Les Églises de Jérusalem snobent le maire en pleine querelle fiscale
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Les Églises de Jérusalem snobent le maire en pleine querelle fiscale

Une porte-parole de Nir Barkat a assuré que la municipalité continuerait à "préserver intégralement la liberté de culte"

Les responsables des églises autour du président américain Donald Trump et de son épouse Melania à l'église du Saint-sépulcre de la vieille Ville de Jérusalem durant la visite de Trump dans la ville, le 22 mai 2017 (Crédit : Nati Shohat/Flash90
Les responsables des églises autour du président américain Donald Trump et de son épouse Melania à l'église du Saint-sépulcre de la vieille Ville de Jérusalem durant la visite de Trump dans la ville, le 22 mai 2017 (Crédit : Nati Shohat/Flash90

Les églises de Jérusalem ont pris la décision rarissime de boycotter une réception donnée jeudi par le maire israélien, en pleine querelle sur la remise en cause par la municipalité d’une exemption fiscale en vigueur depuis des siècles.

Il y a quelques semaines, les Eglises de différents rites ont été prises de court quand la mairie de Jérusalem a annoncé son intention de leur faire payer des impôts sur une vaste partie de leurs biens immobiliers.

Les accords internationaux d’exemption ne sont valables que sur les lieux de culte, et non pas sur les biens qui génèrent des revenus, des loyers par exemple, selon un document municipal consulté début février par l’AFP.

Le directeur général de la municipalité, Amnon Merhav, y a chiffré la dette des Eglises pour 887 propriétés à 657 millions de shekels (quelque 190 millions de dollars ou quelque 150 millions d’euros), sans préciser sur quelle période portaient les arriérés.

La municipalité a fait geler les comptes bancaires de plusieurs églises, perturbant considérablement leur fonctionnement, ont dit à l’AFP différents responsables des Eglises.

Une douzaine de patriarches et de chefs des Eglises grecque orthodoxe, arménienne, copte, catholique, luthérienne ou maronite, se sont émus jeudi dans un communiqué conjoint du fait qu' »à travers les siècles », les autorités civiles avaient « toujours reconnu et respecté la grande contribution des églises, qui investissent des milliards dans la construction d’écoles, d’hôpitaux et de maisons », en particulier pour les personnes âgées et défavorisées.

« Une telle mesure sape à la fois le caractère sacré de Jérusalem et compromet la capacité de l’Eglise à mener son ministère », disent-ils.

Le frère David Grenier, un responsable de la custodie de Terre sainte, gardienne des lieux saints au nom de l’Eglise catholique, a indiqué qu’en 800 ans de présence, l’Eglise n’avait jamais été soumise aux taxes à présent réclamées par la municipalité israélienne.

Les chefs des églises ont alors décidé de boycotter une réception donnée jeudi soir par le maire Nir Barkat, ont dit plusieurs responsables, le frère David parlant d’initiative « sans précédent ».

« Devant une telle approche, on ne peut pas faire comme si de rien n’était », a dit Wolfgang Schmidt, un responsable des institutions protestantes allemandes en Terre sainte.

Les représentants des églises et de la municipalité doivent se rencontrer la semaine prochaine, a-t-il ajouté.

Une porte-parole du maire a assuré que la municipalité continuerait à « préserver intégralement la liberté de culte ». Mais, a-t-elle ajouté dans un communiqué, des biens comme des hôtels et des entreprises « ne peuvent pas être exonérés de taxes municipales simplement parce qu’ils appartiennent aux Eglises ».

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