Les élèves arabes rejoignent la grève des écoles chrétiennes
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Les élèves arabes rejoignent la grève des écoles chrétiennes

Les écoles affiliées à l'Eglise catholique sont fermées depuis le début de l'année scolaire en raison de coupes budgétaires

Les étudiants, les enseignants et travailleurs de l'éducation chrétiens, manifestant devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 6 septembre 2015 (Crédit : Flash 90)
Les étudiants, les enseignants et travailleurs de l'éducation chrétiens, manifestant devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 6 septembre 2015 (Crédit : Flash 90)

Quelque 450 000 élèves arabes israéliens sont restés chez eux lundi car leurs écoles ont appelé à une grève en solidarité avec les écoles chrétiennes, qui sont en grève depuis le début de l’année scolaire la semaine dernière.

Les écoles affiliées à l’Eglise catholique en Israël sont en grève pour protester contre les coupes budgétaires du gouvernement de leurs budgets annuels.

Dimanche, des milliers de personnes ont manifesté devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem, exigeant une augmentation du budget des écoles.

Quelque 30 000 élèves chrétiens et musulmans fréquentent le système scolaire chrétien. Les dirigeants de l’Eglise catholique en Israël ont également pris part à la manifestation tout comme certains membres arabes israéliens de la Knesset et des chefs municipaux.

Les écoles chrétiennes sont reconnues par l’Etat mais ne disposent pas de statut officiel comme les écoles publiques juives. Ils reçoivent donc des fonds plus faibles et ont plus de contrôle sur le programme scolaire.

Avec leur actuel statut semi-privé, les écoles reçoivent l’équivalent de 75 % du financement accordé aux écoles dans le système public.

Père Abd el-Masih, le chef du conseil directorial des écoles chrétiennes, a déclaré dimanche que le ministère de l’Education a proposé de résoudre la crise en accordant le statut public aux écoles chrétiennes. Il a rejeté la proposition, estimant que cela signifierait de « déchirer les écoles de leur histoire et de leur tradition, dont certaines durent depuis des centaines d’années », a rapporté le quotidien Haaretz.

Le conseil a indiqué qu’il n’y avait pas de progrès dans les négociations pour mettre fin à la grève et qu’il se réunira à nouveau lundi soir pour discuter de nouvelles mesures à prendre.

L’une des sanctions proposées contre l’Etat serait d’interdire l’accès aux pèlerins et aux touristes dans les lieux saints chrétiens, a précisé l’article. La décision pourrait coûter des millions à l’Etat, en particulier avant Souccot (fête des cabanes), pendant lesquelles les sites et les églises chrétiens sont inondés de touristes.

Le chef de file de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, dirige la réunion hebdomadaire du groupe parlementaire à la Knesset, à Jérusalem, le 22 juin 2015. (Yonatan Sindel / Flash90)
Le chef de file de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, dirige la réunion hebdomadaire du groupe parlementaire à la Knesset, à Jérusalem, le 22 juin 2015. (Yonatan Sindel / Flash90)

Actuellement, les écoles chrétiennes demandent aux parents 4 000 shekels par an et par élève pour compenser le coût de la scolarité. Les écoles veulent que le ministère de l’Éducation leur accorde 200 millions de shekels par an afin qu’ils puissent éviter de demander aux parents des frais supplémentaires, mais le ministère a récemment offert seulement un dixième de ce montant, selon l’article.

Il y a plusieurs années, le ministère de l’Éducation a commencé à réduire les budgets transférés aux écoles des courants reconnus mais qui ne font pas parties du système scolaire public.

Dans le même temps, une note de service du directeur général du ministère limite la somme d’argent que l’école peut réclamer aux parents inscrivant leurs enfants dans les écoles non publiques, ainsi que les circonstances dans lesquelles les écoles peuvent demander aux parents de payer. Actuellement, les écoles facturent 4 000 shekels par an et par étudiant, mais le mémo a plafonné les dépenses à 2 500 shekels par élève.

À la fin du mois de mai, un représentant des écoles chrétiennes, qui ont essayé d’obtenir plus de financement mensuel, a déclaré que la politique du ministère de l’Education était d’« assécher » les écoles chrétiennes.

« Cela signifie que c’est un verdict de mort pour les Chrétiens dans le pays », a affirmé le représentant, Aouni Bathis, à Haaretz. « S’ils ne veulent pas l’éducation chrétienne en Israël, ils peuvent le dire à haute voix et non d’une façon détournée ».

De hauts responsables de l’Eglise catholique en Israël ont déclaré à Haaretz que les négociations entre le ministère et les écoles ont cédé la place au marchandage de privilèges dans un effort de pousser les écoles à faire un compromis et à rejoindre les écoles du système public.

« Malheureusement, au ministère de l’Education et peut-être même au cabinet il y a des gens qui se rendent compte que c’est un groupe politiquement faible qui peut être poussé à plier », a dénoncé un haut fonctionnaire ecclésiastique a été cité dans l’article.

« Tout le monde sait que s’ils s’en prennent à un système comme les yeshivas ou les systèmes scolaires du Shas, le gouvernement tombera. Dans notre cas, personne ne s’en soucie trop », a-t-il poursuivi.

Académiquement, les écoles chrétiennes sont considérées comme les meilleures dans la communauté arabe. Les élèves chrétiens comme les élèves musulmans fréquentent ces écoles.

Selon Ayman Odeh, député à la Knesset, qui dirige la Liste arabe unie, « près d’un tiers des universitaires arabes viennent des écoles que le gouvernement essaie maintenant de réduire au silence. On ne peut pas parler d’égalité des chances et nuire aux écoles qui réussissent à briser le plafond de verre », a-t-il conclu.

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