Les dirigeants bédouins condamnent l’attaque « abjecte » de Beer Sheva
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Les dirigeants bédouins condamnent l’attaque « abjecte » de Beer Sheva

Les chefs de la communauté du Néguev ont appelé au calme et espèrent que cela ne portera pas préjudice aux relations entre Arabes et Juifs

La police et les secouristes assistent à la gare centrale d'autobus de Beer Sheva, le 18 octobre, 2015. (Crédit : Meir Même Haim / Flash90)
La police et les secouristes assistent à la gare centrale d'autobus de Beer Sheva, le 18 octobre, 2015. (Crédit : Meir Même Haim / Flash90)

Lundi, les dirigeants israélo-bédouins se sont dits choqués, surpris et outragés en apprenant que l’homme à l’origine de l’attaque terroriste criminelle de dimanche à la gare routière de Beer Sheva était un Arabe israélien habitant un village bédouin situé à l’Est de la ville de la région du Néguev.

Muhanad Alukabi, 21 ans, résident d’un village non reconnu à proximité de la ville bédouine d’Hura, a été abattu sur place après avoir abattu et tué Omri Levi, un soldat de Tsahal, et blessé 11 autres personnes.

Un Erythréen demandeur d’asile a été tué pendant l’incident quand les forces de sécurité l’ont apparemment pris pour un deuxième terroriste. L’homme, qui a succombé à ses blessures un peu plus tard à l’hôpital, s’appelait Haftom Zarhum et était âgé de 29 ans.

« A la suite de l’attaque terroriste [de dimanche] à la gare routière de Beer Sheva au cours de laquelle deux innocents ont perdu la vie, nous condamnons complètement et sans réserve cet acte abject et rejetons la violence, de quelque nature qu’elle soit », a affirmé le maire d’Hura, Mohammed Alnabari, dans une déclaration lors d’une réunion d’urgence entre les dirigeants de la communauté.

« Même si le terroriste n’est pas un habitant d’Hura comme l’affirment les medias, nous condamnons cet acte au nom de la société bédouine dans son ensemble. Nous allons être très clairs : vous ne pouvez pas être à la fois citoyen et terroriste dans ce pays. Les deux sont diamétralement contradictoires », a-t-il ajouté.

« Nous demandons aux habitants du Néguev, Arabes et Juifs, de préserver et de protéger les relations entre les deux peuples et ce, dans l’intérêt de tous. Nous prions pour que des jours meilleurs et plus paisibles reviennent et que les citoyens de notre pays vivent tous ensemble en paix ».

Selon le service de sécurité Shin Bet, la mère d’Alukabi était originaire de la bande de Gaza et avait obtenu la nationalité israélienne en se mariant avec un Arabe israélien. Le terroriste ne possédait pas de casier judiciaire.

Le père d’Alkubi, Khalil, a également condamné l’attaque perpétrée par son fils et a insisté sur le fait qu’il déplorait toute forme de violence.

« C’est un acte individuel que mon fils a commis sans aucun autre accord que le sien », a déploré Khalil Alkubi selon le site d’actualités Maariv. « Nous sommes contre la violence ».

Talal al-Krenawi, le maire de Rahat, une grande ville située à proximité de Beer Sheva, a déclaré que cette attaque avait pris la communauté de cours.

« Sa famille n’est pas reconnue comme une famille qui encourage les actes de terrorisme », a indiqué Talal al-Krenawi à la Deuxième chaîne. « Le chef de famille, Sheikh Alukabi, a même aidé à l’établissement de l’état », a-t-il ajouté. « Nous en sommes d’autant plus choqués, c’est incompréhensible ».

Al-Krenawi a souligné que la communauté bédouine dans son ensemble ne cautionnait pas le terrorisme et espère que d’autres membres de la minorité ne participeront pas à des attaques contre des Israéliens.

« Nous n’acceptons pas que le moindre mal soit fait à des civils innocents, qu’ils soient Arabes ou Juifs », a-t-il déclaré selon la Deuxième chaîne de télévision. « Bédouins et Juifs vivent dans le Néguev comme des frères. Toute atteinte visant à endommager notre relation ne sera pas tolérée. Nous ne prenons pas part au conflit israélo-palestinien ».

Nuri Alukabi, membre de la famille du terroriste, a affirmé que, même si la famille ne se sentait pas respectée par les autorités israéliennes, ce ressenti n’était en aucun cas une excuse à la violence.

« Israël ne nous respectait pas même si nous étions l’une des familles les plus respectables du Néguev », a-t-il déclaré à la Deuxième chaîne. Israël nous a roulés et nous a dépossédé de tout ce que nous avions, mais cela ne justifie pas la violence ».

Alukabi n’en a pas révélé davantage sur les circonstances du conflit entre sa famille et l’état.

Mais Osama Alukabi, un autre membre de la famille du terroriste, a déclaré au site d’actualités Maariv que ce sont la violence et la discrimination menées par l’état qui conduisent à des attaques comme celle de Beer Sheva.

« En général, nous sommes contre la violence mais les autorités du pays qui pratiquent la violence, la discrimination et le racisme poussent certains jeunes gens à agir sous l’emprise du désespoir », a-t-il reconnu. « Nous sommes en faveur des protestations pacifiques et nous estimons que la violence n’est pas la solution même si, en ce jour difficile, nous nous devons de dire la vérité : le racisme dont fait preuve le gouvernement pousse les jeunes à commettre des actes extrêmes comme celui-ci ».

Plus tôt lundi, la ministre de la Culture et des Sports Miri Regev a appelé le gouvernement à retirer à la mère du terroriste bédouin sa nationalité israélienne.

« Sa mère est une résidente de Gaza venue en Israël pour épouser un citoyen israélien », a expliqué Regev, législatrice du parti du Likud. « A présent, nous devons lui retirer sa carte d’identité et la renvoyer, ainsi que toute la famille du meurtrier, à Gaza ».

D’autres membres de la famille Alukabi ont été arrêtés par la police, suspectés d’avoir aidé et encouragé le terroriste qui ne possédait pas de casier judiciaire.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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