse jordanienne Petra fin mai.

Le dirigeant jordanien a fait cette déclaration quelques jours seulement après que le roi Abdallah II a averti, dans une interview accordée à Der Spiegel, que si Israël « annexait réellement la Cisjordanie en juillet, cela conduirait à un conflit massif avec le royaume hachémite de Jordanie ».

Malgré les déclarations jordaniennes contre l’annexion, Le Caire est resté relativement calme. La déclaration de Sameh Shoukry n’indique pas l’Égypte envisagerait de revoir son propre traité avec Israël.

L’Égypte et Israël partagent un traité de paix depuis 1978, lorsque le président égyptien Anouar Sadate et le Premier ministre Menahem Begin ont signé les accords de Camp David.

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